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Inde - Brésil


Bombay – Rio de Janeiro : 13.323 km
Décalage horaire Bombay : + 4,5
Décalage horaire Rio : - 5
 

Sambaaaaaaaaaaa !!! Ca y est, après un peu plus de 4 mois passés en Océanie, en Asie du Sud-Est et en Inde j’arrive désormais à la moitié de mon tour du monde et c’est aujourd’hui au Brésil que j’attaque avec un moral gonflé à bloc la deuxième partie de ce voyage passionnant. A moi Copacabana, les cours de carioca, les caïpirinha sur la playa et autres mannequins en strings de bain avec plumes dans le cul d’apparat ! Je sais que je radote et que j’ai une fâcheuse tendance à le répéter plus que de raison, mais qu’est ce que je suis heureux en ce moment ! Avant de partir j’avais bien évidemment de nombreuses attentes concernant ce road trip international, je n’envisageais pourtant pas que tout puisse aussi bien se dérouler et je ne m’attendais pas à trouver dans cette aventure autant de motifs de satisfaction. Espérons maintenant que le continent sud-américain saura à son tour m’apporter son lot d’expériences aussi inédites qu’enrichissantes.

Mais avant de me poser sur le sol brésilien c’est à Bombay que j’ai achevé la première partie de ce périple, et là encore j’y ai trouvé mon compte en termes de dépaysement et de choc culturel. En effet, après ce mythique trajet en train au cours duquel j’ai eu l’occasion de traverser des bidonvilles dans lesquels des enfants de 3 ans jouaient en toute liberté sur des montagnes d’ordures malodorantes et où des adultes déféquaient joyeusement le long de la voie ferrée, j’ai fini par arriver dans la mégalopole côtière, vitrine de la richesse et de la classe à l’indienne. Malheureusement c’est aussi le paradis des embrouilles et des arnaqueurs, et je n’ai pas mis bien longtemps avant d’avoir la chance de m’en apercevoir. Tout a commencé dès ma sortie de la gare, lors de ma rencontre avec un enfoiré de chauffeur de taxi qui, à la fin d’une courte course, m’a soutiré une somme exorbitante, suffisante pour traverser le pays en train, en couple et en aller-retour ! Puis c’est au problème de l’hôtel que j’ai dû m’attaquer car les tarifs étant particulièrement élevés dans cette ville il m’a fallu galérer dans la rue pendant près d’une heure et demie, avec mes deux sacs et par une température proche de 40°, avant d’en trouver un convenable. Finalement c’est dans une espèce de dortoir miteux que j’ai échoué, avec douches communes dans lesquelles on pouvait déterminer le sexe de celui qui était passé juste avant soi grâce aux semences qui flottaient encore aux abords de la grille d’évacuation de l’eau, mais au moins ce paradis sur terre avait le mérite d’être tout à fait abordable et très bien placé ! Puis ce festival de découvertes aussi agréables que ragoûtantes s’est poursuivi lors de ma recherche d’un cybercafé, que j’ai fini par trouver au fond d’une impasse sombre dans laquelle il fallait enjamber des rats avant d’arriver dans une salle minuscule et mal aérée dans laquelle internet fonctionnait à la vitesse d’un étudiant alcoolique qui rentre chez lui en fin de soirée. Autant dire que mon premier contact avec Bombay ne fut pas des plus agréables et que ma perception de ses charmes et de ses atouts était légèrement biaisée par ce que je venais d’endurer en moins de 6 heures ! Je suis donc rapidement parti me coucher ce soir là, déterminé à attaquer ma journée du lendemain avec un esprit neuf et plus ouvert aux découvertes improbables.

Et heureusement car la journée allait commencer fort ! Il faut en effet savoir que suite aux attentats récents dont le pays a été victime la sécurité est une véritable priorité nationale en Inde, mais encore plus particulièrement dans cette ville. J’ai ainsi eu la chance de me faire fouiller à 8 heures du mat’ par un garde armé jusqu’aux dents lorsque j’ai voulu rentrer dans… un resto tout pourri dans lequel les plats difficilement comestibles étaient servis sur des tables branlantes recouvertes d’une toile cirée poisseuse ! Car il semble bien que le comble du chic pour les commerçants du coin soit de s’équiper d’un cow-boy à fusil qui a l’air de se demander autant que moi le pourquoi de sa présence. J’ai donc observé ce phénomène chez des marchands de tapis, dans des bars, des restaurants, des magasins de fringues ou, encore plus surprenant, dans une boulangerie. Dommage que l’on n’ait pas ça à Paris parce qu’on se sent vraiment VIP lorsque c’est sous le regard d’un mercenaire surarmé que l’on achète son croissant et sa baguette pour le petit déj’ !

Après cette nouvelle hallucination culturelle les choses ont fini par se calmer un peu et j’ai pu enfin commencer à profiter pleinement du potentiel touristique assez phénoménal dont bénéficie cette ville aussi étrange que fascinante. J’ai ainsi consacré une partie importante de ma journée à une longue balade le long de la mer, effectuée après être passé admirer « Gateway of India », l’arche mythique de Bombay à côté de laquelle était situé mon taudis. Cette marche bercée à la fois par les odeurs de la mer et par celles des ordures qui y sont déversées par tonnes par les locaux a fini par me mener dans un musée très intéressant consacré à l’œuvre de Gandhi. Les événements principaux de sa vie y sont décrits avec précision, ce qui m’a permis de beaucoup apprendre sur ce grand homme que je connaissais finalement très mal, et ce dans un cadre chargé d’histoire car il y a habité de 1917 à 1934. On peut d’ailleurs encore y voir la chambre qu’il occupait à l’époque et cela permet au visiteur de se plonger dans une ambiance très particulière, favorable à la compréhension de la mission dont ce leader naturel semblait habité. Mais la solennité de cette visite a pris un sacré coup dans l’aile lorsqu’un petit gros d’une douzaine d’années s’est mangé avec une violence inouïe une porte vitrée qu’il avait prise pour un espace vide, et ce devant le regard ahurie de sa petite sœur tout aussi grassouillette que lui ! Je n’ai évidemment pas pu m’empêcher d’éclater de rire devant ce tableau de famille si merveilleux et s’est encore secoué de spasmes que j’ai attaqué la fin de l’exposition, consacrée à l’assassinat du grand homme. Je suis vraiment désolé pour ce manque total de respect envers sa mémoire mais s’il avait vu cette petite boule de graisse s’encastrer de tout son poids dans cette paroi je suis sûr que même lui n’aurait pas pu se départir du fou rire dont j’ai été victime !

Le Dieu des petits gros devait tout de même veiller ce jour là sur la cible de mes moqueries car il l’a vengé en m’infligeant dans la foulée de nouvelles douleurs au niveau de l’estomac, et cela ne présageait malheureusement rien de bon quant au déroulement de la suite des événements. Mais quand on voyage, surtout seul, on apprend vite qu’il n’y a pas de problèmes mais uniquement des solutions. J’en ai donc trouvé une excellente et me rendant à l’Intercontinental, avec comme but avoué d’y prendre un café dans le bar de l’hôtel. Mais dès le seuil franchi je me suis dirigé vers les toilettes qui, comble du chic, avaient le mérite d’être à la fois propres et climatisées. J’ai donc décidé qu’à partir d’aujourd’hui je ne jetterai mes dévolus gastriques que sur des 5 étoiles. Et bah oui, quitte à être malade je ne vais pas en plus me faire chier ! Puis, bien sonné par la canicule et par ces petits pépins de santé je suis rentré me reposer, ne ressortant qu’en fin de journée pour aller au ciné où j’ai la chance de regarder un véritable navet dans une salle désespérément vide.

Ce n’est donc que mardi que j’ai vraiment exploré la ville de fond au comble, lors d’une promenade de près de 6 heures qui m’a amené dans des quartiers extrêmement variés, allant des zones populaires dans lesquelles les odeurs étaient tellement nauséabondes quej’en ai littéralement eu des haut-le-cœur, aux spots touristiques dans lesquels se concentrent des monuments magnifiques d’influence anglaise dont l’architecture fait partie des plus impressionnantes du monde. Je suis entre autres passé par la gare central qui est aujourd’hui classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO et par l’université de Bombay, qui n’a absolument rien à envier en terme de beauté à des universités américaines telles que Stanford ou Harvard. Cela m’a donc permis une fois encore d’être à la fois émerveillé et choqué par le paradoxe de l’Inde qui est vraiment capable du pire comme du meilleur dans le traitement de sa population, en fonction de son origine sociale. Le système de castes a encore de beaux jours devant lui !

C’est d’ailleurs ce que j’ai pu constater à nouveau mercredi matin lorsque je suis parti me perdre une dernière fois dans Bombay avant de partir prendre l’avion qui allait m’emmener loin de cette ville et de ce pays que j’ai très bizarrement à la fois adorés et détestés, et ce pour des raisons très difficilement descriptibles qui relèvent véritablement du domaine du ressenti personnel le plus profond. Cette dernière balade fut toutefois ponctuée d’une note très positive car, seulement quelques minutes avant de retourner récupérer mon sac à l’hôtel, je me suis fait aborder dans la rue par un représentant de Bollywood qui m’a proposé de jouer le lendemain dans une production locale ! Malheureusement j’ai du décliner cette offre alléchante en raison de mon départ imminent, mais c’est avec beaucoup de regret que je l’ai fait car j’aurais adoré lancer ma carrière de superstar internationale dans un film à l’eau de rose au scénario bancal. Je ne désespère toutefois pas complètement de crever un jour l’écran en occupant le rôle principal d’un futur hit du box office. C’est pourquoi j’en profite pour passer un message personnel à messieurs Luc Besson et Rocco Siffredi : à partir du 28 août je suis totalement dispo pour devenir la vedette de votre prochain long-métrage !

Mais aujourd’hui mon statut est celui de vagabond international et c’est donc à l’arrière d’un taxi complètement fou, qui roulait à près de 100 à l’heure sur le front de mer en zigzagant entre les voitures et en ne tenant son volant qu’à une main, que j’ai ensuite pris place pour me rendre à l’aéroport de Bombay. Et là ce fut le début du voyage le plus long de ma vie… Pour résumer en quelques chiffres j’ai eu le droit à : 42 heures de bonheur entre mon départ de l’hôtel et mon arrivée à Rio, 3 vols différents, une escale de 5 heures au Bahreïn, une de 7 heures à Londres, 7 films visionnés, une quantité hallucinante de plateaux repas ingurgités et pas une seule hôtesse de l’air sexy avec qui discuter ! Mais tout n’a pas été si horrible que ça car, sur les conseils de Sam, j’ai réussi à rentrer dans le lounge de l’aéroport du Bahreïn grâce à ma carte gold d’HSBC et à y bénéficier du traitement de faveur réservé aux voyageurs fortunés qui ne se déplacent qu’en business class. Du coup j’ai pu dîner gratuitement et y prendre le whisky coke qui a grandement facilité ma sieste lors du vol jusqu’à Londres, tout cela en bénéficiant du réseau wifi de l’endroit ! Malheureusement ma tentative de squattage en Angleterre fut moins couronnée de succès, ma chère banque n’y ayant apparemment pas de partenariat. Et cette fois-ci c’est donc en dormant comme un pouilleux sur un banc que j’ai passé le temps pendant près de 7 heures ! Puis ce fut l’arrivée à Rio, qui s’est d’ailleurs effectuée sans le moindre problème. Je stressais un peu à l’idée de ne pas trouver mon sac à la sortie de l’avions car après avoir embarqué à bord de trois avions différents et être passé par deux compagnies différentes je m’attendais vraiment à ce que mes affaires soient perdue un peu n’importe où dans le monde, mais il faut croire que la logistique d’acheminement des bagages s’est grandement améliorée au cours des dernières années car mon paquetage était bien présent sur le tapis devant lequel je l’attendais à ma sortie de l’appareil, sans pourtant trop y croire.

J’ai donc ensuite pu rapidement pu fouler le sol brésilien et c’est avec une joie immense que j’ai débarqué en Amérique du Sud, continent qui me fascine et m’attire depuis toujours. En plus j’ai eu une bonne surprise en arrivant car la météo était clémente et les conséquences des intempéries assez peu visibles. En effet, seulement quelques jours avant mon arrivée la ville avait été victime d’inondations exceptionnelles qui avaient fait plus de 200 morts, surtout dans les favelas dans lesquels les habitants des maisons construites illégalement à flanc de colline ont été emportés par des coulées de boue, et je m’attendais à trouver une région dévastée. Mais cela n’était pas absolument pas le cas et pour être honnête, si on ne m’avait pas prévenu de ces évènements je n’aurais probablement même pas remarqué qu’un drame s’était joué ici seulement quelques dizaines d’heures auparavant. Le taxi n’a donc eu aucun mal à avancer et, vers 22h30 heure locale, j’ai suis enfin arrivé chez Alfred, un français qui est en VIE chez Safran pendant un an et qui m’héberge très gentiment pendant mon séjour carioca. En plus il s’est montré absolument adorable depuis que je suis là donc je passe en ce moment un séjour parfait au pays du foot et de la fiesta ! Cela est d’autant plus sympa de sa part que nous nous connaissions jusqu’à présent finalement très mal car il s’agit en fait d’un ami d’Antonin, qui est lui-même un de mes amis de master à l’Essec. Nous ne nous étions donc vu que deux fois rapidement à Paris avant nos départs respectifs, et cette première soirée nous a permis de discuter un bon moment pour se connaître un peu mieux. Une fois que nous avons réalisé que nous avions une passion commune pour la fête, l’alcool, le soleil et la plage nous n’avons plus eu beaucoup de doutes quant au bon déroulement de ces quelques jours et ce bon pressentiment s’est effectivement rapidement transformé en très bon moment !

Tout a donc vraiment commencé le lendemain, après une bonne nuit de récupération, lorsque je suis allé faire une longue balade à Copacabana, pendant qu’Alfred devait de son côté régler des problèmes administratifs, apparemment encore plus lourds et plus nombreux qu’en France. Je ne savais pas que cela était possible ! Si j’ai choisi de commencer ma découverte de Rio par cette plage mythique, c’est qu’elle présente l’avantage de ne se trouver à vol d’oiseau qu’à une soixantaine de mètres de l’appart’ dans lequel je vis à l’heure actuelle. Et oui, je sais, je sais, je suis vraiment un salaud ! J’ai donc marché pendant une bonne heure sur une promenade assez déserte à cause de la météo actuelle, caractérisée par un froid tout à fait relatif, qui pousse les habitants de la ville à se terrer chez eux en attendant le retour du soleil et des fortes chaleurs. Les seuls vraiment de sortie étaient les surfeurs qui profitaient des creux de 3 ou 4 mètres pour s’offrir leur dose de sensation forte. Je les ai donc admiré un bon moment avant de rentrer me reposer pour me remettre une bonne fois pour toute de mon long périple de la veille. L’objectif était de me permettre d’être suffisamment en forme le soir même pour envisager de découvrir avec Alfred les joies de Rio by night et, finalement suffisamment remis, c’est ce que nous avons fait pour mon plus grand plaisir.

Nous avons donc commencé par un dîner dans un restaurant typiquement brésilien en commandant une feijoada, un plat local à base de riz, de viande et de haricots, que nous avons joyeusement arrosé de caïpirhina. Idéal pour attaquer une longue nuit de fiesta ! Puis nous avons bougé dans le quartier d’Ipanema, l’un des plus chics de la ville, pour prendre un verre dans un bar essentiellement squatté par des mannequins, avant de nous diriger vers La Pa, une partie beaucoup plus populaire dans laquelle on peut découvrir la véritable vie nocturne carioca. C’est donc dans une ambiance incroyable, mais apparemment beaucoup moins folle que d’habitude à cause de la pluie qui s’était remise à tomber, que nous avons fait une tournée des bars jusqu’à 3h30, avant de rentrer sagement mettre la viande dans le torchon pour être en mesure de profiter au moins un peu de la journée du lendemain !
                                          
                                                                                
Le samedi fut d’ailleurs très agréable car, remis des émotions de la veille, nous avons décidé de nous livrer juste après le déjeuner à une activité typiquement locale : la bronzette sur la playa ! Mais nous n’avons pas pour autant été complètement oisifs car nous avons embarqué avec nous le bodyboard qu’Alfred possède depuis son arrivée ici et nous avons passé un bon moment à jouer dans les vagues qui s’étaient bien calmées depuis la veille. C’est donc dans une eau à 28° que j’ai passé plusieurs heures, profitant à fond de la vue splendide sur la baie dont je bénéficiais depuis mon terrain de jeu aquatique. Puis la journée s’est achevée par une balade dans le quartier de Copacabana avant de rentrer nous préparer pour la soirée du jour qui s’annonçait aussi chargée que celle de la veille ! C’est en effet dans une boîte située à Leblon, un autre quartier friqué de Rio, que nous avons rejoint un certain nombre d’amis de mon hôte pour l’anniversaire d’un Brésilien. J’ai donc eu l’occasion de découvrir à cette occasion encore une autre facette de la vie nocturne locale, et le moins que l’on puisse dire c’est que je n’ai pas une difficulté folle à m’adapter à cette partie du mode de vie local ! Et c’est finalement par une promenade le long de la plage d’Ipanema, qui présente l’avantage de ne pas connaître la même insécurité que celle dont est victime Copacabana dès la tombée de la nuit, que nous avons achevé vers 5h cette soirée particulièrement agréable.

C’est donc avec un grand sourire aux lèvres que je termine le récit de ses derniers jours, car j’ai trouvé jusqu’à présent au Brésil exactement ce que j’étais venu y chercher, à savoir une ambiance de feu et des personnes aussi chaleureuses qu’accueillantes. Je ne me fais ainsi aucun souci quant au fait que la suite des événements va être aussi agréable à vivre et que Sao Paulo, où je pars lundi matin, sera une ville qui saura elle aussi me combler sur les plans des rencontres inédites et des expériences uniques. Bon allez, l’envie de réenfiler mon maillot de bain et de courir à la plage est trop forte donc je vous laisse m’insulter en paix et vous dit à la semaine prochaine !