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Colombie - Mexique

 
Taganga – Santa Marta : 2 km
Santa Marta – Bogota : 738 km
Bogota – Cancun : 2297 km
Décalage horaire : -7


C’est exceptionnel, ma vie est tellement parfaite en ce moment que j’en suis arrivé à un point où je réalise l’exploit de m’auto-rendre jaloux ! C'est-à-dire que je me réveille le matin et que je me dis « franchement je donnerais cher pour pouvoir être à ma place et partager avec moi-même les expériences incroyables que je multiplie »… Euh, attendez deux secondes, c’est moi ou cette réflexion est particulièrement con… ? Et oui c’est très con mais je m’en fous complètement car je suis véritablement épanoui. Et quand on y réfléchit un minimum ne vaut-il finalement pas mieux être un imbécile heureux qu’un intello dépressif ?! En tout cas moi c’est le choix que j’ai fait et ce n’est pas cette semaine encore parfaitement réussie qui aurait pu me faire basculer du côté obscur de la dépression, car c’est bien dans des cadres idylliques que j’ai encore promené mon sourire niais d’homme comblé pendant les quelques jours qui viennent de s’écouler. Entre les plages des Caraïbes, la ville mythique de Bogota et la légendaire cité balnéaire mexicaine connue internationalement sous le doux nom exotique de Cancun, j’en ai encore une fois pris plein les yeux et cela a eu un effet plus que bénéfique sur mon moral qui était pourtant déjà au beau fixe !

Et c’est donc bien sur le rivage de la côte nord de la Colombie, où je vous avais laissés dimanche dernier, que j’ai attaqué cette nouvelle semaine de bonheur. Après mes émotions connues au cours des jours précédents j’avais cette fois-ci envie de me poser un peu et de souffler dans un cadre aussi calme que splendide, raison pour laquelle j’ai commencé cette nouvelle période en profitant tranquillement des charmes de la piscine de mon hôtel et du confort des hamacs qui étaient installés dans un patio abrité du soleil par un toit en feuilles de palmiers séchées. Ces quelques heures d’oisiveté, parfaitement appréciées à leur juste valeur, ont en plus eu le mérite de me permettre de refaire le plein d’énergie. Du coup, alors que je n’avais pas prévu de ressortir ce soir là, Nir l’Israélien a utiliser l’argument de mon état de forme apparemment excellent pour me convaincre de l’accompagner dans une nouvelle virée nocturne. Et je n’ai pas été déçu du voyage car, encore une fois, j’ai eu affaire à la police locale… Mais cette fois-ci je n’y étais absolument pour rien du tout, je vous le jure Monsieur le Juge ! Ce qui s’est en fait passé c’est qu’au milieu de la soirée la musique a été coupée, les lumières ont été rallumées, et 7 ou 8 flics ont débarqués simultanément sur le dance floor pour fouiller  tous les hommes présents dans la salle. Ce que nous avons appris par la suite, par une serveuse avec laquelle le Don Juan de Tel-Aviv avait « sympathisé », c’est qu’ils étaient à la recherche de drogue, car s’ils arrivent à coincer un touriste en possession de substances illicites ils l’emmènent au distributeur le plus proche et lui propose de retirer la somme maximale en échange de l’abandon des poursuites judiciaires. Un moyen astucieux de récolter 600$ dans la soirée, mais il s’agit tout de même d’une preuve du fait que la Colombie est encore un pays à problèmes dans lequel la corruption, souvent signe d’instabilité politique et d’insécurité réelle, est à l’heure actuelle un véritable fléau. Mais n’ayant cette fois-ci rien trouvé d’illégal sur qui que ce soit, la bande de racailles en uniforme a rapidement mis les voiles et la soirée a pu reprendre comme si rien ne s’était passé.

Cette intervention, finalement pas totalement dénuée d’intérêt en raison du caractère culturelle qu’elle revêtait, a surtout marqué la fin de mes activités passionnantes à Taganga. En effet, la journée suivante a surtout été occupée par une longue balade tranquille sur les bords de la mer des Caraïbes, au milieu des rochers, des falaises et des cactus géants, et le moment fort de celle du mardi a été mon départ pour Santa Marta, ville située à seulement quelques kilomètres de là. Mais lorsque je parle de « moment fort » je m’enflamme en fait un peu car c’est dans un hôtel sordide dont les chambres de 4 ou 5 m² ne disposaient pas de fenêtre que j’ai débarqué, et c’est ensuite dans un centre-ville assez banal qui ne se caractérisait clairement ni par son charme ni par son originalité que j’ai marché pendant un bon moment. Donc autant dire que je n’ai pas pleuré lorsque je suis parti le lendemain matin à l’aéroport pour prendre mon vol pour Bogota !

Et là, à mon arrivée dans la capitale colombienne, les choses ont pris une tournure totalement différente car c’est dans une ville fascinante à mes yeux que j’ai atterri, et plus précisément dans une auberge de rêve créée dans une grande maison de caractère avec jardin, tenue par des gens adorables qui avaient un véritable sens à la fois du service et de la propreté. Mais comme je ne bénéficiais que de deux jours avant de m’envoler vers d’autres cieux, je n’ai profité que rapidement des atouts de ma nouvelle demeure. En effet, seulement quelques minutes après avoir posé mes bagages je suis ressorti pour me rendre dans le quartier chic de la ville surnommé la Zona Rosa. Pour cela j’ai du traverser le quartier d’affaires et c’est là que j’ai eu mon premier choc, au sens positif du terme. Car les quelques personnes que je connaissais qui s’étaient rendues dans cette métropole m’avaient toutes dépeint un tableau assez peu flatteur, insistant sur la laideur des lieux et sur le mauvais souvenir qu’elles gardaient de leur passage ici. Personnellement je dois avoir le cerveau monté à l’envers car j’ai beaucoup apprécié ces hautes tours modernes aux façades en brique et au style architectural relativement classique ! Mais c’est surtout lorsque je suis arrivé dans la Zona Rosa à proprement parler que j’ai eu un véritable coup de cœur car on y trouve, au milieu des enseignes de luxe, des restaurants ultra-chicos et des bars résolument branchés, de charmantes petites maisons qui rappellent celles que l’on pourrait trouver dans certaines villes d’Angleterre. Un petit côté classe et british au milieu d’un environnement de strass et de paillettes : exactement tout ce que j’aime !

Malheureusement je n’ai pas pu m’éterniser cet après-midi là dans ce quartier car j’avais d’autres projets bien plus excitants… La préparation de ma tenue pour la soirée du 14 juillet à l’ambassade !

Enfin… pour la soirée à laquelle j’allais tenter de me rendre… Car l’idée de participer à cette petite sauterie avait germé dans mon esprit il y a déjà un bon moment et j’avais du coup tenté de m’organiser à l’avance en écrivant à nos chers amis de l’administration française délocalisés en Colombie pour leur demander l’autorisation de venir m’envoyer des petits fours et des flûtes de champagne aux frais de la princesse, ou plutôt du contribuable… donc à vos frais en fait ! Mais voici l’échange de mails qui a fait suite à ma demande, pourtant si poliment formulée :


-    « Madame, Monsieur,
 
Je me permets de vous contacter car je suis un citoyen français qui, dans le cadre de son tour du monde de 9 mois, sera de passage à Bogota le 14 juillet 2010. Je souhaitais donc vous demander l'autorisation de me rendre à la réception qui sera donnée à l'ambassade à l'occasion de la fête nationale. Mon nom est Louis-Florent Dyèvre et je serais vraiment honoré de pouvoir participer à cette célébration en compagnie des représentants de l'état Français en Colombie.
 
Je vous remercie par avance de votre aide et de votre réponse.»

-    « Bonjour,
 
Nous regrettons ne pas pouvoir donner de suite favorable à votre demande. Seul les personnes qui ont reçu un carton d'invitation pourront assister à la réception du 14 juillet.»

-    « Madame, Monsieur,
Je comprends votre réponse mais c´est justement en raison du fait que je ne suis pas résident en Colombie, et que par conséquent que je n´ai pas pu recevoir de carton d´invitation, que je vous ai formulé cette demande.
 Etant un ressortissant francais présent a Bogota le jour de la fête nationale pouvez vous s´il vous plait m´ajouter sur les listes afin que je puisse participer a la réception qui sera organisée a l´occasion du 14 juillet ?
Je vous remercie par avance pour votre aide. »

-    « Bonjour,
Depuis quelques années et suite aux raisons budgétaires,  les français ne sont pas invités automatiquement à la réception du 14 juillet. »

-    « Madame, Monsieur,
 
Je comprends parfaitement votre position mais, ayant pris spécialement mon billet de départ le 16 juillet pour pouvoir maximiser mes chances de me rendre a cette réception, je sollicite votre gentillesse et votre compréhension pour me permettre de me joindre a vous le 14 juillet. Voyageant seul, et ne demandant donc un carton que pour une personne, je pense que l´impact budgétaire ne devrait pas être trop important !
 
Merci d´avance et j´espère donc a bientôt. »

-    « Je regrette ne pas pouvoir donner une suite favorable à votre demande. Je ne suis pas en mesure de vous envoyer un carton d'invitation. »
   
-    « Ce mail sera mon dernier si votre position est vraiment définitive mais sincèrement je ne comprends pas que vous refusiez a un jeune diplômé d´école de commerce, voyageant seul et tentant de représenter au mieux la France a l´international depuis plus de 6 mois l´opportunité de retrouver un peu de son pays l´espace d une soirée, surtout a l´occasion de la fête nationale. Nous serions aux Etats-Unis ou en Angleterre je comprendrais que le nombre de ressortissants soit prohibitif pour inviter tout le monde, mais là je pense que le nombre de demandes similaires à la mienne ne doit pas être suffisamment élevé pour qu´un refus de votre part soit systématique.
 
Je vous renouvelle donc ma demande une dernière fois, en espérant cette fois-ci que votre réponse sera positive. »


Et, conformément à ce que j’envisageais, cette dernière tentative de ma part a été infructueuse car elle est resté lettre morte auprès de la si charmante et si agréable personne avec laquelle j’ai eu l’honneur d’échanger ces courriers si sympathiques et si chaleureux. Mais après tous les efforts que j’avais fourni pour tenter de m’incruster à cette petite fiesta entre Frenchies ce n’était pas ce énième refus qui allait définitivement anéantir tous mes espoirs de me remplir gratuitement la panse et j’ai décidé de tenter ma chance en me présentant malgré tout à la porte de l’ambassade.

Pour cela je suis donc repassé à l’auberge afin d’enfiler mon costard et de me parer de ma splendide cravate rose, que je me trimballe depuis le début de mon voyage justement pour ce genre d’occasions spéciales, et c’est déguisé en jeune cadre dynamique que je me suis mis en route vers l’inconnu. Et c’est d’ailleurs le ventre plein que j’ai effectué ce trajet car, avant de me transformer en prince charmant (s’il y en a UN SEUL qui se marre en lisant ça je reviens spécialement en France pour lui botter le cul personnellement, car oui je peux être un prince charmant… Je le sais puisque ma maman m’a toujours dit que j’étais très beau !) j’ai eu l’occasion de participer à l’un des dîners les plus improbables de ma vie. C’est en effet en compagnie d’un Singapourien complètement azimuté qui n’était là que pour s’entraîner à la course à pied en altitude, Bogota se situant à 2600 mètres au dessus du niveau de la mer, et d’un musicien Vénézuélien venu en Colombie pour promouvoir son groupe de rock alternatif, tous les deux rencontrés à mon hôtel, que j’ai eu l’occasion de partager un poulet avant de partir. Et comble du spectacle, au sens propre comme figuré, l’Asiatique homophobe qui m’a demandé où il devait aller courir dans San Francisco, où il sera deux semaines, afin de ne pas croiser d’homos (il est mal barré le garçon parce que s’il a du mal avec nos amis gays là il ne va pas être déçu du voyage !) a décidé en plein milieu du repas de nous faire un spectacle de magie, art grâce auquel il arrondit ses fins de mois dans son pays d’origine… Définitivement complètement improbable ce dîner !

C’est donc repu et mort de rire suite à cette nouvelle expérience irréelle que je me suis mis en route tout seul, à pied et de nuit, pour l’ambassade dans laquelle je comptais bien pénétrer. Mais ce trajet m’a rapidement fait perdre le sourire car c’est dans des rues assez mal éclairées et quasiment totalement désertes que j’ai marché pendant près de trois-quarts d’heure en ne faisant pas, mais alors pas du tout le malin. Je crois que rarement j’avais ressenti un malaise aussi fort et éprouvé un tel sentiment d’insécurité. Je me suis donc appliqué à respecter à la lettre toutes les règles de sécurité de base et s’est après avoir avancé en m’étant tenu à une distance raisonnable de la chaussée afin de limiter les risques d’enlèvement par les occupants d’une voiture susceptible de s’arrêter à ma hauteur, en ayant évité de répondre aux personnes « suspectes » qui ont tenté de m’aborder, en ayant changé de trottoir à la recherche de lumière à chaque fois que je passais à proximité d’un parc mal éclairé, ou encore en ayant gardé bien au fond de mes poches tout objet un tant soit peu précieux qui aurait pu susciter la convoitise chez certains, que je suis arrivé à destination. Et là grosse surprise : il ne s’y passait absolument rien. Rien, nada, walou, que dalle, circulez y a rien à voir ! Et oui, aussi conceptuel que cela puisse paraître la fameuse soirée de l’ambassade à Bogota n’a pas lieu dans l’ambassade ! D’un autre côté quand on voit la tête du bâtiment, architecturalement plus proche du centre pénitentiaire haute sécurité que d’une belle propriété fleurie dans laquelle on aurait envie d’accueillir les Grands de ce monde, ou tout du moins de ce pays, on comprend aisément qu’un autre lieu ait été choisi pour y faire la fête. Mais du coup moi je me suis retrouvé tout seul comme un couillon en costard-cravate devant le drapeau français et j’ai été contraint de faire rapidement demi-tour pour rejoindre, cette fois-ci en taxi, mon lit douillet que j’ai malgré tout retrouvé avec grand plaisir !

C’est ainsi en pleine forme, après une bonne nuit de sommeil, que je me suis réveillé jeudi matin et que je suis rapidement mis en route pour le centre historique que je voulais absolument découvrir avant de repartir le lendemain. Malheureusement j’ai été très déçu par ce que j’y ai trouvé car, en dehors d’une splendide cathédrale et de quelques bâtiments historiques qui ont vraiment du cachet, le reste de ce quartier est tout gris et particulièrement moche. Mais cette balade a tout de même été agréable car sur la route que j’ai empruntée pour me rendre dans ce coin si laid j’ai traversé des zones résidentielles constituées de beaux immeubles en brique, matériau extrêmement fréquemment utilisé dans les constructions du centre de Bogota, qui ressemblent beaucoup à ceux que l’on peut trouver dans certains quartiers de Londres. Ca vaut bien le coup de venir risquer de passer 5 ans en tête-à-tête avec les FARC dans la jungle pour retrouver ce que l’on a à 2h15 d’Eurostar de chez nous ! Mais ce qu’ils n’ont en revanche pas de l’autre côté de la Manche c’est ce nombre impressionnant de militaires et de policiers dans la rue, quasiment un à chaque carrefour, eux aussi témoins des conditions encore précaires de sécurité qui règnent dans ce pays.

Les risques, quels qu’ils soient, sont toutefois quasiment nuls lorsque l’on se promène de jour et c’est donc à pied que je me suis attaqué aux quelques kilomètres qui me séparaient de l’hôtel dans lequel j’avais pris mes quartiers. Et ce choix fut excellent car sur le chemin je suis passé devant le Museo Nacional, dans lequel je suis rentré avec l’intention d’y faire un tour rapide et où j’ai finalement passé un long moment. J’ai en effet adoré cette petite halte culturelle car ce lieu, qui présente un véritable intérêt plus pour son architecture que pour ses collections, est tout de même garni de certaines pièces d’une beauté exceptionnelle. La Colombie étant particulièrement réputée pour son orfèvrerie on y trouve donc de splendides objets en or, mais aussi des tableaux de Bottero ou des collections d’armes médiévales qui valent vraiment le coup d’être admirés. Et cette visite m’a surtout rappelé à quel point j’adore l’ambiance qui règne dans les musées et m’a fait réaliser à quel point je regrettais de ne pas en avoir visité plus pendant mon tour du monde… Tant pis, ça sera pour le prochain ! Puis j’ai poursuivi et achevé cette journée dans la Zona Rosa, dans laquelle j’avais tenu à retourner, et plus particulièrement dans un centre commercial de luxe ultramoderne qui s’y trouve, car je me suis fait surprendre par un violent orage qui m’a contraint à m’abriter pendant une bonne heure dans cet antre du cher, du beau et du superficiel.

Ce n’est donc que le lendemain matin, après une dernière soirée passée à l’hôtel coincé par le mauvais temps, que j’ai encore une fois repris mon sac et que j’ai été accompagné à l’aéroport par un chauffeur-pilote-jacky qui avait totalement tuné son taxi et qui semblait extrêmement fier de son système audio à vous péter les tympans, de ses jantes alu, de ses néons bleus qui ne servent à rien et de son volant rallye d’un chic assez douteux ! Mais il a eu le mérite de me mener à bon port et c’est finalement la seule chose que lui demandais ! En revanche, ce que je n’avais pas demandé c’était qu’on me réserve une surprise à mon arrivée au guichet de la compagnie aérienne. Et je me serais bien passé de celle qu’ils m’avaient préparée : une petite taxounette d’aéroport de 34$, juste comme ça pour le plaisir, à payer en complément de celle déjà comprise dans le billet d’avion. Bah oui, pourquoi pas, vous en avez d’autres comme ça ? Et sinon tu veux aussi que je paye pour la nouvelle toiture de ta maison ou c’est bon je peux enfin remonter mon pantalon et partir me faire racketter dans un autre pays ?! Mais à part ça tout s’est bien passé et le vol a été très calme.

C’est en revanche l’arrivée qui l’a été beaucoup moins. D’un autre côté, lorsque l’on arrive au Mexique en provenance de Colombie il faut s’attendre à subir quelques contrôles assez poussés ! C’est donc bien évidemment ce qui a été le cas et, après avoir passé la douane, j’ai dû attendre ½ heure qu’un chien policier ait reniflé TOUS les bagages de l’avion avant de pouvoir récupérer le mien, puis une nouvelle ½ heure avant de pouvoir faire passer mon sac à dos aux rayons X pour voir si je ne débarquais pas dans le pays avec une tronçonneuse ou un lance-roquette. Mais il est toutefois malvenu de ma part de me plaindre car, après ce point de contrôle, il est obligatoire d’appuyer sur un bouton qui allume une lumière soit rouge soit verte déterminant si vous avez remporté le jackpot en gagnant une fouille manuelle complète de vos affaires, et miracle je n’ai pas été sélectionné donc je devrais plutôt m’estimer heureux !

Et c’est ainsi plus d’une heure et demie après être sorti de l’avion que j’ai pris place à bord du minibus qui m’a emmené dans le centre de Cancun dans lequel j’avais opté pour un petit établissement sans prétention qui avait le mérite d’être tout à fait abordable. Beaucoup plus compatible avec mon pouvoir d’achat de chômeur désormais bien bien en fin de droit que les resorts de luxe que j’ai pu observer par centaines le long de la route qui relie l’aéroport au cœur de la ville. Car c’est en effet par la gigantesque zone touristique si réputée, qui longe la côte sur des kilomètres, que nous sommes passés pour rejoindre notre destination finale. Et là j’ai littéralement buggé : j’étais scotché à la vitre, le regard vide et la langue pendante devant ce spectacle hallucinant ! Pour que vous ayez une idée du tableau il faut que vous imaginiez une quinzaine de kilomètres de routes bordées d’hôtels 5* tous plus stylés, massifs et impressionnants les uns que les autres, de boîtes de nuits à la déco bien soignée, et de centres commerciaux dans lesquels se concentrent essentiellement des boutiques de luxe destinées aux riches vacanciers venus se faire cramer la couenne pendant quelques jours sur les plages de sable blanc du Mexique. En gros, pour ceux qui ont un compte en banque aussi plein que le mien est vide, Cancun est un peu un Disneyland géant pour adultes ! Et c’est d’ailleurs le sentiment que j’ai eu moi-même dès le premier soir, lorsque je suis sorti en boîte avec deux Argentines rencontrées quelques heures auparavant. Tout y est fait pour que le client s’amuse, mais surtout consomme, et pour cela les gérants de clubs n’hésitent pas à mettre le paquet sur les animations et sur les spectacles en tout genre qui s’enchaînent à un rythme effréné tout au long de la soirée, devant une foule en délire alcoolisée à souhait. Que ceux qui avaient un doute se rassurent, la réputation nocturne de Cancun est loin d’être usurpée… c’est vraiment un immense n’importenawak ici ! Et quand on pense que c’est cette vision totalement édulcorée que les Mexicains, en tous cas ceux de la région du Yucatan, ont des Etats-Unis… Tu m’étonnes qu’ils soient prêts à prendre des risques inconsidérés pour franchir la frontière et partir tenter le rêve américain !

Mais la folie ambiante au cours de cette soirée ne m’a pas permis de pouvoir vraiment observer avec attention ce quartier totalement artificiel, c’est la raison pour laquelle je suis revenu le lendemain, parcourant à pied les 10 kilomètres qui me séparaient de cet eldorado pour nouveaux riches, et que j’ai pu contempler toutes ces constructions, témoins modernes de la folie des grandeurs qui habite les promoteurs mégalos qui ruinent avec leurs projets complètement fous la beauté de cette côte autrefois sauvage.

C’est donc dans ce temple à ciel ouvert du paraître et de l’apparence, à mes yeux extrêmement intéressant à découvrir, que je termine cette semaine particulièrement agréable, mais  je lève à nouveau le camp dès aujourd´hui pour partir vers des contrées moins touristiques et moins fréquentées. Et oui, il faut que je parte au plus vite car sinon vous allez me retrouver dans quelques semaines en blonde décolorée, avec des implants mammaires et un chihuahua dans les bras donc, je vous assure, il vaut mieux pour tout le monde que je décampe aussi rapidement que possible !