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Thaïlande - Cambodge


Koh Phanghan – Bangkok : 687 km
Bangkok – Siem Reap : 539 km
Siem Reap – Battambang : 76 km
Décalage horaire : +6


Cette semaine nouveau record battu : 33h de trajet avec un départ différé de 24h, une découverte approfondie de l’organisation à la thaïlandaise, moins de 4h de sommeil, 5 bus, 1 bateau, 1 scooter, 1 minibus, 1 tuk tuk, 1 passage de frontière, 1 ouverture de doigt de pied, 1 rencontre avec 2 allemandes, 1 anglais camé et, au final, la découverte d’un pays fabuleux ! L’expérience a été rude sur le plan physique mais malgré tout incroyablement enrichissante.

J’ai donc rendu dimanche dernier les clés de la chambre minuscule que je louais à Koh Phanghan, cette île que je n’ai pas vraiment appréciée à sa juste valeur si ce n’est lors de la Full Moon Party, puis je me suis dirigé vers le port pour embarquer à bord du bateau qui devait me ramener sur le continent. Comme il m’avait été indiqué par l’agence de voyage que le départ s’effectuait à 14h30 j’ai prévu une petite marge et me suis donc présenté sur le quai à 13h45. Mais bizarrement, en dehors d’un Thaï qui faisait paisiblement la sieste à l’ombre sur un banc, il n’y avait absolument personne. J’ai alors rapidement réalisé que cette histoire ne sentait pas très bon, et mes doutes furent très vite confirmés car le dernier ferry de la journée était parti à 12h30. Pour essayer de comprendre ce qui s’était passé je me suis rendu directement au bureau où j’avais acheté mon billet et là, grand moment de bonheur, je suis tombé sur la responsable qui s’était trompé en m’indiquant l’heure de départ mais qui n’en n’avait strictement rien à foutre et qui m’a expliqué sur un ton dans lequel transparaissait son désintérêt total pour mon problème que je n’avais qu’à attendre le lendemain pour me rendre à Bangkok ! C’est donc ce que j’ai fait après avoir repris pour une nuit supplémentaire ma chambre déconseillée aux claustrophobes.

Et ce n’est que lundi que j’ai finalement pu mettre les voiles, avec comme objectif de me rendre à Ko Chang après une escale à Bangkok. La partie ne s’annonçait pas gagnée d’avance après les 15h de voyage de l’aller, mais je ne m’attendais quand même pas à ce que j’allais endurer…

La fête a commencé sur le ponton où des centaines de personnes avaient été convoquées à la même heure. Malheureusement aucune organisation n’avait été prévue pour réguler les flux de touristes pressés d’embarquer et un chaos total régnait aux abords de l’embarcadère. Il m’a donc fallu attendre plus d’1h, et voir partir 3 bateaux aussi plein que des boat-people, avant de pouvoir à mon tour me frayer un chemin jusqu’à la passerelle de l’un d’entre eux. Mais une fois à bord les 2h30 de traversée se sont déroulées sans encombre et cela m’a permis de profiter de l’air marin tout en peaufinant mon bronzage ! Heureusement que j’ai savouré ce moment de calme et de sérénité car la suite allait être beaucoup moins glamour.

En effet, dès notre arrivée sur la terre ferme c’est par une seconde période d’attente de près d’une heure que nous avons été accueillis. Cela a tout de même eu un côté positif, car j’ai pu rencontrer un allemand qui a eu l’honneur de devenir mon compagnon de galère pour une bonne partie de la suite des évènements. C’est donc ensemble que nous avons admiré l’arrivée du bus tout rouillé et tout pourri qui allait nous faire office de carrosse pour l’heure suivante. Celui-ci nous a amené jusqu’à une gare routière où un second car devait nous amener jusqu’à Bangkok, fin de la première partie de mon voyage à travers la campagne thaïlandaise. Mais, ô joie des imprévus de ce genre de périple, celui-ci avait un ennui mécanique qui l’empêchait de prendre la route et c’est cette fois-ci pendant plus de 4h que nous avons été contraints de patienter, le temps que les rois de l’organisation que nous avaient pris en charge trouvent une solution de remplacement ! Au lieu de partir avec un bus VIP assez confortable comme cela était prévu c’est finalement dans un vestige de l’histoire des transports autoroutiers que nous avons pris place. Autant dire que les 9 heures de route de nuit furent très très longues et que mon nombre d’heures de sommeil lors de ce transfert peuvent quasiment se compter sur les doigts d’une main d’un manchot. Car nous avons en plus hérité à bord d’un anglais camé d’une quarantaine d’années, complètement défoncé aux ecstas avant même de monter dans le bus, et qui nous a saoulé pendant la quasi-totalité du voyage en gueulant et en improvisant des monologues interminables. Malheureusement il avait également la particularité d’être vraiment costaud et semblait extrêmement agressif donc personne n’a osé lui demander de bien gentiment fermer sa gueule ! Et comme si l’addition n’était pas encore assez salée j’ai eu l’excellente idée de m’ouvrir un doigt de pied en tapant involontairement de la siège de devant, qui ne devait pas être à beaucoup plus de 20cm de moi. Je me suis donc retrouvé en pleine nuit, sur une route thaïlandaise dans un bus miteux avec un pied qui pissait le sang et simplement quelques feuilles de papier-toilette pour stopper l’hémorragie… Le pire c’est qu’en prenant conscience du caractère improbable de la situation j’étais mort de rire, trouvant même finalement le British drogué qui faisait peur à tout le monde assez sympathique!

Après 8h30 de route, où j’ai en plus cru que j’allais mourir 10 fois à cause du chauffeur qui pilotait plus qu’il ne conduisait pour rattraper une partie du retard accumulé au départ, nous avons enfin fini par arriver à Bangkok. Mais une fois encore l’agence de voyage allait montrer les limites de sa fiabilité car ce n’est pas à Kao San Road, dans le cœur de la ville, que nous avons été lâchés mais à une dizaine de kilomètres de là, ce qui ne nous laissait pas d’autres choix que de prendre un taxi. Nous avons donc partagé la course avec mon compagnon de galère allemand et à 7h30 mardi matin nous avons goûté au plaisir immense de nous poser dans un café à peu près civilisé en attendant l’ouverture des autres agences. Car je souhaitais acheter un nouveau billet pour repartir dans la foulée, mais j’avais profité de la nuit pour réfléchir à la suite à donner à mon voyage et mes plans avaient changé entre temps. Je n’avais en fait plus envie de me rendre sur une île où je me serais contenté de légumer dans de l’eau à 28° et de dormir dans un hamac pendant 3 jours, mais plutôt de partir à l’aventure et de franchir une étape supplémentaire dans la découverte des cultures dépaysantes. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de prendre un bus pour Siem Reap, au Cambodge, et de passer quelques jours de plus que prévus dans ce pays.

Avant de pouvoir régler cette question de transport j’ai toutefois du attendre à nouveau car aucune agence n’ouvrait avant 8h. J’en ai ainsi profité pour soigner mon pied, ce que j’ai pu faire sans aucun problème grâce à la trousse à pharmacie digne d’un véritable médecin de campagne que je me trimballe depuis le début du voyage ! Et puisque j’en suis au chapitre médical je suis fier de vous annoncer que j’ai désormais l’estomac d’un vrai local : grâce aux doublures en téflon qui semblent tapisser mes parois intestinales je peux maintenant manger quasiment ce que je veux, même de la nourriture achetée sur des marchés ! Je dois donc désolé mon hépato-gastro-entérologue préférée, mais il va falloir te trouver une autre clientèle car ce n’est pas grâce à moi que tu feras fortune dans les années à venir ! Enfin, en ce qui concerne mes dents, les douleurs ont disparu aussi soudainement qu’elles étaient apparues et cela fait plusieurs semaines que je ne sens absolument plus rien. Au pire des cas j’aurai 2 trous au milieu de la bouche, mais ce n’est pas très grave car ça a l’air d’être très tendance dans cette région du monde !

C’est donc très précisément 20h après avoir quitté Koh Phanghan que j’ai enfin pu acquérir le précieux sésame qui allait me permettre de quitter la Thaïlande pour un pays où le choc culturel allait être encore plus violent. Pour la première fois depuis longtemps j’ai d’ailleurs eu de la chance car, grâce à leur organisation toute pourrie, le bus de 8h n’était toujours pas parti à 8h30 et j’ai pu l’attraper à la dernière minute après avoir dit au revoir à mon éphémère compagnon de voyage allemand. Pour cela un chauffeur en scooter nous a accompagnés, moi et mes 25kg de bagage qui le déséquilibraient complètement, jusqu’à l’arrêt situé quelques centaines de mètres plus loin. J’ai alors pu découvrir ma troisième limousine quasi-privée consécutive en moins de 2 jours et je suis reparti pour 4 heures de routes qui se conclurent, bien évidemment, par une nouvelle attente d’1h30. Cette fois-ci j’ai rencontré, en cherchant un stylo pour remplir le formulaire du visa, 2 allemandes très sympas avec qui j’ai discuté un bon moment avant que n’arrive le minibus qui allait nous amener jusqu’à la frontière située à 5 ou 6km de là. Et là ce fut encore un cirque innommable : 3 postes de contrôle successifs, des attentes interminables entre chacun d’entre eux, des douaniers qui terminaient de fumer leur clope alors que 25 personnes attendaient pour passer, un chauffeur qui discutait avec ses copains et qui semblait avoir décrété qu’il avait d’autres priorités que de conduire ce putain de bus… Que du bonheur ! Mais nous avons tout de même fini par franchir la frontière et dès que je me suis retrouvé côté Cambodge j’ai réalisé que la découverte de ce pays allait me bouleverser : dès Poipet, le poste frontière, on ressent la pauvreté extrême dans laquelle vit ce peuple et ce ne sont ni les petits mendiants de 5 ou 6 ans, ni les ramasseurs de bouteilles et de cannettes, ni les enfants qui tirent des chariots qui semblent peser 10 fois leur poids que l’on croise qui peuvent nous convaincre de l’inverse. Pourtant les Cambodgiens sont des gens incroyablement gentils, serviables et souriants qui semblent utiliser tout ce qui est en leur pouvoir pour rendre service aux touristes, sans nécessairement attendre quelque chose en retour.

Nous avons donc été pris en charge dès notre arrivée dans le pays par 3 guides très agréables qui nous ont amenés jusqu’à un terminal où nous avons embarqué dans un nouveau bus, qui n’était jamais que le 5ème de la « journée » pour moi, puis nous ont escortés jusqu’à Siem Reap en nous donnant des conseils et des informations sur le pays. Nous avons ainsi traversé une bonne partie du Cambodge en empruntant la route principale, construite il y a à peine 3 ans, mais qui n’est malgré tout limitée qu’à 60 km/h. C’est lorsque nous avons failli percuter de plein fouet une vache qui traversait en pleine campagne que j’ai compris pourquoi il était déconseillé de rouler plus vite ! Puis nous avons été déposés à 4 ou 5 km du centre-ville, ce qui nous a tous obligé à prendre un tuk-tuk, moyen de locomotion particulièrement utilisé par les touristes mais également par les rares locaux qui ne possèdent pas l’un des deux-roues sur lesquels ils roulent quasiment tous sans casque et arrivent à s’entasser parfois jusqu’à 5 personnes. Je suis donc parti avec Mona et Johanna, les 2 allemandes avec qui je m’étais très bien entendu, et nous avons cherché ensemble une guest house dans laquelle séjourner pendant quelques jours. Je vais d’ailleurs prendre les devants et répondre tout de suite à la question que vous vous posez : non il ne s’est rien passé avec elles ! La première a un diamant incrusté dans une dent tandis que la seconde a une crise d’acné qui filerait des nausées à un dermato, donc rien d’envisageable côté batifolage !

Cette recherche d’hôtel n’a pas été très compliquée car on trouve dans cette ville un très grand nombre de solutions d’hébergement pas chères et c’est sur un hôtel à 28 000 Riels la nuit, soit un peu moins de 6€, que nous avons jeté notre dévolu. A ce prix là on n’avait pas d’eau chaude, voire pas d’eau du tout, et pas de toilettes qui fonctionnaient, mais on dormait tout de même dans un king size bed et on jouissait d’une chambre d’une taille plus que raisonnable ! Et en raison de ces quelques désagréments j’ai même finalement réussi à faire tomber le prix à 25 000 Riels donc le deal était vraiment plus que correct.

Et c’est ainsi après précisément 33 heures de voyage, au cours desquelles j’ai utilisé 5 types de transport différents et où j’ai changé de pays, que j’ai enfin pu prendre une douche si méritée. Puis nous sommes ressortis pour aller dîner dans un restaurant local qui proposait de la nourriture cambodgienne et faire un premier tour dans la ville. J’ai ainsi pu avoir une première confirmation de ce que j’avais constaté à la frontière, car malgré le caractère très touristique de Siem Reap on peut aisément observer que les conditions de vie dans ce pays sont celles d’un pays sous-développé. On croise donc de nombreux mendiants estropiés par des mines anti-personnel, un grand nombre d’enfants très sales mais pourtant adorables qui sont mis au travail dès leur plus jeune âge, des commerçants qui se jettent littéralement sur les touristes pour tenter de leur vendre des bibelots sans valeur, ou encore des vaches incroyablement maigres sur le bord des routes. Et pourtant tout ce spectacle bouleversant se joue dans un théâtre où le sourire est roi et où la gentillesse n’est pas feinte. L’autre caractéristique marquante de ce peuple réside dans l’importance qu’il semble accorder au poids de l’histoire. C’est impressionnant de voir à quel point leur vie actuelle semble être influencée par leur passé. On trouve un peu partout des références aux Khmers, à cette période si peu glorieuse qu’à connu le Cambodge lors de la seconde partie du 20ème siècle, mais aussi des vestiges somptueux de l’époque coloniale, principalement présents sous la forme de bâtiments typiques qui ont un cachet extraordinaire. Même si la culture américaine est aujourd’hui prépondérante, en raison des rapports entretenus entre les deux pays depuis quelques dizaines d’années, on peut observer un peu partout des éléments qui témoignent de la présence française à l’époque de l’Indochine.

Le lendemain, et après une bonne nuit de récupération, j’ai consacré une partie de la journée à me promener seul dans les rues de Siem Reap et à régler des problèmes aussi passionnants que le nettoyage de mes fringues, l’envoi d’un certain nombre de mails ou encore l’achat de produits de première nécessité. Puis les choses ont pris une toute autre dimension lorsque j’ai rejoint Jo et Mona en milieu d’après-midi pour assister à un spectacle qui allait s’avérer être l’un des plus beaux auxquels il m’ait jamais été donné d’assister : le coucher de soleil sur le temple d’Angkor. Pour nous y rendre nous avons retrouvé Loï, le chauffeur de tuk-tuk qui nous avait accompagnés la veille jusqu’à notre hôtel, et nous sommes partis vers 4h30 afin de pouvoir y passer à peu près une heure avant que la nuit ne tombe. C’est donc dans ce somptueux temple hindou du 12ème siècle que nous avons eu la chance inouïe d’admirer l’un des plus tableaux qu’il est possible d’imaginer.

Après ce moment magique nous étions bien évidemment d’excellente humeur et très motivés pour repartir à la découverte de Siem Reap by night ! Notre ballade nocturne nous a donc menés dans des petites rues en terre totalement perdues, puis au Night Market, un marché destiné aux touristes qui ne présente qu’un intérêt limité. Mais nous avons poursuivi la soirée par une expérience inédite : le massage… par des poissons ! Cela consiste à tremper ses pieds dans un bassin pour se faire bouffer les peaux mortes par des centaines de petits animaux grouillants qui ont passé une vingtaine de minutes à se délecter de ses microscopiques parties de mon corps… Sensation très étrange difficilement supportable pour les plus chatouilleux ! Et nous avons achevé cette soirée dans un restaurant Khmer où j’ai une nouvelle fois particulièrement apprécié la nourriture locale à base de curry.

Nous sommes ensuite rentrés nous coucher assez tôt car, après avoir observé le coucher de soleil, nous avons décidé de retourner à Angkor le lendemain matin pour le lever du soleil, et cela impliquait un réveil à 4h45 pour un départ à 5h15.

Les retrouvailles avec Loï furent donc un peu douloureuses mais le jeu en valait vraiment la chandelle. Après avoir parcouru les quelques kilomètres qui nous séparaient du site sur lequel ont été bâties au 12ème et au 13ème siècles plusieurs dizaines de temples à la fois hindous et bouddhistes, notre chauffeur s’est très gentiment transformé en guide. Il nous a ainsi accompagnés sur une petite montagne dont nous avons atteint le sommet après une bonne vingtaine de minutes de marche de nuit à travers la forêt, et nous sommes arrivés à l’aube à Phnom Bakheng, un premier temple depuis lequel nous avions une vue superbe sur la campagne cambodgienne. Nous avons ensuite effectué un tour d’environ 5 heures au milieu des singes et des éléphants au cours duquel nous avons visité entre autres la cité d’Angkor Thom dans laquelle se trouve Bayon, un temple bouddhiste dans lequel on trouve des dizaines de sculptures monumentales de visages humains d’une beauté indescriptible, et Elephant Terrace, un site où l’on trouve d’imposantes fresques murales dont la finition et la qualité des détails sont impressionnantes. Puis nous avons achevé ce voyage à travers les siècles par la découverte de Ta Prohm, un temple lui aussi bouddhiste dont la splendeur est proche de la perfection.

Après avoir passé un bon moment à jouer aux touristes dans ce cadre idyllique nous avons décidé de consacrer un peu de temps à la découverte du « vrai » Cambodge et nous nous sommes rendus en fin d’après-midi dans un orphelinat où j’ai reçu non pas une claque, mais un vrai coup de boule culturel. Je ne voudrais surtout pas tomber dans de la démagogie de comptoir mais lorsque je me suis retrouvé au milieu de ces bout chou, dont certains handicapés, j’ai pour la première fois de ma vie pris pleinement conscience de la chance que j’ai d’être européen. C’est qui m’a le plus marqué c’est de les voir jouer et s’amuser en arborant un air réjoui malgré la difficulté de leur situation, et cela nous fait prendre pleinement conscience de la futilité de la plupart de nos crises que l’on croit à tort existentielles. Nous sommes donc restés un petit moment avec eux avant d’assister à la représentation d’un petit spectacle qu’ils performent avec beaucoup de talent dans des costumes traditionnels et sur de la musique cambodgienne. Après une telle expérience il est inutile de préciser que nous n’avions pas une envie folle de sortir, et cela tombait très bien car le réveil à 4h45 commençait à se faire sentir !

La journée du lendemain a elle aussi été consacré à une immersion à la fois dans la culture et dans l’environnement local car après avoir visité un atelier de sculpture perdu dans la banlieue de Siem Reap, puis un temple qui héberge encore aujourd’hui plusieurs dizaines de moines bouddhistes, nous sommes allés déguster des grenouilles cuisinées à la sauce Khmer en picolant de la bière cambodgienne. Puis nous sommes une nouvelle fois allés nous coucher assez tôt car nous devions tous les 3 nous lever à 5h30 samedi matin pour rejoindre la Sangker River et prendre le bateau qui allait nous amener jusqu’à Battambang, une ville coloniale dont l’architecture aux fortes influences françaises est encore très préservée.

C’est donc à bord d’une embarcation à la solidité plus que douteuse et au moteur d’un autre siècle que nous avons embarqué pour une croisière fabuleuse qui s’est déroulée en 3 parties : la première très calme au milieu de dizaines de villages flottants constitués de huttes bâties sur des structures en bambou amarrées à la terre ferme, la seconde beaucoup plus sportive en raison de l’absence de fond et du manque d’expérience du skipper qui s’est soldée par 2 échouages successifs durant lesquels nous avons été bloqués pendant une bonne demi-heure, puis une dernière partie dans un paysage de carte postale constitué de palmiers, de maisons sur pilotis et d’enfants qui se baignaient nus dans la rivière en nous acclamant sur notre passage ! Après plus de 9h de navigation, pour un trajet de seulement 76 km, nous avons tout de même fini par atteindre le port de Battambang et là ce sont des motos qui ont pris le relais pour nous amener jusqu’à notre hôtel situé en plein cœur de la ville. Puis, harassés de fatigue par cette journée interminable, nous avons simplement eu la force de ressortir dîner avant de rejoindre nos quartiers respectifs pour une bonne nuit de sommeil. De toute façon ce n’était pas très grave car je n’avais pas une envie folle de me farcir un karaoké en cambodgien, la seule activité à peu divertissante que nous avons trouvé à faire ici un samedi soir !