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Thaïlande


Singapour – Bangkok : 1422 km
Bangkok – Koh Phanghan : 687 km
Décalage horaire Singapour : +7
Décalage horaire Thaïlande : +6


Et bah la voilà ma première bonne petite claque culturelle ! Après une semaine particulièrement agréable dans l’ambiance très occidentale de Singapour l’arrivée à Bangkok a été un choc, certes positif, mais un choc tout de même. En effet, tout est différent de ce que j’ai pu découvrir depuis le début de mon voyage. Les couleurs, les senteurs, la population qui grouille, le trafic totalement anarchique, les mendiants estropiés, les temples somptueux, les chiens et les chats errants, les prostituées, la nourriture, le coût de la vie, les vieux occidentaux pervers qui se promènent main dans la main avec de jeunes Thaï à peine majeures, les lady boys… Un véritable feu d’artifice visuel et sensoriel pour le petit occidental que je suis.

Mais avant de plonger dans ce monde radicalement différent j’ai profité une dernière fois des charmes de la vie d’expat’ à Singap’. J’ai donc passé un bon moment à jouer au poisson dans la piscine d’un condo de luxe après avoir brunché avec des Français sur le bord de la rivière qui traverse la ville. Puis nous avons décidé avec Mançou de m’entraîner un peu au dépaysement que j’allais subir et nous avons rejoint Clem’ pour une balade dans le quartier indien, là où les femmes semblent être bannies et où l’on peut donc admirer des centaines de travailleurs immigrés déambuler dans les rues en se tenant par la main. Spéciale comme atmosphère… Et je ne pouvais pas partir pour la Thaïlande avant d’être passé au Raffles, un hôtel magnifique qui témoigne parfaitement du passé colonial de l’état de Singapour. Nous avons ainsi joué aux touristes fortunés l’espace de quelques minutes avant de rentrer nous coucher, ce qui m’a permis de reprendre des forces pour cette semaine qui allait être plus qu’animée.

Car c’est bien lundi matin que j’ai pris l’avion pour Bangkok, capitale étrange où le glauque se marie à merveille avec la beauté inouïe de ses temples, et où la gentillesse de certains habitants contraste avec les tentatives d’arnaques d’un certain nombre de petits salauds. Contrairement à ce à quoi j’avais été habitué jusqu’à présent ce trajet s’est déroulé sans le moindre problème, il a même été très agréable. J’ai entre autres pu profiter des machines masseuses de pieds que l’on trouve un peu partout dans l’aéroport de Singapour, et c’est donc totalement détendu que j’ai embarqué pour un vol qui allait durer moins de 2h30 ! J’ai toutefois eu un premier aperçu de l’atmosphère de la Thaïlande et de l’absence quasi-totale de discipline qui y règne lorsque je suis arrivé à la douane, car il a fallu que je me fraye un chemin au milieu de la cohue qui s’agglutinait autour des quelques postes de contrôle. Au bout de 45mn j’ai tout de même fini par passer (tant pis pour les petits vieux qui étaient là avant, après 1/2h d’attente c’est la loi du plus fort qui s’applique !) et j’ai sauté dans un taxi pour me rendre directement à mon hôtel. Et là j’ai compris que je venais de basculer dans un monde radicalement différent où j’allais enfin avoir le pouvoir d’achat d’un mafieux russe en vacances à St Trop’ : la course ne m’a coûté que 400 Baht (soit environ 8€) et la nuit dans le backpacker ne dépassait pas les 380 Baht ! En plus il semblerait que je me sois fait arnaquer par le chauffeur car apparemment j’aurais pu négocier ce prix qui ne m’apparaissait pas non plus franchement exorbitant. Ce qui l’a en revanche été c’est celui que j’ai effectivement payé. Comme les billets de banque se ressemblent à peu près tous, ils ont tous le même portrait du roi imprimé sur l’une de leur face, je me suis planté et au lieu de donner 4 billets de 100 j’en ai donné 2 de 100 et 2 de 1000… quand on sait qu’à ce prix là je peux faire un aller-retour où je veux en Thaïlande avec le moyen de transport de mon choix on comprend mieux pourquoi j’ai eu un peu de mal à digérer ma connerie pendant les heures qui ont suivi !

Heureusement la découverte de mon hôtel m’a mis d’excellente humeur car malgré ses tarifs très bas ses prestations étaient dignes des meilleures guest houses que j’ai connues jusqu’à présent. En plus de l’internet illimité, des chambre parfaitement correctes et de la clim’ j’ai grandement apprécié la propreté de l’endroit. A ce prix là je n’en attendais pas tant ! Je ne me suis pourtant pas attardé car je devais planifier la suite de mon voyage et je me suis donc très rapidement dirigé vers Kao San Road, dans le quartier des routards où l’on trouve un grand nombre d’agence de voyage. Pour cela j’ai repris un taxi et j’ai eu la chance de rencontrer Mr Bandit, un chauffeur très sympathique qui écoutait de la pop thaïlandaise à fond et qui m’a accueilli par une petite danse dont lui seul doit avoir le secret. J’ai réalisé par la suite qu’il célébrait le fait de m’avoir arnaqué car j’ai accepté de payer de payer la course 120 Baht alors que celle-ci n’en valait pas plus de 70 ! Il ne faut en fait jamais négocier les tarifs, mais demander à ce qu’ils enclenchent le compteur, ce que j’ai compris un peu plus tard et ce que j’ai ensuite fait pendant tout le reste de mon séjour à Bangkok. Lors de ce trajet j’ai enfin pu admirer cette ville dans laquelle je souhaitais me rendre depuis longtemps et en savourer les particularités. Outre les temples impressionnants que l’on trouve un peu partout et la circulation irréelle qui semble n’être régie par aucune loi humaine, j’ai découvert avec étonnement les lieux de culte implantés directement dans la rue et devant lesquels les Thaïlandais prient en pleine journée, ainsi que les innombrables portraits géants du roi qui semble être élevé au rang de demi-dieu. Il faut d’ailleurs être très vigilant car la moindre offense envers le souverain vous mène directement en prison où les conditions de confort sont apparemment beaucoup moins bonnes que dans un hôtel à 380 Baht la nuit.

Après une bonne demi-heure de slaloms dans les rues de Bangkok nous avons fini par arriver à destination et j’ai ainsi pu préparer mon voyage à Koh Phanghan, où je suis parti jeudi en bus de nuit et en bateau. Une fois mes billets réservés j’ai décidé de faire un tour dans le quartier de Kao San Road, mais comme la présence de centaines de touristes gâchait cette balade que je souhaitais typique je suis retourné du côté de Patpong, là où se trouvait le HQ Hostel dans lequel je résidais. Et c’est lors de cette petite visite des rues avoisinantes que je me suis rendu compte que je me trouvais… en plein cœur du quartier rouge ! Après avoir séjourné à Kings Cross lorsque j’étais à Sydney je finis par croire que j’ai un sixième sens pour choisir des endroits où je serai entourés de bar à hôtesses et de salons de massage plus que douteux ! Mais cela fait également partie de la culture locale thaïlandaise et il est sincèrement intéressant de découvrir cet aspect du pays dont on entend tant parler en Europe, le plus souvent dans des termes glauques et graveleux.

N’étant pas très rassuré à l’idée de me promener seul dans cet environnement assez sordide je suis repassé à l’hôtel et j’ai rencontré un slovaque particulièrement sympa qui était exactement dans le même état d’esprit que moi : intrigué par le phénomène de la prostitution et désireux de l’observer de plus près, mais assez peu enclin à franchir seul les portes des établissements assez peu glamour ! Nous sommes donc partis ensemble prendre notre dose d’exotisme, en nous contentant de jeter un simple coup d’œil sur ces pratiques, et nous n’avons pas été déçus du voyage… Je tairai ce que j’ai vu pour ne pas choquer les âmes sensibles qui n’oseraient plus jamais jouer au ping-pong de leur vie, mais ce que je peux vous dire c’est que nous sommes restés moins de 5mn car l’univers dans lequel nous avons débarqué était malsain au-delà de tout ce que j’avais pu imaginer. En plus l’expérience a failli mal tourner car nous nous sommes fait totalement escroqué : au lieu de devoir payer 2 bières à 100 Baht chacune, comme cela nous avait été indiqué, une vieille femme aussi agressive qu’antipathique nous a apporté une note de… 3800 Baht ! Après quelques contestations de notre part le ton a commencé à monté et nous nous sommes très rapidement retrouvés entourés par 7 ou 8 prostituées qui se faisaient plus que menaçantes. Pour calmer le jeu nous avons donc donné à peu près tout ce que nous avions sur nous, soit un peu plus de 1000 Baht, et nous sommes partis en courant, en nous jurant à nous-mêmes de ne plus jamais retenter ce genre d’expérience !

Cela m’a tout de même ouvert les yeux sur la réalité de la prostitution et sur le caractère misérable de ce milieu. Ce qui m’a le plus marqué c’est à la fois le nombre d’occidentaux attirés par le tourisme sexuel et le type de population qui profite des charmes des jeunes Thaïes. Moi qui m’attendais à trouver essentiellement de vieux pervers libidineux j’ai été très étonné de découvrir que de nombreux hommes d’affaires semblent être parfaitement à l’aise dans ce type d’environnement. Je ne sais pas à quel point il faut manquer de confiance en soi pour en arriver à faire appel aux services de ces filles mais il faut être sacrément désespéré pour jouer avec sa vie comme ils le font. En me contentant de soulever le voile de ce milieu je me suis franchement senti mal donc je pense que je ne comprendrai jamais comment on peut un jour dans sa vie choisir de franchir le pas en se retrouvant au lit avec une prostituée thaïlandaise. Mais bon, le vice de la perversion est humain et certains n’ont apparemment pas suffisamment d’estime d’eux-mêmes et des autres pour se contrôler. Je dois donc avouer que depuis que j’ai vécu cette expérience j’ai un dégoût encore plus prononcé pour les quinquagénaires gras et malsains que l’on croise par paquets dans les rues de Bangkok, et qui se promènent main dans la main avec des jeunes filles qui n’ont probablement même pas la moitié de leur âge.

Afin de nous remettre de ces émotions nous avons ensuite décidé avec Rob, le slovaque qui fut à peu près aussi traumatisé que moi, de partir prendre un verre dans un quartier un peu plus calme. L’objectif était de nous rendre au Bed Supper Club, une boîte branchouille située du côté de Sukhumvit Road. Nous avons donc choisi de nous y rendre en tuk tuk, ces tricycles motorisés à la déco si kitch qui font le bonheur des touristes. Mais nous ne l’avons jamais trouvé à cause des adresses si complexes dont sont dotés les bâtiments de Bangkok. Après plus de 45mn de recherches nous avons décidé de rebrousser chemin et nous avons finalement refait le monde autour d’une bière jusqu’à 2h du mat’ dans un bar situé à côté de l’hôtel.

Le lendemain, comme je me suis bizarrement réveillé particulièrement tôt, j’en ai profité pour marcher longuement avant que la chaleur ne se fasse trop intense. Toujours dans l’optique de ne pas consacrer l’essentiel de mon temps à des activités trop touristiques j’ai choisi de quitter les grandes artères et de me perdre dans des ruelles peu fréquentées. J’ai ainsi pu me retrouver au milieu de marchés locaux, de boutiques qui ne pourraient intéresser que des collectionneurs de pièces détachées de scooters et de machines-outils en tout genre, ou encore de vendeurs ambulants qui proposent un choix varié d’éponges, de brosses à chiottes ou de nourriture assez peu ragoûtante ! Mais j’ai tout de même consacré une bonne partie de la fin de ma matinée à la visite de Wat Po, un temple somptueux dans lequel on peut entre autre admirer un Bouddha couché d’une vingtaine de mètres, des statues impressionnantes et des lieux de culte dont la beauté est époustouflante.

Et c’est au cours de cette visite que ma journée a été illuminée par un évènement assez étonnant dont j’ai été la vedette. Alors que je flânais dans la cour intérieure de ce lieu magnifique plusieurs lycéennes thaïes en uniforme m’ont abordé en gloussant et m’ont demandé si elles pouvaient se faire photographier avec moi. Passant outre les recommandations de mon agent j’ai décidé de leur accorder cette faveur et j’ai patiemment attendu que chacune d’entre elles ait sa photo avant de repartir mort de rire. Mais le plus drôle c’est que lorsque je me suis rendu dans la foulée au Golden Mount, le plus grand monastère bouddhiste des temps modernes, il m’est arrivé exactement la même chose. Donc tant pis, même si vous me trouvez moche en France c’est rassurant de me dire que je peux toujours envisager une carrière à la Brad Pitt en Thaïlande !

Puis, épuisé par mon activité intense depuis mon arrivée dans le pays qui sera peut être plus tard le berceau de ma grande carrière de mannequin pour midinettes asiatiques, je suis ensuite rentré à Patpong et je dois avouer que je n’ai pas fait grand-chose jusqu’au moment où je suis allé me coucher, c'est-à-dire vers 21h30. Mais dès le lendemain matin j’étais de nouveau d’attaque pour une journée de visites et de découvertes et j’en ai à nouveau pleinement profité.

Ma balade a donc commencé par Silom Road, la rue principale du quartier dans laquelle j’habite, et qui est totalement typique. Entre les odeurs de bouffe, la foule permanente qui arpente des trottoirs d’à peine 2m de large, les mendiants manchots ou culs de jatte qui vous sollicitent à tous les coins de rue et les flics qui ne cessent d’utiliser leur sifflet pour essayer de mettre un peu d’ordre dans le bordel innommable généré par les automobilistes et les deux-roues kamikazes, on se retrouve instantanément absorbé par la folie citadine, au même titre que les millions de Thaïs qui habitent à Bangkok. Cela n’a toutefois duré que quelques minutes car je me suis ensuite retrouvé dans le Lumphini Park, un écrin de verdure dont j’ai apprécié le calme et la beauté, avant de me replonger dans la ville et ses multiples dangers. Car le simple fait de traverser une rue y est aussi exaltant que de participer à Survivor : le but du jeu est simplement d’atteindre le trottoir d’en face en étant toujours en vie après avoir été lâché au beau milieu d’un carrefour… et croyez moi, ce n’est pas si simple que ça en a l’air !

Le reste de ma journée a ainsi été consacré à arpenter les rues de Bangkok, en sortant une nouvelle fois des sentiers battus pour découvrir des quartiers dans lesquels je minimisais les risques de croiser des touristes par milliers. Et après plusieurs heures passées à ma balader ainsi je suis rentré faire un break à l’hôtel, où j’ai cette fois-ci rencontré un anglais et une américaine qui voyageaient eux aussi tout seuls. Nous sommes donc repartis quelques minutes plus tard tous les 3 au MBK Center, un immense centre commercial où sont organisés tous les mercredis de matchs de boxe thaï dont l’accès au public est gratuit. Dans mon optique de découverte de toutes les richesses culturelles locales je ne pouvais pas manquer un tel spectacle et nous avons donc pu admirer des hommes, mais également des femmes, se foutre sur la gueule avec une rare violence devant un public déchaîné qui hurlait à chaque impact de poing ou de tibia sur le corps de l’un des deux combattants. Devant le regard apeuré de la pauvre californienne qui ne semblait pas apprécier le combat à sa juste valeur nous avons décidé de ne pas nous éterniser, c’est pourquoi nous avons assez rapidement mis les voiles vers un restaurant qui nous a coûté environ 2€ par tête et dont l’ambiance semblait beaucoup plus lui convenir. Puis nous avons fini la soirée au Bed Supper Club, que j’ai tout de même fini par trouver, et c’est cette fois-ci un chauffeur-pilote-suicidaire qui se tapait des pointes à plus de 110 km/h en plein cœur de Bangkok qui nous y a conduit, avant de nous laisser sortir blêmes et encore tremblants de sa voiture !

Après 3 jours particulièrement intenses à Bangkok je suis donc parti jeudi pour Koh Phanghan, une île située au sud de la Thaïlande où se déroule une fois par mois la Full Moon Party, une soirée énorme qui se déroule sur une plage et où se retrouvent plus de 60 000 personnes. Et une fois encore le trajet n’a pas été de tout repos…

Celui-ci a commencé par un trajet en taxi avec un Thaï sur-stressé qui a du klaxonner plus d’une centaine de fois en 20 mn, puis par une attente d’1h30 avant de finalement prendre place à 19h30 à bord d’un bus incroyablement inconfortable, certainement conçu pour des Thaïlandais mesurant moins d’1m40. Cela aurait en théorie pu être supportable mais avec ma chance qui ne me trahit jamais j’ai cette fois-ci hérité comme voisin de voyage d’un beau bébé espagnol d’une centaine de kilos qui avait une fâcheuse tendance à poser sa tête sur mon épaule dès qu’il fermait les yeux, me prenant apparemment pour un oreiller. C’est toutefois lorsque, rêvant certainement d’une belle ibérique à la poitrine opulente, il s’est mis à me caresser le torse en arborant un sourire niais que j’ai pété un plomb et que je l’ai réveillé sans ménagement ! Après 9h de route assez difficilement supportables au cours desquelles je n’ai réussi à dormir que 2 petites heures nous avons fini par arriver dans un bled perdu où nous avons dû attendre pendant près de 2h dans un bar crasseux le bus qui allait prendre le relais. La suite fut à peu près du même acabit que la première partie du trajet car c’est dans un bus bondé que j’ai poursuivi l’aventure. Je n’avais donc pas de place assise et après quelques minutes à lutter pour rester à la fois debout et éveillé j’ai choisi de m’allonger à même le sol dans l’allée qui séparait les 2 rangées de siège. J’ai ainsi réussi à dormir jusqu’au port où nous avons embarqué à bord du bateau qui allait nous amener à Koh Phanghan. Epuisé par les 14h précédentes je me suis à nouveau installé pour finir ma nuit, qui n’avait d’ailleurs jamais vraiment commencé, et j’ai somnolé sur le pont pendant les 2h de traversée. Et une fois arrivé sur cette île du bout du monde je me suis mis en route pour Haad Rin, la plage sur laquelle est organisée la Full Moon. Le seul moyen d’y accéder est de prendre une sorte de taxi brousse, ce qui m’a permis de réaliser qu’il y avait encore plus tarés que les chauffeurs de Bangkok. Celui avec qui je suis parti semblait être doucement défoncé, roulait comme un malade sur les petites routes mal entretenues de l’île, pilait et dérapait à chaque fois qu’il voyait d’autres clients potentiels et frôlait en klaxonnant les pauvres touristes en scooter qui avaient le malheur de le ralentir dans sa folle course contre la mort ! Mais après 30mn de frayeur et de stress intenses nous avons fini par arriver, vivants et entiers. Pourtant les galères étaient loin d’être finies…

En effet, en raison de l’affluence exceptionnelle de touristes générée par la Full Moon il est totalement impossible de trouver des solutions d’hébergement dans cette partie de l’île à cette période, à moins d’avoir effectué une réservation préalable. Or les hôtels imposent généralement un séjour de minimum 7 jours, ce qui m’a empêché de booker une chambre sur internet avant mon arrivée. J’ai donc passé près de 2h à faire du porte à porte pour tenter de trouver ne serait ce qu’un cagibi où me poser mais j’ai finalement dû me rendre à l’évidence et admettre que je ne trouverai rien. Exténué et totalement déshydraté en raison de la forte chaleur et des efforts consentis pour porter mes bagages, j’ai été contraint de faire faire demi-tour et de retourner en taxi à Thongsala, le village principal situé à 10km de Haad Rin dans lequel j’étais arrivé en bateau. Heureusement j’y ai rapidement trouvé une chambre minuscule dans un hôtel bas de gamme qui ne possède pas la clim’ et où l’électricité saute tout le temps, et cela m’a permis de me poser enfin pour reprendre quelques forces après ce parcours commando d’une vingtaine d’heures !

J’ai ensuite passé ma soirée et une bonne partie du lendemain à explorer l’île à pied à la fois pour découvrir les paysages sublimes dont j’avais tant entendu parler et pour m’imprégner de la culture locale. J’ai donc marché de longues heures au milieu des cocotiers dans lesquels les Thaï font grimper de petits singes qui remplacent l’homme pour la cueillette des noix de coco, sur des plages de sable blanc que je longeais les pieds dans l’eau, ou dans des villages où j’ai goûté aux plats locaux dans des restaurants installés dans des sortes de huttes en bois et en tôle. Il est vrai que ce décor est paradisiaque mais il subsiste malgré tout un problème principal : le nombre hallucinant de touristes qui empêche de se sentir véritablement en Thaïlande. C’est la raison pour laquelle, malgré les conditions de voyage désastreuses et exténuantes, j’ai choisi de ne rester que 2 jours à Koh Phanghan. Je repars donc dès cet après-midi pour Bangkok, d’où je vais repartir dans la foulée pour Ko Chang, une île située à l’est du pays qui semble être beaucoup plus préservée.

Mais la raison principale de ma venue dans cette partie du pays était la Full Moon Party, donc je m’y suis rendu samedi soir et je ne regrette pas d’avoir fait le déplacement : j’en ai fait un paquet de soirées, mais là je dois avouer que je n’avais jamais rien vu de pareil ! Après ½ heure de bus, au cours de laquelle j’ai rencontré un couple anglo-américain avec qui j’ai passé la soirée, nous sommes arrivés à Haad Rin où le spectacle était hallucinant. Il y avait bien 60 000 personnes en train de faire la fête sur la plage, des vendeurs de cocktails à 300 Baht qui servait leurs boissons dans des seaux de plages un peu partout, des Thaïs qui jonglaient avec du feu sur des podiums installés à quelques mètres de l’eau, des occidentaux tout bourrés et badigeonnés de peinture fluorescente qui sautaient à la corde, mais avec une corde enflammée, des flics en civil qui essayaient de vendre de la drogue afin de prendre en flag’ les consommateurs trop cons pour acheter ça sur place, et tout ça avec de la musique incroyable diffusée à fond d’un bout à l’autre de la baie. Juste magique comme ambiance ! Mais certains semblent ne pas connaître leurs limites et l’on croise dès 10h du soir des cadavres étalés un peu partout dans la rue et sur la plage. En gros ça ressemble un peu aux fêtes de Bayonne sauf qu’en Thaïlande les gens sont en maillot de bain et que ça pue moins la pisse ! Je suis donc rentré vers 2h30 avec un exemple vivant, quoique plus trop en forme, de cette déchéance humaine car l’un des occupants du taxi semblait être proche du coma éthylique. Le tableau « cocotier, taxi-brousse et comateux recouvert de peinture » était juste irréel mais ça rajoute au charme de mon voyage !

Cette semaine s’est ainsi achevée comme elle avait commencé, par une activité intense dans une atmosphère survoltée. Je vais donc désormais tenter de mettre le cap sur un environnement un peu plus calme et aller passer quelques jours à discuter en tête-à-tête avec les poissons de Ko Chang. Mais avant cela il me reste le trajet retour à Bangkok à effectuer… plus celui jusqu’à cette île située à l’est du pays !