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 Colombie


Leticia – Carthagène : 1737 km
Carthagène – Taganga : 172 km
Décalage horaire : -7


Est-ce que cela existe l’overdose de bonheur visuel ?! Si c’est le cas je tiens à vous prévenir que je suis clairement mal car je risque à tout moment de perdre la vue, et ce à partir de tout de suite maintenant ! J’en ai en effet encore pris plein les yeux cette semaine, la Colombie regorgeant de trésors naturels et architecturaux inestimables. Comme à chaque fois je vais bien évidemment revenir en détails sur les différentes merveilles que j’ai eu l’occasion d’admirer, mais commençons tout d’abord par vous mettre rapidement l’eau à la bouche en décrivant brièvement mon programme depuis dimanche dernier : j’ai donc pu en quelques jours seulement (7 exactement car aux dernières nouvelles c’est toujours le nombre de jours que compte une semaine !) pousser un peu plus loin ma découverte de Leticia, déambuler dans les ruelles colorées des remparts de Carthagène et poser mon corps désormais légèrement remplumé sur les plages de Taganga, un village de pêcheurs situé sur les bords de la côte des Caraïbes, au nord de ce pays si réputé pour son café et ses villages-clubs en bois exotique animés par des guérilleros armés jusqu’aux dents ! C’est bon, vous voyez grosso merdo l’image globale qui se dégage de ce tableau idyllique… ? Donc on accroche sa ceinture et on est parti pour un nouveau chapitre qui devrait vous apporter la petite dose de dépaysement qui fait plutôt pas mal rêver !

Mais tout a malgré tout commencé relativement tranquillement car c’est par un temps exécrable, qui a considérablement limité le champ des possibles au cours de la journée de dimanche, que j’ai attaqué cette seconde semaine colombienne. J’ai en effet connu à Leticia un orage tropical d’une intensité exceptionnelle, au cours duquel quasiment 20 centimètres de pluie sont tombés en moins d’1/2 heure à l’heure du déjeuner. Je me suis donc réfugié dans un restaurant où j’en ai profité pour déguster un poisson délicieux, tout en profitant de ma confortable position pour observer avec un sourire sadique les motards qui luttaient comme de beaux diables avec leurs machines pour rester péniblement en équilibre malgré les torrents de boue qui avaient tendance à les déporter sur le côté de la chaussée. Puis, profitant d’une accalmie, j’ai couru jusqu’à mon hôtel où je me suis confortablement installé dans un hamac dans lequel j’ai passé le reste de la journée à bouquiner. Quitte à ne pas pouvoir se promener autant se culturer un peu !

Heureusement la météo a été plus clémente le lundi matin et j’ai ainsi pu approfondir ma connaissance de cette ville atypique perdue dans le fin fond de la jungle colombienne. Pour cela je suis parti équipé de mes tongs de rando, qui m’auront permis d’effectuer un nombre incalculable de kilomètres à pieds depuis le début de ce voyage, et je suis allé me perdre pendant plusieurs heures dans la campagne environnante, suivant des routes bordées d’arbres tropicaux dont la verdure contrastait totalement avec la chaleur exceptionnelle qui régnait ce jour-là. Mais cette balade a en fait bien failli tourner court avant même d’avoir réellement commencée, car c’est en cellule que j’ai bien cru poursuivre ma découverte de ce charmant pays ! En effet, alors que je traversais la ville pour en atteindre ses limites et sortir de l’agglomération, j’ai eu l’idée moyennement judicieuse de prendre le commissariat central en photos, ce qui n’a pas semblé être du goût du flic de service qui m’est tombé dessus avec un ton et un air aussi menaçant que celui qu’il aurait employé si j’avais été en train de vendre sous ses yeux de la coke aux repris de justice qui sortaient de garde-à-vue. Mais lorsqu’il a compris que je n’étais qu’un pauvre touriste français qui trouvait rigolo d’immortaliser son passage devant le « Departemento de Policia Amazonas » (bah oui, désolé, on s’amuse comme on peut quand on est perdu tout seul dans le trou du cul du monde !), il a eu l’air assez gêné, se demandant certainement s’il n’allait pas frôler l’incident diplomatique en procédant à une arrestation motivée par une simple prise de photo d’un bâtiment, certes d’Etat, mais dont au final tout le monde se fout. Il m’a donc laissé partir, en me demandant tout de même de filer rapidos, et j’ai alors réalisé quelque chose de hautement philosophique : c’est quand même bon d’être en possession d’un passeport visé par Tonton Sarko ! Puis, après cette petite frayeur et la grande promenade qui s’en est suivi, je suis rentré tranquillement dans le centre, mon appareil-photo bien au chaud dans ma poche, et je me suis rendu dans un cybercafé où j’ai préparé mon second entretien pour le poste qui me fait tant rêver à Paris, car celui-ci était planifié pour le mercredi matin. Et oui, mon retour arrive maintenant à grands pas et j’essaye dès maintenant de le préparer au mieux pour que l’atterrissage après 9 mois de vagabondage international soit le moins rude possible. Je vais de toute façon prendre très cher donc autant mettre toutes les chances de mon côté pour que tout se passe dans les meilleures conditions !

Et ce n’est ensuite que mardi que je suis finalement parti de cette région aussi belle qu’hostile, grâce à un avion qui m’a emmené à Bogota, où j’ai changé d’appareil pour me rendre dans la foulée jusqu’à Carthagène. Pour me rendre à l’aéroport il a bien évidemment fallu que je prenne un taxi, et cette activité pourtant normalement dénuée du moindre intérêt m’a cette fois-ci permis de faire une seconde découverte intéressante (deux en une semaine, je suis en train de pulvériser mon record !) : il faut absolument que je m’améliore considérablement en espagnol ! En effet, j’ai effectué de gros progrès depuis mon arrivée en Amérique du Sud (ce qui n’est pas franchement un exploit dans la mesure où je partais de zéro) mais j’ai encore parfois un peu de mal à comprendre ce qu’on me raconte. Du coup je me suis retrouvé comme un couillon à effectuer la négociation la plus aberrante du monde en tentant de convaincre un chauffeur de taxi de descendre à 10.000 pesos le prix de la course que j’avais compris être à 17.000, alors que ce dernier m’avait dès le départ annoncé un montant de 7.000 pesos ! Je pense qu’il sera inutile de préciser que ce brave homme m’a regardé pendant tout mon plaidoyer avec un regard étrange, se demandant si je me foutais ouvertement de lui ou si j’étais tout simplement complètement con. Malheureusement pour moi il s’agissait en l’occurrence de la seconde option. Il va donc falloir que je fasse rapidement des efforts pour comprendre un peu mieux la langue de nos chers voisins Espagnols si je ne veux pas me ruiner dans les semaines à venir en négociations infructueuses, tous mes interlocuteurs n’e s’apprêtant pas à être aussi honnêtes que ce chauffeur qui s’est battu avec moi pour ne pas me faire payer le prix que je réclamais !

Cette mésaventure fut ainsi ma dernière dans le sud du pays et c’est envahi d’un légitime sentiment de honte que je me suis immédiatement après envolé pour la côte des Caraïbes, suivant un plan de vol cette fois-ci beaucoup plus cohérent que celui que j’avais connu la semaine précédente car, comme je le disais précédemment, je n’ai eu qu’une escale de 4 heures à Bogota qui est effectivement sur la route. Cela m’a donc permis d’arriver le soir même dans la célèbre ville fortifiée, fleuron du patrimoine historique et touristique colombien. Et après quelques jours passés au milieu de nulle part j’étais surtout ravi de retrouver la civilisation et de pouvoir regoûter aux joies de ce que j’appellerais le confort citadin. J’ai en plus eu de la chance lorsque j’ai débarqué avec tout mon barda dans l’hôtel que j’avais sélectionné pour y passer deux nuits car, grâce à une erreur du réceptionniste qui m’avait affecté dans un dortoir déjà plein comme un œuf, j’ai finalement eu l’agréable surprise d’être finalement installé dans une chambre vide, sans avoir à payer pour autant un quelconque supplément. Autant dire qu’il s’agissait pour moi d’un luxe non négligeable car après des mois et des mois à partager mon espace vital avec de parfaits inconnus je dois reconnaître que bénéficier d’un minimum d’intimité pendant quelques heures m’a procuré un immense plaisir.

C’est donc après une nuit de sommeil particulièrement appréciée et dans un état d’esprit parfaitement positif que je me suis réveillé mercredi matin pour passer ce fameux entretien téléphonique pour lequel j’avais travaillé deux jours auparavant. Et je suis aujourd’hui pleinement satisfait car tout s’est très bien passé. En effet, aucune embauche n’a été décidée pour l’instant mais j’ai reçu la garantie qu’aucune décision ne serait prise de leur côté tant que qu’il ne m’aurait pas rencontré à mon retour de voyage, fin août. Du coup il s’agit pour moi d’une double bonne nouvelle car d’un côté tout a l’air bien parti pour que je puisse commencer un job passionnant seulement quelques jours après mon retour à Paris, et de l’autre j’ai désormais la confirmation du fait que je vais pouvoir achever le tour du monde que j’avais planifié, un retour anticipé n’étant plus d’actualité. Donc si je ne suis pas obligé d’écourter mon voyage, que j’enchaîne à mon retour sur une série d’entretiens et que ceux-ci débouchent sur un poste particulièrement intéressant on pourra vraiment dire que sur ce coup là j’aurai gagné le beurre, l’argent du beurre et le cul de la fermière !

Et suite à l’obtention de ces excellentes nouvelles c’est donc le cœur léger que je suis parti me promener dans les remparts, sublime vestige médiéval qui regorge de merveilles architecturales. Car la vieille ville est bien de loin la plus belle de toutes celles que j’ai vues jusqu’à présent. Le reste de Carthagène est lui assez laid, avec ses grandes tours modernes sans charme particulier, mais les petites maisons colorées du centre historique ont-elles un charme fou. Alors je sais bien que cela fait plusieurs semaines que je parle de couleurs vives et de façades splendides ornées de balcons sculptées, mais tout cela c’était avant de découvrir ce feu d’artifice de tons pastels qui ravit les yeux des visiteurs, ainsi que le talent exceptionnel des artistes colombiens, car ce que j’ai pu admirer relègue au second plan tous les autres ouvrages architecturaux du continent ! La voilà l’overdose de bonheur visuel dont je parlais au début de ce chapitre ! Puis au cours de l’après-midi c’est au château fortifié, autre attraction touristique locale, que je me suis rendu. Mais cet édifice situé au sommet d’une petite colline ne présentait à mes yeux que peu d’intérêt après ce que j’avais eu la joie de contempler le matin même. Et c’est enfin en compagnie d’un couple australo-suédois, rencontré l’après-midi même dans le salon de l’hôtel, que j’ai achevé au restaurant, puis dans un bar en rooftop dans lequel nous avons pris un verre, cette journée riche en découvertes et en émotions.

Mais une des raisons pour lesquelles j’avais choisi de venir dans cette partie de la Colombie était mon envie assez irrépressible de venir me dorer la pilule sur un hamac installé au bord d’une eau à 30° ! Du coup je suis reparti dès le jeudi matin pour Taganga, avec le sentiment que j’avais d’ores et déjà fait le tour de Carthagène, ville magnifique au potentiel touristique toutefois finalement assez limité. Et c’est après un trajet des plus mouvementés que je suis arrivé dans un petit village de pêcheurs situé sur la mer des Caraïbes, à quelques kilomètres seulement de la « grande ville » de Santa Marta. En effet, après être venu me chercher à mon auberge avec plus d’une heure de retard sur l’horaire prévu le chauffeur m’a annoncé quelques minutes seulement avant notre arrivée à destination, et cela avec une mauvaise humeur digne d’une moche qui vient de se faire larguer et qui réalise qu’elle restera vraisemblablement célibataire pendant des années avant de retrouver une âme charitable qui acceptera de coucher avec elle, qu’il ne m’amènerait pas jusqu’à la porte de mon hôtel alors que j’avais justement spécifiquement fait appel aux services de sa compagnie car elle offrait une solution de trajet « porte-à-porte ». Ou alors que je devais payer un supplément car pour la somme que j’avais payée il n’était pas contraint de faire un détour par l’hôtel que j’avais réservé sur internet. Passablement énervé par son agressivité j’ai commencé à lui répondre sur le même ton que celui qu’il employait avec moi et après quelques minutes d’une joute verbale animée j’ai fini par lui balancer avec une sincérité qui ne lui a apparemment pas plu du tout qu’il offrait vraiment un « servicio de mierda ». Et il faut croire que mon niveau d’espagnol n’est finalement pas si catastrophique que ça car juste après ce petit cadeau que je venais de lui offrir il a pilé, prêt à en venir aux mains, et m’a copieusement insulté dans sa langue natale que je commence donc en fait assez bien à comprendre ! Mais après un coup de fil à je ne sais trop qui il s’est platement excusé, reconnaissant que l’erreur émanait de sa vilaine petite personne, et que j’avais donc à 100% raison depuis le départ ! La rancune et l’énervement ne l’ont toutefois pas empêché de rester confortablement assis à son volant lorsque nous sommes arrivés à destination et il a ainsi fallu que je me débrouille tout seul, et sous une pluie battante, pour sortir mon sac du coffre qui était plein à craquer de valises et de sacs de voyage appartenant aux autres occupants de mon carrosse. Car, comble du bonheur, c’est bien sous un nouvel orage que je suis arrivé à Taganga. Cela valait bien le coup de venir sur la côte des Caraïbes pour me retrouver trempé jusqu’aux os à cause des violentes averses incessantes !

Mais, pour les vicieux qui se délectent de mes mésaventures, rassurez vous, ce n’est pas fini ! En effet, lorsque je me suis présenté à la réception de l’hôtel que j’avais réservé, et payé en partie sur internet, j’ai connu ma deuxième désillusion du jour : le site par lequel j’étais passé ne devrait normalement plus héberger, et ce depuis maintenant plus d’un an, l’offre commerciale à laquelle j’avais souscrite. Ma demande d’hébergement n’avait par conséquent pas été prise en compte par les gérants de l’établissement qui était malheureusement plein ce soir là. Mais comme j’avais malgré tout versé un acompte ils ont eu la gentillesse de se démener pour trouver rapidement une solution de remplacement et celle qui a été adoptée s’est caractérisée par son extrême originalité : alors que j’avais tout de même le droit d’utiliser la piscine et toutes les autres commodités de l’hôtel c’est finalement chez… un pêcheur local que j’ai été envoyé passer la nuit ! Et cela me convenait très bien car c’est chez un homme adorable, qui m’a accueilli à bras ouverts, que j’ai atterri peu avant 17 heures. Il a immédiatement tout fait pour que me sente chez moi, m’a présenté à sa famille, m’a donné des informations très utiles sur le village et ses environs, et m’a même proposé de me prêter son matériel de plongée pour que je puisse me livrer à cette activité le lendemain. Sa gentillesse était telle que je pense que s’il avait eu les cheveux longs et un joli 95-C à la place de son torse velu j’aurais même pu tenter ma chance auprès de lui !

C’est donc dans un resto situé en bord de mer qu’il m’avait conseillé que je suis ensuite parti dîner, profitant de la terrasse et du calme ambiant qui régnait pour admirer les frêles embarcations en bois traditionnelles échouées sur la plage, au pied des palmiers, avant de passer rapidement à l’hôtel pour profiter du large écran plasma qui orne la salle commune, puis de retourner chez mon futur mari… pardon, mon hôte, pour aller me coucher. Et ce n’est que le lendemain matin que j’ai profité du beau temps, qui régnait enfin en maître, pour partir goûter aux charmes de la plage de Taganga et de son eau dont la température est absolument idéale.

Pour cela je me suis équipé du masque et du tuba qui m’avait été généreusement prêté par mon pêcheur-hôtelier et j’ai barboté comme un bébé dans son bain pendant une bonne heure, observant les fonds marins et les poissons multicolores qui se faufilaient entre des rochers couverts de corail, ou de je ne sais en fait pas trop quoi car je suis excessivement mauvais en végétation sous-marine, mais je trouvais que le terme « corail » était ici celui qui vendait le plus de rêve ! En tout cas c’était magnifique et c’était tout ce que je demandais. Mais se baigner seul devient un peu lassant au bout d’un moment, c’est la raison pour laquelle je suis finalement sorti de l’eau pour faire un peu d’exercice, profitant de la longue étendue de sable qui s’offrait à moi pour marcher sur les mains. Cela a d’ailleurs eu l’air d’intéresser au plus haut point un ado, capable lui aussi de réaliser cette prouesse digne d’un véritable chien de cirque, et très rapidement nos démonstrations d’acrobaties mutuelles se sont transformées en concours de celui qui réussissait à avancer le plus loin possible dans cette position assez peu naturelle. Alors je ne vais pas m’inventer une victoire qui n’existe pas et je reconnais humblement que, même si je n’ai pas été ridicule, j’ai été battu… Mais du coup j’ai enchaîné immédiatement avec un salto avant afin de calmer un peu le petit bonhomme qui commençait à doucement fanfaronner, et je lui ai montré rapidement qui était le vrai patron. On s’est déjà fait ridiculiser pendant la Coupe du Monde, je n’allais pas laisser la France se faire rouster internationalement une deuxième fois d’affilée en moins d’un mois !

Puis, satisfait de cette demie-victoire, ou de ce demi-échec diront les pessimistes, je suis rentré à la maison dans laquelle j’avais passé la nuit, et j’ai eu le plaisir d’y retrouver mon sympathique ami colombien qui a eu la gentillesse de me proposer de rester déjeuner avec eux avant de reprendre mes affaires et de cette fois-ci m’installer dans l’hôtel pour lequel j’avais payé. Du coup je l’ai accompagné jusqu’au petit marché du coin dans lequel j’ai acheté avec lui les fruits et les légumes nécessaires à la préparation du festin à venir. Une vraie petite vie de couple je vous disais ! Et c’est donc après avoir apprécié à leur juste valeur de succulentes sardines fraîchement pêchées que je me suis précipité dans mes nouveaux quartiers avant que n’éclate un nouvel orage qui fut par la suite d’une violence rarement égalée, inondant ma chambre et tout un secteur de la Basse-Ville située en bord de mer.

Après une fin de journée qui fut, on le comprendra aisément, d’une improductivité notoire j’ai profité du grand soleil du lendemain pour reprendre une activité plus normale, à savoir une alternance de baignades dans la mer des Caraïbes et de baignades dans la piscine de l’hôtel ! Mais ce fut surtout pendant la soirée que les choses s’animèrent et que j’ai eu l’occasion de rajouter une expérience parfaitement improbable à ma liste qui commence à être longue. En effet, après avoir dîné au resto avec Neil, un Israélien de 29 ans qui en est à son second tour du monde, et Alice, une Anglaise un peu rousse mais jolie quand même, nous avons débarqué dans une boîte dont la grande terrasse extérieure nous a permis de danser comme des débiles sous une pluie battante pendant des heures, accompagnés par des personnalités locales dont un politicien de près de 70 ans qui a insisté pendant toute la soirée pour que je boive les shots de whisky qu’il forçait sa pauvre escort-girl de 25 ans maximum à me servir. Très saine l’ambiance dans les boîtes ici ! Mais le summum de la soirée n’allait être atteint que quelques minutes plus tard... Je considère en effet avoir vécu un grand moment car, alors que nous nous baignions tranquillement dans la mer après avoir quitté l’ambiance survoltée du dancefloor en plein air l’ex tradeuse londonienne et moi, nous nous sommes fait arrêter par la police locale qui nous accusait apparemment de nous livrer à des activités corporelles assez peu catholiques qui seraient illégales sur les plages de Colombie. Et je ne peux que m’offusquer du fait qu’on ait pu me soupçonner d’un tel crime moi qui, si mignon et si innocent, n’ai (presque) jamais vu de femme toute nue… OK, question crédibilité je repasserai ! Mais cela n’empêche que tout cela s’est fini au poste car cette intervention n’était en fait, semblerait-il, qu’un moyen pour les flics de s’approcher tranquillement de nos affaires sans éveiller nos soupçons et de voler le sac de la pauvre Alice qui avait toute sa vie dedans : cartes bleues, argent, appareil photo, etc… Du coup notre passage au commissariat s’est transformé en dépôt de plainte et je n’ai jamais eu le droit à l’interrogatoire musclé que j’étais pourtant légitimement en droit d’attendre. Très décevantes les méthodes policières dans ce pays, plus jamais je ne m’y ferai arrêter !

C’est donc par cette mésaventure que, personnellement, j’ai trouvé hilarante dans la mesure où il ne m’est rien arrivé et où ce ne sont pas mes affaires qui ont été volées, que j’ai mis un point final à cette nouvelle semaine riche en événements. Et dimanche prochain ce sera donc depuis la prison centrale de Bogota où je partirai faire un reportage après avoir été inculpé pour mangeage de banane illégal sur la voie publique que je vous enverrai de mes nouvelles, donc un peu de patience, je fais ce que je peux pour effectuer de nouvelles découvertes inédites à partager avec vous !