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Laos – Thaïlande


Louang Prabang – Bangkok : 703 km

Décalage horaire : +6
 

J’adore mon voyage et pour rien au monde je n’échangerais ma place contre celle de quelqu’un d’autre, même si on me propose 2 barils d’Ariel, mais la prochaine fois je prendrai l’option « avec un peu moins d’emmerdes » ! Car encore une fois le début de la semaine a été assez chaud. En moins de 3 jours j’ai réussi l’exploit de cumuler : la perte totale de l’ensemble des données sauvegardées sur mon ordinateur, un trajet de 36 heures en bus, une moitié de nuit passée sur un banc dans un jardin public, un réveil par 2 orphelins équipés d’une matraque, une mauvaise surprise à la frontière et une vive engueulade avec un informaticien thaïlandais. Si les voyages forment la jeunesse ils ont également le mérite de transformer le plus impatient des petits cons en modèle de calme et de patience, je pense en devenir chaque jour un peu plus le parfait exemple vivant !

Tout a donc commencé dans la nuit de samedi à dimanche lorsque, souhaitant consulter un dossier, j’ai tenté d’allumer mon PC et que j’ai eu la désagréable surprise de me retrouver nez-à-nez avec un écran totalement noir qui ne présageait rien de bon quant à l’état de mon matériel informatique. Après une bonne demi-heure de tentatives en tout genre j’ai dû me rendre à l’évidence : mon ordi avait encore planté à cause d’un virus. Je me suis donc mis en quête dimanche matin d’un informaticien susceptible de pouvoir résoudre mon problème, mais autant dire qu’à Louang Prabang j’avais plus de chance de trouver des guides touristiques proposant des balades à dos d’éléphants que des geeks capables de pirater le site de la Banque de France ! J’ai malgré tout fait mon maximum et mes efforts ont fini par être payants car après une bonne heure et demie de recherches j’ai fini par tomber sur un petit génie local qui m’a garanti pouvoir tout remettre en ordre. Car la seconde mauvaise surprise fut de constater, une fois l’ordinateur rallumé, que tous mes fichiers avaient disparu et que je n’avais plus une seule photo de sauvegardée… Heureusement il voyait comment remédier à ce problème, mais une nouvelle contrainte allait rendre la tâche particulièrement ardue : le manque de temps.

 

Je devais en effet quitter Louang Prabang en bus le soir même, afin de me rendre à Bangkok où j’allais retrouver Mançou le mercredi. Devant passer son GMAT, un examen d’anglais indispensable pour présenter des masters un peu partout dans le monde, elle a choisi de venir le faire en Thaïlande afin que nous puissions ensuite passer 4 jours ensemble. Cette idée était à mes yeux évidemment excellente, et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de revenir dans ce pays un peu plus tôt que ce que j’avais initialement prévu lors de l’élaboration de mon planning. Pour cela je souhaitais donc prendre un bateau sur le Mékong jusqu’à la frontière, puis achever ce trajet en bus. Mais cette fois-ci ce sont les éléments qui ne jouaient pas en ma faveur car, en raison du faible niveau d’eau résultant des fortes chaleurs et de l’absence de pluie, toute navigation était rendue impossible et donc inenvisageable. C’est la raison pour laquelle j’ai dû renoncer à mes projets fluviaux et me rabattre sur une solution que je commence à connaître par cœur… le bus ! Et j’allais en plus avoir le temps d’en profiter vraiment à fond car, n’ayant comme unique alternative que l’avion qui était hors de prix, c’est pour un trajet de 36 heures que j’ai fini par signer !

En attendant que Mc Gyver ait fini de jouer avec mon épave informatique et de pouvoir à nouveau aller poser mon cul à bord d’une carcasse roulante j’ai donc profité de ma dernière journée à Louang Prabang pour marcher de longues heures le long du fleuve et profiter une dernière fois de ses paysages magnifique. Mais l’attente m’a paru un peu longue car je stressais légèrement, ne sachant pas si j’allais réussir à récupérer les fichiers constitués avec amour depuis 3 mois ! Mes craintes n’étaient d’ailleurs pas totalement infondées car, malgré ses promesses de prouesses répétées, mon geek laotien n’avait effectué que la moitié du boulot lorsque je suis venu récupérer mon bien quelques minutes avant de quitter la ville. Il avait tout de même un certain sens commercial car il a eu l’excellente idée de ne me facturer sa prestation qu’à moitié prix et de m’offrir des verres de bière que je devais me siffler cul-sec. Je n’en n’ai toutefois pris que 2 car la perspective de me prendre une cuite avant d’enchaîner 10 heures de voyage sur des routes sinueuses ne m’excitait pas plus que ça ! Et il a également eu la gentillesse de me donner une adresse à Bangkok où la mission de sauvetage de mes données pourrait être achevée, donc je suis parti sans trop lui en vouloir.

Puis cette folle journée s’est poursuivi comme prévu par un trajet encore bien long qui m’a amené dans un premier temps à Vientiane, où j’ai été obligé de repasser avant de pouvoir atteindre Bangkok. Cette fois-ci la perspective d’y retourner ne m’enchantait qu’à moitié car les conditions étaient plus que défavorables pour profiter à nouveau de cette charmante petite ville. Nous sommes en effet arrivés à 4h30 du matin à la station de bus située à quelques kilomètres du centre-ville, puis nous avons du prendre un tuk-tuk qui nous y a déposé un peu avant 5h, et je devais ensuite attendre jusqu’à 18h avant de pouvoir prendre le bus qui allait m’emmener en Thaïlande… J’ai donc profité de ce contexte défavorable pour tenter une nouvelle expérience qui allait définitivement me faire basculer dans l’univers impitoyable des clochards : la nuit de sommeil sur un banc public !

Je n’avais de toute façon pas beaucoup d’autres choix à ma disposition car en arrivant à Vientiane à 5h du mat’ la liste des options envisageables est relativement courte. Je me suis donc presque confortablement allongé sur un banc en bois installé au pied d’une grande fontaine et je me suis endormi en serrant dans mes bras le sac à dos dans lequel je conservais mes biens les plus précieux, dont mon ordi qui ne valait de toute façon à ce moment là quasiment plus un clou. Je dois tout de même reconnaître que je n’ai pas passé la nuit la plus sereine de mon existence, mais ce n’était rien à côté du réveil qui m’attendait. Car, vers 7h, sentant une petite alarme intérieure retentir j’ai ouvert les yeux et j’ai eu l’honneur de me retrouver nez-à-nez avec 2 mecs d’une vingtaine d’années, dont l’un d’eux portait une matraque à la ceinture. C’est sûr que c’est moins agréable que de se réveiller dans le même lit qu’une mannequin en nuisette qui vous regarde amoureusement ! Mais je suis étrangement resté incroyablement calme et j’ai commencé à discuter avec eux. Heureusement ils baragouinaient quelques mots d’anglais et j’ai pu entamer avec eux une conversation en petit nègre, ou plutôt en petit laotien. J’ai fini par comprendre qu’il s’agissait de 2 orphelins qui vivaient dans la rue et qui apparemment avaient vraiment faim. Je leur ai donc donné la fin de mon paquet de chips et quelques clopes et ils ont alors commencé à devenir particulièrement gentils et agréables. Le premier m’a même fait une démonstration de break dance, tandis que le second m’a chanté quelques chansons en anglais avant de me demander si je pouvais lui donner de l’argent pour qu’il s’achète une guitare ! J’ai trouvé une alternative en lui redonnant des cigarettes et cela a semblé lui convenir parfaitement. Donc fumer est mauvais pour la santé, coûte cher, file une haleine de poney, jaunit les dents et provoque l’impuissance, mais permet au moins d’éviter de se faire dépouiller lorsque l’on passe une nuit sur un banc public !

Après avoir passé une bonne demi-heure à discuter tant bien que mal avec mes deux nouveaux copains laotiens j’ai quand même décidé de prendre mes distances avec eux et j’ai passé le reste de la journée à me promener dans la ville, avec tous mes bagages, et à squatter dans un café où j’ai pu me reposer un peu. Puis, à 18h30, j’ai enfin pu me reprendre ma route vers Bangkok. Il ne m’a toutefois fallu attendre que quelques minutes avant qu’une nouvelle désillusion vienne assombrir légèrement mon voyage. En effet, en tant que Français j’ai normalement droit de passer 30 jours en Thaïlande sans avoir besoin de visa particulier. Mais ce que j’ai découvert en arrivant à la douane c’est que cela n’est valable que lorsque l’on arrive par les airs, le délai n’étant que de 14 jours lorsque l’on arrive par la route. Or je ne pars en Inde que le 22 mars, soit 21 jours après mon arrivée dans le pays, et l’amende est de 500 Baths par jour de dépassement. Je vais donc devoir payer 3500 Baths, soit à peu près 70€, pour pouvoir sortir du pays… Allez hop c’est cadeau ! Au moins je sais où iront les quelques euros que j’ai économisé depuis un mois en dormant dans des guesthouses pourries et en mangeant du riz à quasiment tous les repas !

Mais après cette légère déception j’ai eu le plaisir de constater que le bus qui allait nous emmener jusqu’à notre destination finale était un véritable palace ambulant, avec écran plasma, clim’ réglable, espace pour les jambes et horloge digitale, donc cela a considérablement aidé à me faire digérer ce petit coup dur. En plus la compagnie de transport nous a gratifié d’un repas gratuit, c’est toujours ça d’économisé pour pouvoir financer ma fuite vers l’Inde ! Et après encore une dizaine d’heures de route, dont j’ai passé une partie allongé dans l’allée centrale pour mieux dormir, nous avons fini par atteindre Bangkok. Il ne m’a ensuite plus fallu que quelques minutes de taxi avant de pouvoir enfin déposer mes affaires à l’hôtel et me reposer un peu. C’est d’ailleurs au HQ Hostel, celui dans lequel j’avais déjà séjourné lors de mon dernier passage dans la capitale thaïlandaise, que j’ai décidé de retourner. Cela faisait en effet un bon moment que je n’avais pas habité dans un quartier de putes, de lady boys et de gigolos et cette ambiance sordide commençait à me manquer !

Après quelques dizaines de minutes de repos et une bonne et longue douche bien méritée je me suis motivé pour ressortir car j’avais un certain nombre de choses à régler. Cela m’a d’ailleurs fait bizarre car pour la première fois de mon voyage je reviens dans une ville dans laquelle j’avais déjà passé quelques jours et j’avais ainsi l’impression de rentrer un peu à la maison. En plus je devais m’occuper de problèmes assez classique tels que la réparation de mon ordinateur, l’achat d’un nouvel appareil photo et de lames de rasoir, le lavage de mes affaires ou l’organisation du programme de mon weekend avec Mançou, donc cela m’a replongé dans des préoccupations que je qualifierais de quotidiennes qui m’ont donné l’impression d’être quasiment installé dans cette ville. Cela peut paraître idiot mais, même si ce n’est que pour quelques heures ou pour quelques jours, cela fait beaucoup de bien de se sentir un peu chez soi quelque part, de ne plus avoir le sentiment d’être un éternel étranger de passage.

Je suis ainsi parti vers 10 heures à la recherche de l’adresse que m’avait donnée l’informaticien laotien et, après quelques dizaines de minutes de marche au milieu d’un trafic qui me parait désormais être aussi dense que celui de Clermont-Ferrand après avoir connu celui de Saigon, j’ai fini par arriver dans un immense mall consacré uniquement aux activités ayant un rapport de près ou de loin avec l’informatique. Cela ne m’a malgré tout pas empêché de galérer pendant un bon moment avant de trouver quelqu’un capable de terminer le travail de sauvetage qui avait été commencé. J’ai tout de même fini par tomber sur celui qui semblait être la perle rare et, après lui avoir exposé mon problème, lui aussi s’est engagé à me rendre quelques heures plus tard un ordi nettoyé et contenant à nouveau tous les fichiers perdus. Mais lorsque je suis revenu dans la soirée, après avoir passé une bonne partie de la journée à me reposer, j’ai eu la désagréable surprise de constater que tout avait été fait n’importe comment et que la moitié des fichiers récupérés étaient inutilisables. Face à son absence totale de réponse aux questions que je lui posais j’ai fini par lui annoncer que je ne lui paierais que les 2/3 de ce que nous avions convenu et là il s’est enfin mis à réagir. Je suis donc reparti quelques minutes plus tard sous une avalanche de « Fuck you » qui, à mon avis, devaient être l’expression verbale de son énervement le plus profond ! D’un autre côté il se contentait juste de commenter ce qu’il venait de me faire car lorsque l’on compare la qualité de son travail avec ce que j’ai tout de même fini par payer il n’y a aucun doute possible, je me suis bien fait enculer !

Mais heureusement tous les commerçants ne sont pas aussi malhonnêtes et le lendemain je suis tombé sur une thaïlandaise particulièrement sympa lorsque je suis allé acheter mon billet de bus pour Chiang Rai, où je pars dimanche pour une mission de volontariat de 15 jours aux portes du Triangle d’Or. Et une fois cette dernière formalité remplie j’ai enfin pu commencer à préparer l’arrivée de Mançou.

La première de mes actions fut de lui faire une surprise en allant la chercher à l’aéroport. Je m’y suis donc rendu avec Rob, le slovaque rencontré un mois plus tôt et qui, complètement par hasard, était revenu le même jour que moi au HQ Hostel pour y passer sa dernière nuit en Thaïlande. Comme son avion décollait à 8h et que je devais être à l’aéroport à 8h30 nous avons partagé un taxi. Et là nous avons eu l’honneur, la chance et le privilège de tomber sur le chauffeur le plus drôle du monde. En fait une seule chose l’intéressait : le cul ! Il a donc passé une vingtaine de minutes à nous faire une description plus vraie que nature des spectacles de lady boys, des ping-pong shows, et des rapports sexuels entre clients occidentaux et prostituées locales, le tout accompagné de petits cris suraigus très réalistes, de bonds sur son siège et de mimes particulièrement réussis qui ne laissaient aucun doute quant à la nature des actes dont il parlait. Puis il nous a parlé pendant un petit moment du drame des Thaïs qui ont du mal à satisfaire leur partenaire à cause du manque de générosité de la nature envers leur anatomie, et de son copain black qui est apparemment une star auprès de la gente féminine locale, et pas uniquement pour la taille de son cerveau ! Je suis donc arrivé à l’aéroport avec un violent mal aux abdos causé par le fou rire que je me suis tapé pendant la totalité du trajet !

Puis j’ai attendu Mançou qui ne savait pas que je serais là. Je lui avais en effet dit que je l’attendrai à l’hôtel et elle ne s’attendait pas franchement à me trouver présent à sa sortie de l’avion. Mais ce qui est sûr et certain c’est qu’elle ne s’attendait pas à me trouver dans cet état là ! Car se contenter d’une surprise aussi banale que de se pointer à un aéroport où l’on n’est pas attendu manquait cruellement d’originalité et j’ai donc décidé de sortir l’artillerie lourde… Cela a commencé par un rasage splendide prévu depuis 3 semaines : pattes genre années 60 qui se prolongent en filet de barbe dans le plus pur style « chanteur R&B », bouc coupé en deux par un trou qui donnait un magnifique rendu de « guillemet capillaire » et moustache taillée finement dans le plus pur style mousquetaire homosexuel. Puis le déguisement fut agrémenté d’un palmier sur le sommet de mon crâne, d’une chemise ouverte jusqu’au nombril, de lunettes de soleil alors qu’il faisait nuit depuis au moins 3 heures et d’un splendide panneau d’accueil au nom de « Pitchooooune » décoré de petits cœurs, de pâquerettes, de signes peace & love, de petits nuages et de soleils… En fait nous avons depuis un certain nombre d’années un jeu qui consiste à nous infliger mutuellement les plus grosses hontes possibles en public et là, avec ma petite danse de pingouin qui était le bouquet final de ce feu d’artifice de conneries, je crois que je suis repassé devant dans le classement des plus belles enflures de l’année ! Et c’est accompagnée de ce monstre ambulant qu’elle a malheureusement eu le déshonneur de sortir dîner après avoir déposé ses affaires à l’hôtel. Mais avant cela je voulais absolument lui montrer l’atmosphère si particulière de Patpong et nous avons donc fait une petite balade au milieu des bars glauques et des racoleurs en tout genre. Mais c’est aussi ça le monde mon enfant ! Nous avons ensuite atterri dans un restaurant de sushi et nous avons enfin pu passer un bon moment à discuter et cela m’a fait incroyablement plaisir de retrouver à nouveau ma petite sœur un mois et demi après l’avoir laissé à Singapour. La solitude commençait tout juste à me peser et s’il y avait bien une personne que j’avais envie de voir pour discuter longuement et faire un point sur l’avancée de mes réflexions c’était elle. J’étais donc incroyablement heureux et j’ai vraiment passé une excellente soirée. Mais son GMAT étant le lendemain matin nous avons dû être raisonnables et mettre un terme à notre longue discussion un peu avant minuit.

La journée du jeudi fut donc logiquement organisée en fonction de cet examen que Mançou a brillamment réussi, obtenant un score de 630 qui lui permet de poser sa candidature pour des masters dans les meilleures écoles à la fois en France et à l’étranger. Notre grande activité post-GMAT a ainsi consisté à fêter cet événement, ce que nous avons fait dignement en nous rendant à RCA, une rue incroyable dans laquelle on trouve une dizaine de boîtes ultramodernes et très design, puis au Bed Supper Club, la boîte dans laquelle j’étais déjà allé lors de mon séjour précédent.

Et malgré cette folle « Bachelor Party » à la sauce thaïlandaise nous avons été plus qu’efficace le lendemain dans notre visite approfondie de la ville ! J’ai en fait joué mon guide touristique en emmenant Mançou sur tous les sites que j’avais découverts précédemment et que j’avais particulièrement appréciés. Nous avons ainsi commencé notre balade à Kao San Road où nous avons déjeuné dans un petit resto aux influences totalement occidentales, puis nous nous sommes rendus à pieds à Wat Po, ce temple splendide dans lequel on peut admirer un immense Bouddha couché, avant de nous perdre dans Bangkok par ma faute en cherchant Wat Arun, un autre temple pourtant situé le long du fleuve. Mais grâce à ma perte temporaire et totale de mon sens d’orientation nous avons échoué dans des rues typiques absolument pas destinées aux touristes, ce qui nous a permis de découvrir une facette différente de cette ville fascinante. Nous avons ensuite poursuivi notre promenade par une visite de la Golden Mountain sur laquelle se trouve un temple bouddhiste d’où la vue sur la capitale est magnifique, par une ballade en tuk-tuk qui nous a déposé au MBK Center, un centre commercial immense situé au milieu du quartier dans lequel on trouve un nombre hallucinant de malls en tout genre, et enfin par une longue marche à travers le parc qui nous a finalement amenés à l’hôtel où nous avons pu finir par goûter à un repos si mérité ! Mais la journée n’était pas finie pour autant et, plus motivés que jamais, nous avons décidé de ressortir. Mais juste pour prendre un verre car nous étions quand même un peu crevés ! Et là nous avons eu une idée qui s’est avérée être aussi géniale que payante : nous nous sommes rendus à la State Tower dont le bar en terrasse au 64ème étage est considéré comme étant l’un des 10 plus beaux « Roof Tops » du monde, et nous pouvons vous le confirmer, c’était absolument phénoménal. Les tarifs y sont un peu élevés mais le cadre est tellement sublime et la vue à couper le souffle que nous n’avons pas regretter un quart de seconde d’avoir opté pour cette solution luxueuse. Cette journée fut donc aussi pleine qu’exaltante, mais pourtant ce ne fut rien comparé à celle du lendemain qui restera l’une des meilleures de mon voyage.

Nous souhaitions en effet sortir un peu de Bangkok et Mançou avait entendu parler de balades à dos d’éléphants qui étaient organisées à l’extérieur de la ville. C’est la raison pour laquelle nous étions passés nous renseigner dans une agence de voyage lors de notre passage à Kao San Road la veille, et la gérante nous avait intelligemment aiguillés sur un tour incluant une telle expérience, mais également une visite du pont de la rivière Kwai et d’autres activités particulièrement originales. Nous nous sommes donc retrouvés samedi matin, à 7h, dans un bus qui nous a emmenés dans un premier temps dans un cimetière militaire dans lequel sont enterrés les soldats britanniques et néerlandais morts pendant la seconde guerre mondiale dans les camps japonais où ils avaient été faits prisonniers. Cette visite fut assez émouvante et nous a immédiatement plongés dans une ambiance particulière, empreinte des atrocités de la guerre et des horreurs subies par des soldats d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années envoyés au front dans ces régions hostiles. Puis la suite des découvertes culturelles fût plus légère car, même s’il ne faut pas oublier qu’il fut le théâtre de combats sanglants et meurtriers, c’est sur le pont de la rivière Kwai que nous sommes allés siffler, accompagnés d’un violoniste local qui remémore aux touristes qui l’auraient oublié l’air de la chanson phare d’un des films les plus connus de l’histoire du cinéma ! Cette journée incroyable s’est ensuite poursuivie par une ballade en train au milieu de paysages magnifiques de montagnes et de cours d’eau, puis nous avons remis notre costume de touristes de compèt’ en chevauchant des éléphants sur lesquels nous avons passé une petite demi-heure à nous promener au milieu d’une végétation excessivement sèche et dépouillée, apparemment victime d’incendies peu de temps auparavant. L’expérience fut amusante mais cet animal est en fait excessivement moche et le risque d’avoir le mal de mer, ou un mal comparable, est non négligeable donc heureusement que cela ne durait pas plus longtemps ! Ce fut ensuite successivement à bord d’une pirogue et d’une embarcation en bambou que nous avons pris place, et nous avons dérivé pendant un petit moment sur la rivière Kwai dont le courant est incroyablement puissant. Nous avons d’ailleurs failli faire un remake thaï de Titanic car notre skipper, âgé d’à peine une vingtaine d’années, a mal calculé l’une des trajectoires de notre embarcation et nous sommes violemment allé percuter le pilier d’un des ponts qui enjambent cette rivière. Heureusement le bambou est solide et nous avons pu rejoindre sain et sauf, et à peu près sec, la terre ferme ! Et cette journée s’est enfin achevée dans des cascades où nous avons fait un autre remake, mais cette fois-ci des pubs Ushuaia, en prenant une douche naturelle sous des litres d’eau qui tombaient le long d’une haute paroi rocheuse. Autant dire que cette journée fut absolument mémorable.

Mémorable mais aussi crevante donc la soirée fut cette fois-ci très calme. Après deux petits verres rapidement avalés dans l’ice bar maintenu à -5° du Titanium Club qui m’avait été recommandé par Pierre, mon oncle qui vit à New York, nous sommes donc ressortis de ce congélateur pour alcooliques et nous sommes partis dîner dans un petit resto typique, avant de finalement rejoindre notre hôtel et bénéficier d’un repos bien mérité.

Cette semaine fut donc étrange car mes expériences furent aussi nombreuses que variées, mais elle restera l’une des meilleures de celles que j’ai vécues jusqu’à présent. J’ai ainsi pu faire le plein de souvenirs et d’énergie, en grande partie grâce à Mançou, et je suis dans une forme olympique pour aborder mes 15 jours de bénévolat dans une tribu thaïlandaise installée aux portes du Triangle d’Or. Ca tombe bien car le travail va apparemment être physique car une partie de la mission consiste à aider les paysans locaux à récolter du riz… Mais je me suis renseigné sur l’agriculture locale et ce n’est pas franchement le riz qui me semble être le plus rentable donc j’attends avec impatience de voir si je vais ou non basculer dans quelques heures dans le monde merveilleux des narcotrafiquants ! C’est pourquoi je vais maintenant vous laisser pour me préparer psychologiquement à ce changement de vie radical !