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Mexique - US



Acapulco – Mexico : 301 km
Mexico – San Francisco : 3033 km
Décalage horaire Mexico : -7
Décalage horaire San Francisco : -9
 

Home sweet home… Paris, mon Amour, tu me manques ! Après de longs mois passés loin de ma ville à la fois de cœur et natale le besoin commence à se faire désormais de plus en plus pressant d’y retrouver mes proches et son ambiance si particulière qui lui confère à l’international sa réputation aussi glamour que sulfureuse. Mais le gros avantage que j’ai connu au cours de ces derniers jours c’est que j’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de vivre des expériences bien franchouillardes qui m’ont donné l’illusion de me retrouver un peu à la maison, ou tout du moins dans un environnement très similaire de celui qui était le mien avant mon départ. En effet, entre mes rencontres avec des étudiants de l’ESC Rouen à Acapulco, mes soirées French Tuesdays à Mexico, mon squattage de loft incroyable chez une de mes amies de Reims à San Francisco, et mes retrouvailles avec un bon nombre de Frenchies rencontrés il y a maintenant deux ans lorsque j’avais travaillé dans cette ville pendant quelques mois, j’ai enchaîné les activités rythmées au son de la Marseillaise et c’est donc avec un moral gonflé à bloc que j’attaque la dernière partie de ce périple fou autour du globe. C’est sûr, quoi de tel que le sentiment de se sentir un peu chez soi tout en se trouvant malgré tout à l’autre bout du monde dans un cadre de rêve ?!

Car c’est bien dans un cadre de rêve que j’ai lancé les festivités de cette semaine, et cela au sens propre comme figuré. Tout a donc commencé par une rencontre dans mon hôtel de bord de mer avec deux Françaises étudiantes en école de commerce à Rouen, venues au Mexique pour un mois dans le cadre d’une mission humanitaire, et à Acapulco pour se détendre un peu sur ses plages paradisiaques pendant le peu de temps libre dont elles bénéficient. Et là où ça a été jackpot pour bibi c’était qu’elles n’étaient pas venues seules exhiber leurs corps de rêve sur la playa, mais bien avec un groupe de neuf personnes constitué de sept filles, et donc logiquement de seulement deux garçons. Bizarrement j’ai trouvé que l’idée de passer la soirée en boîte avec cette bande essentiellement féminine était excellente, et c’est donc après avoir dîné tous ensemble dans un resto typique que nous avons migré vers les dancefloors avec accès direct à la plage qui ont fleuri au cours de ces dernières années sur cette partie de la côte mexicaine ! Cette petite expédition, qui s’est achevée à une tard fort tardive, voire légèrement matinale, fut bien évidemment éthylique mais pas pour autant totalement dénué d’un certain intérêt culturel. Notre nuit de folie nous a en effet permis de nous régaler en admirant les coupes de cheveux abjectes (la plus tendance étant le : rasé sur les côtés / long dessus / coiffé en arrière avec 5 ou 6 litres de gel) qu’arborait la jeunesse locale avec une fierté non feinte, et en participant à des chorégraphies ridicules au milieu d’une foule transpirante qui se rafraichissait régulièrement à grands coups de bière ou de téquila. Et le problème c’est que je me rends compte qu’en fait j’adore cette ambiance… Je crois que je suis en fait au plus profond de moi-même un énorme jacky mexicain ! Alors oui j’ai bien conscience du fait que j’ai fait exactement la même réflexion très spirituelle il y a quelques mois, après une soirée passée dans une boîte d’autoroute en Argentine, mais il faut savoir que dans le fond je ne suis pas un mec si drôle que ça et que j’ai par conséquent épuisé mon stocks de blagues après 8 mois de tentatives plus ou moins fructueuses de calembours en tous genres… Du coup il ne faut pas m’en vouloir, mais en toute logique je suis obligé à partir de maintenant de réchauffer certaines vannes et de vous les ressortir comme si de rien n’était donc vous êtes gentils, vous faîtes comme si vous n’aviez rien remarqué et vous vous marrez poliment pour me faire plaisir, merci !

Après cette découverte nocturne passionnante il faut reconnaître que nous avons ensuite tous eu un peu de mal à nous remettre physiquement le lendemain et c’est la raison pour laquelle il a été voté à l’unanimité que l’activité principale de la journée consisterait à rôtir pendant de longues heures sous le soleil brûlant, en partant toutefois nous tremper une fois de temps en temps dans une mer incroyablement chaude. Et c’est ce que nous avons fait avec un certain talent, voire même avec un talent certain, car entre 10h et 18h nous n’avons pas bougé de la parcelle que nous avions investie à l’ombre des palmiers, et j’ai personnellement battu ce jour là mon record de temps passé dans l’eau car au total j’ai bien du barboter pendant près de 5h avant de finalement ressortir rouge comme une écrevisse malgré les litres de crème solaire dont je me badigeonnais régulièrement. Je ne surprendrai donc personne en annonçant que j’ai fait pour la deuxième fois de mon voyage une bonne petite insolation et que je suis parti le lendemain pour Mexico avec tous ses symptômes si agréables, assez proches de ceux de la gastro, mais avec en plus la peau qui commençait à peler et un torticolis carabiné (qui n’avait rien à voir avec la choucroute mais qui avait malgré tout décidé de se manifester ce jour-là !). On comprendra alors que mon activité fut assez limitée pendant l’après-midi et, qu’une fois arrivé, j’ai rapidement choisi de rester me reposer dans l’auberge de jeunesse localisée en plein cœur du quartier historique de cette mégalopole surpeuplée de 22 millions d’habitants qui est située elle aussi, comme beaucoup de grandes villes en Amérique du Sud, en altitude.

Ce n’est donc que le lendemain matin, alors que je n’étais pas franchement rétabli mais malgré tout motivé pour partir à la conquête de cette nouvelle capitale, que je me suis mis en route pour de nouvelles aventures à dominante culturelle. Pour cela je me suis rendu à ce que je croyais être le musée des Beaux Arts et je fus tout étonné de n’y trouver que des œuvres réalisées par des artistes mexicains. Et ce ne fut qu’en en sortant que j’ai réalisé que je mettais trompé en me rendant en fait au Musée National, et que tout m’a tout de suite paru beaucoup plus logique ! Et c’est suite à cette découverte, à l’intérêt somme toute assez limité, que je suis rentré dans mes pénates pour une sieste ô combien salvatrice qui allait me permettre de combattre encore un peu plus le mal qui m’habitait, mais surtout de reprendre des forces pour arriver en forme à la soirée du jour. Car j’avais en effet une soirée French Tuesdays, les fameuses soirées de mon oncle qui est maintenant en train de conquérir le monde pour mon plus grand plaisir lorsque je voyage seul dans des contrées inconnues, et je tenais donc à me reposer avant de m’y rendre afin de pouvoir en profiter au maximum. Du coup c’est après avoir somnolé pendant quelques heures que j’ai réenfilé le costard qui m’avait été si peu utile en Colombie et que je me suis dans la foulée engouffré dans un taxi qui devait m’amener rapidement à destination. Mais ça c’est ce que je pensais avant d’effectuer ma seconde découverte de la journée, celle-ci plutôt plus intéressante que la précédente, à savoir celle portant sur les conditions locales de circulation. Et ce que je peux vous dire c’est qu’elles sont infernales, il s’agit peut être même des pires du monde car une grande partie de la population (22 millions pour Mexico je le rappelle) se déplace en voiture, ce qui implique qu’absolument toutes les heures de la journée correspondent à une heure de pointe pendant laquelle il est insupportable de circuler. Donc qu’on arrête de se plaindre en France avec la circulation rendue difficile par les pistes cyclables créées au cours des dernières années par l’ami Bertichou et qu’on savoure la chance que l’on a de ne pas mettre près d’une heure pour se rendre dans un bar pourtant situé en plein cœur de la ville comme cela a été le cas pour moi ce jour là !

Heureusement cela valait vraiment le coup de lutter dans les bouchons car c’est dans un lieu magnifique que j’ai fini par pénétrer et que j’ai passé une excellente soirée au cours de laquelle j’ai discuté avec un grand nombre de personnes très intéressantes provenant d’horizons très différents. Mais ma rencontre la plus sympa a été celle effectuée avec une Lilloise (encore une !) aussi magnifique que gentille et actuellement en stage dans cette ville. Tout se passait donc très bien jusqu'à ce qu’elle prenne une décision aussi malvenue qu’étonnante, celle de tomber dans les pommes sans prévenir au beau milieu d’une conversation ! N’écoutant que mon courage (séquence émotion et sensation forte du chapitre) je l’ai prise dans mes bras, j’ai fendu la foule tout en serrant contre moi son magnifique corps inanimé et… Non je déconne, en fait j’ai regardé la sécurité s’occuper d’elle et la confier aux mains expertes de l’infirmière de service qui était présente sur les lieux ! Ce que j’ai en revanche fait c’est qu’une fois ses esprits retrouvés je l’ai raccompagnée chez elle en bon gentleman et après m’être assuré qu’elle était en sécurité dans son appart’ nous avons convenu d’un rendez-vous afin de nous revoir le lendemain et de nous promener ensemble dans la vieille ville.

C’est ainsi à deux que nous avons procédé à quelques visites mercredi après-midi. Mais avant cela j’avais profité du temps libre dont je bénéficiais pendant la matinée avant de la retrouver pour me rendre à la cathédrale qui fait partie des monuments les plus impressionnants de Mexico. Cet imposant édifice religieux est en effet d’une splendeur absolue qui provoque une réelle émotion chez le visiteur qui a la chance de pouvoir contempler à la fois ses ornements dorés et ses superbes vitraux. Mais ce qui est le plus surprenant c’est le fait qu’à l’intérieur tout y soit de travers. Alors je ne sais pas si c’est à cause de l’activité sismique au Mexique que le sol et les murs ne sont absolument pas perpendiculaires et que les colonnes de plusieurs dizaines de mètres de haut semblent prêtes à s’effondrer à tout instant, mais en tout cas ce n’est franchement pas rassurant lorsque l’on s’y promène ! La structure a malgré tout tenu le coup jusqu’à la fin de ma visite et c’est entier que j’ai pu ressortir à l’air libre pour partir rejoindre Marie, la Lilloise pour laquelle j’avais joué les gardes du corps la veille.

L’après midi fut donc tout aussi culturelle que la matinée car c’est au Musée des Beaux-Arts, le vrai, le bon, l’unique cette fois-ci, que nous nous sommes rendus sous une pluie battante pour admirer des collections que j’attendais de découvrir avec impatience. Quand je vous disais après mon passage à Bogota que je voulais profiter de la fin de ce voyage pour me cultiver, je ne bluffais pas ! Mais malheureusement ce n’est pas au cours de cette escapade artistique que j’ai pu faire le plein de savoir et de souvenirs visuels incroyables car les œuvres exposées étaient excessivement décevantes. On n’y trouvait en effet que des toiles immenses peintes par des artistes mexicains complètement torturés qui avaient tous un point commun : leur passion à la fois pour les corps mutilés, atrophiés, lacérés et pour la thématique de la souffrance au sens le plus large possible du terme. Alors je ne voudrais surtout pas remettre en question le talent de ces artistes en sombrero, mais si on avait également pu contempler deux ou trois tableaux d’artistes français ou néerlandais à peu près sains d’esprit je ne me serais pas plaint ! C’est donc légèrement déçu que nous sommes ressortis avec la ferme intention de déambuler au hasard dans les rues bordées de vieux immeubles pleins de charme du cœur historique mais la météo n’était vraiment pas de notre côté, saison des pluies oblige, des trombes d’eau nous empêchant de pouvoir évoluer dehors sans avoir l’impression de prendre une douche 100% naturelle. Nous nous sommes donc réfugiés rapidement dans la cathédrale, où je souhaitais de toute façon retourner, et c’est ensuite chez Marie que nous avons fini cette journée sponsorisée par le ministère de la culture en regardant un film français qui a lui aussi contribué à mon bonheur chauvin de cette semaine un peu particulière.

Et celle-ci le fut d’autant plus que le lendemain, après une matinée cette fois-ci ensoleillée au cours de laquelle je me suis rapidement promené sur le Paseo de Reforma qui est l’avenue la plus connue de Mexico en raison des nombreux monuments et des hôtels de luxe qui la bordent, je suis parti à San Francisco, première ville de mon voyage que je connaissais déjà avant d’y arriver pour y avoir travaillé pendant quelques mois il y a deux ans. Pour m’y rendre j’ai bien évidemment dû prendre un avion et c’est au cours de mon trajet entre l’hôtel et l’aéroport que j’ai eu l’occasion d’effectuer ma dernière découverte intéressante sur le Mexique avant le grand départ : la particularité de son métro. Alors comme tous les autres métros du monde il est grouillant, bondé, un peu glauque et malodorant, mais ce qui le différencie des autres (et encore…) c’est qu’il est apparemment rempli de pervers attoucheurs. C’est donc la raison pour laquelle les autorités ont prévu des compartiments spéciaux pour les femmes dont l’accès est contrôlé par des flics en uniforme qui prennent leur rôle très à cœur. Lorsque l’on n’est pas prévenu la scène est quand même particulièrement surprenante ! Mais les pervers ne sont pas les seuls parias de la société à investir les sous-sols de la ville car on peut également trouver sous terre quelques alcooliques aussi sympathiques que folkloriques. J’ai d’ailleurs eu personnellement la chance d’en rencontrer un qui  m’a gentiment souhaité un bon voyage au moment où je descendais du wagon avec tous mes bagages, mais après m’avoir tout de même gratifié d’un, je cite : « c’est ça, casse-toi du Mexique connard de Gringo ! ». Ca fait toujours plaisir comme cadeau de départ. Mais je viens surtout de réaliser qu’il était tout petit et légèrement surexcité… Ca ne vous rappelle personne ?!

Il s’en est ensuite suivi une attente de trois ou quatre heures dans l’aéroport relativement vide de Mexico, puis un voyage rendu franchement inconfortable par la bouffe dégueu, les navets diffusés sur des écrans minuscules, mon siège qui ne se rabattait pas ou encore par les hôtesses à gros cul qui étaient aussi antipathiques que désagréables. Mais le pire a été la phase d’approche de San Francisco au cours de laquelle, à cause d’un problème apparent de pressurisation de l’appareil, j’ai souffert le martyre pendant un bon quart d’heure, pensant littéralement que ma tête allait exploser. Et cela devait bien résulter d’un problème technique de l’avion car j’étais loin d’être le seul dans ce cas là, mes voisins grimaçant eux aussi de douleur et les enfants en bas âge hurlant à la mort pendant ces quelques minutes d’angoisse. Mais tout s’est bien fini car je n’ai pas repeint les murs de la cabine avec ma cervelle, et le reste de mon voyage s’est ensuite déroulé sans encombre. Ayant traversé successivement la Bolivie, le Pérou, la Colombie et le Mexique, et ce juste avant d’arriver aux Etats-Unis, je m’attendais en effet à passer un bon moment à la douane afin d’y subir un interrogatoire poussé portant sur les raisons réelles de ma venue dans le pays. Mais c’est finalement sur un douanier adorable que je suis tombé et, après s’être tout de même rapidement gratté la tête à l’annonce de mes escales précédentes, il m’a posé plein de questions sur la manière dont j’avais vécu personnellement ce périple tout en tamponnant mon passeport sans broncher.

C’est donc dans la nuit de jeudi à vendredi que j’ai débarqué à San Francisco, et plus précisément chez Maud, une de mes amies de Reims qui travaille ici depuis maintenant près de 4 ans et qui a la chance d’habiter dans un loft énorme en plein centre-ville. Alors que j’avais prévu de dormir dans le hall de l’aéroport en raison de mon heure tardive d’arrivée et du temps que j’avais envisagé de passer en tête-à-tête avec un douanier, c’est finalement à 1h du matin que j’ai débarqué chez elle en bon squatteur désormais quasi-professionnel et que je me suis immédiatement installé sur le canapé qui allait me faire office de lit pour la nuit. C’est du coup dans un état de fraîcheur suffisant pour arpenter les rues en pente de la ville que je me suis réveillé le lendemain matin, et un peu avant 9h j’étais dehors pour découvrir, ou plutôt redécouvrir, certains quartiers de cette ville que j’adore. Ce petit pèlerinage m’a donc emmené dans un premier temps sur Union Square, la place principale de la ville qui est entourée à la fois de palmiers et de grands buildings si caractéristiques du style architectural américain, au Terminal de départ des Ferry, qui est un très beau bâtiment orné d’un clocher comme on en voit peu dans le pays, dans Chinatown, qui est le quartier chinois le plus important des US, ou encore à Fisherman’s Wharf, qui est le quartier touristique situé au bord de l’eau et depuis lequel on peut apercevoir à la fois l’ancienne prison mythique d’Alcatraz et le pont du Golden Gate qui l’est tout autant. Et c’est aussi au cours de cette longue balade que j’en ai profité pour passer chez Abercrombie afin de refaire le plein de parfum qu’on ne trouve pas ailleurs que dans les magasins de la chaîne. Près de quatre mois après avoir épuisé la dernière goutte du dernier flacon que je possédais c’est donc avec un bonheur immense que j’ai pu reconstituer mes stocks et commencer à me repositionner doucement sur le marché des hommes civilisés qui font attention à leur image et à leur apparence. Finie l’époque où je prenais une douche tous les trois jours dans la jungle avant d’enfiler un t-shirt troué, maintenant je redeviens un animal social à part entière !

J’étais donc ravi de retrouver pour la première fois de mon voyage un environnement connu dans lequel je possédais un grand nombre de repères. Je m’étais déjà fait cette réflexion lorsque j’étais revenu à Bangkok quelques semaines après y être passé une première fois, mais qu’est ce que c’est bon de se retrouver là où on se sent un peu chez soi. Je pense que c’est difficile à concevoir lorsque l’on n’est jamais vraiment parti loin et longtemps, mais c’est un véritable bonheur de pouvoir se poser quelques jours là où on se sent bien et en confiance. Après des mois et des mois passés sur des routes parfois dangereuses à découvrir quasiment tous les deux ou trois jours des endroits totalement inconnus je suis encore plus sensible au charme de ce confort à la fois physique et intellectuel, et c’est la raison pour laquelle j’étais envahi d’une espèce d’euphorie pendant toute la durée de cette promenade. Et pourtant les conditions n’étaient pas optimales ce jour là car, bien qu’on soit en plein mois d’août, il faisait un froid de canard. Il ne s’agissait malgré tout pas d’un mauvais hasard car il est connu que la période estivale à San Francisco est l’une des pires sur le plan météorologique. C’est d’ailleurs l’écrivain Mark Twain qui a écrit cette phrase célèbre après y avoir longuement résidé: « L’hiver le plus froid que j’ai connu fut un été à San Francisco ». Je n’étais donc pas spécialement ravi de redécouvrir cette caractéristique désagréable de cette partie de la Californie, mais ce que j’ai en revanche retrouvé avec plaisir c’est la population de tarés composée entre autres de clochards qui utilisent des peignes comme barrettes et portent des sèche-cheveux en guise de colliers, de chinois ivre-morts qui font semblant de mitrailler les passants avec des baguettes en plastique, de cyclistes qui font du surplace en pédalant sur des vélos sans chaîne, d’hommes d’affaires quarantenaires qui vont au bureau en skate, de blacks homosexuels qui se baladent dans la rue en pleine journée avec une cravache à la main, de junkies qui jouent de la batterie sur des seaux en plastique, de travelos portant à merveille le petit top trop court qui moule leurs gros seins 100% naturels, de types complètement bourrés qui sortent des toilettes publiques torse nu alors qu’il fait à peine plus de 10° dehors, de vieux en pyjama qui poussent leur propre fauteuil roulant, de psychopathes qui rient tout seuls de manière totalement hystérique, ou encore de zombies aux visages couverts de tatouages… Si vous cherchez la cour des miracles c’est par là que ça se passe ! Je pouvais donc me promener au milieu de tout ça en écoutant mon ipod, tout en chantant et en dansant dans la rue sans que cela ne choque qui que ce soit… oui c’est ça, je crois que je vais de moins en moins bien et qu’il commence à être grand temps que je rentre !


Mais là où je vais en revanche de mieux en mieux c’est sur l’évolution de mes réflexions concernant mon avenir, surtout sur le plan personnel. Contrairement à ce que je pensais en Argentine, au moment où j’ai eu mon petit coup de déprime, j’avais encore énormément de chemin à parcourir et le fait d’arriver dans cette ville que je connaissais déjà relativement bien m’a permis de franchir encore un pallier supplémentaire. Je ne sais pas exactement ce qui a provoqué cela mais lorsque j’ai parcouru à nouveau les rues du centre de San Francisco, et que les souvenirs sont remontés à la surface, j’ai eu comme une révélation sur la manière dont je voulais gérer ma vie à partir d’aujourd’hui. Peut être que c’est tout simplement le fait de me trouver dans un environnement familier pour la première fois depuis très longtemps, et de pouvoir ainsi m’imaginer dans un quotidien qu’il va bientôt me falloir reconstruire, qui a provoqué l’électrochoc nécessaire pour voir les choses avec lucidité. Mais de toute façon peu importe la cause, ce qui compte c’est la conséquence. Et aujourd’hui je réalise que ce dont j’ai vraiment envie c’est d’une vie plus stable, surtout sur le plan sentimental. Finies les histoires d’un soir, les lendemains difficiles avec des réveils dans des appartements inconnus et les heures de tortures morales causées par des relations incohérentes maintenues artificiellement dans une sorte de coma sentimental afin de meubler le vide existant dans ma vie amoureuse. Je sais désormais exactement ce que je veux, et surtout, encore plus important, ce que je ne veux pas. Donc à cet égard là on peut considérer que ce voyage est encore une réussite aussi complète que totale.

C’est ainsi avec un état d’esprit tout neuf que j’ai attaqué vendredi la soirée qui a débuté dans le loft dans lequel je suis hébergé en ce moment. Car celle-ci a en effet commencé par quelques bières bues avec Vincent, le colloc’ lui aussi français de Maud, et John, un de leurs amis américain qui a toutefois la particularité d’être d’origine chinoise par son père, mexicano-croate par sa mère, et de parler absolument parfaitement français après avoir passé 3 ans à Sciences Po ! Puis c’est au 32ème étage d’un hôtel de luxe que nous avons fini, à une soirée privée à laquelle nous avions été conviés par un DJ turc que je connaissais pour avoir travaillé avec lui lors de mon précédent passage ici. Et une fois encore j’y ai redécouvert avec plaisir les joies de la socialisation car pour la première fois depuis très longtemps j’ai pu croiser complètement par hasard des têtes connues que je n’avais pas prévu de revoir. Comme vous pouvez le constater il en faut peu pour me rendre heureux après quasiment 35 semaines de voyage en solitaire !

Et c’est enfin samedi que cette folle semaine s’est achevée par un aller-retour en voiture avec Maud jusqu’à Carmel, une petite ville de bord de mer située à environ 2 heures de route de San Francisco, où nous avons marché au bord de l’eau sur une plage sur laquelle était organisée un certain nombre de mariages made in US avec rangées de chaises sur le sable, chemins en pétales de rose et arches bien kitsch recouverts de fleurs blanches. Mais ne possédant pas de costard blanc et de chaussures à bouts carrés pour me fondre discrètement dans la foule des participants je n’ai pas pu assister à l’une de ces cérémonies et c’est du coup bien sagement et calmement que nous sommes rentrés à la maison !

C’est donc une semaine vraiment particulière qui vient de s’achever et, alors que je pensais que mon arrivée aux Etats-Unis allait coïncider avec une certaine perte de l’intérêt de mon voyage en termes de découvertes en tous genres, je me rends en fait compte que l’inverse semble s’opérer et que je vais vraiment pouvoir profiter de ces derniers jours de bonheur à l’état pur pour apprendre à me connaître encore un peu mieux. En attendant c’est à Las Vegas que pars cette semaine pour approfondir ce séminaire de connaissance de moi donc on va bien voir ce que je vais en retirer, mais je pense que je vais malgré tout mettre mes réflexions philosophiques entre parenthèses pendant quelques jours car mon cerveau risque d’être mis assez rapidement sur off. Mais finalement, quand ce n’est pas à temps plein mais juste une fois de temps en temps, il fait reconnaître que c’est franchement bon d’être con et c’est la raison pour laquelle je vais en profiter à fond avant de rentrer ! Donc vos dons sont plus que les bienvenus afin que je puisse jouer et picoler à votre santé et vous recevrez en prime la bénédiction de mon banquier… Franchement elle est pas belle la promo du jour ?!