Menu:

Chili - Bolivie



San Pedro de Atacama – Uyuni : 307 km
Uyuni – Potosi : 370 km
Potosi – Sucre : 164 km
Sucre – La Paz : 4 km
Décalage horaire : -6
 

« Impossible n’est pas Français » disait Napoléon. Personnellement je rajouterais « Ce n’est ni Chilien ni Bolivien non plus ! ». Cette semaine m’a en effet permis de découvrir des paysages dont la splendeur surpasse à peu près tout ce qu’il m’avait été donné d’admirer jusqu’à aujourd’hui, de vivre des expériences uniques dans des conditions de froid extrême difficilement supportable, de manquer d’oxygène à près de 5000m d’altitude, ou encore de rencontrer des représentants d’un peuple aussi vilain que teigneux. En gros j’ai eu à la fois la chance et le malheur, comme vous allez rapidement pouvoir le constater, de pouvoir repousser à chacune de mes découvertes de la semaine les limites soit du possible soit de l’acceptable. Les conditions de confort ont été loin d’être optimales mais les souvenirs que ces quelques jours commandos me laisseront seront tellement forts lorsque je me remémorerai cette partie de mon tour du monde que je suis absolument ravi d’avoir eu l’opportunité de les connaître et, surtout, d’avoir pris le temps de les savourer !

Tout a pourtant commencé de la meilleure des manières, avec une journée du dimanche absolument parfaite qui nous a vus, toute la petite troupe de la veille, moins Kate qui était repartie le matin même, nous rendre dans un canyon nommé « Vallée de la Luna » pour un trek incroyable d’une demi-journée. Et ils sont forts ces Chiliens pour baptiser leurs sites naturels car c’est bien dans un paysage totalement lunaire que nous avons évolué pendant 3 bonnes heures ! Entre les rochers abrupts sculptés par le vent, les vastes étendues de sables et les petites grottes dans lesquelles je parvenais à avancer malgré ma claustrophobie maladive nous avions en effet l’impression réelle de nous trouver sur une autre planète, ou plutôt sur le satellite de notre bonne vieille Terre. Puis cette expérience quasi-galactique s’est achevée par un spectacle hallucinant, celui d’un coucher de soleil sur un paysage de désert, de volcans et de canyons, observé depuis le sommet d’une dune où un groupe d’Argentines aussi ravissantes que bourrées nous ont offert du pisco, l’alcool local chilien, pour nous permettre de profiter encore plus des couleurs magiques qui dansaient sur ce décor de rêve.

Mais ce n’est que le lendemain matin que l’aventure a vraiment pris une toute autre dimension lorsque nous nous sommes mis en route, Alexis, surnommé Mouche, Alexandre, surnommé Loche, Bastien, surnommé Tati, Adrien, surnommé Adri, Damien, surnommé Dam, et moi, pour une expédition de 3 jours en 4x4 dans les montagnes boliviennes, et dans le Salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel du monde.

Tout a donc commencé lundi, vers 8h, lorsque nous avons atteint une petite cahute perdue toute seule dans la montagne, à des kilomètres de toute zone habitée, et que l’on nous a annoncé qu’il s’agissait du poste frontière bolivien. Après les formalités d’usage, et quelques photos prises sur la carcasse d’un bus qui n’avait strictement aucune raison d’être là, nous avons découvert notre véhicule et son chauffeur, et le moins que l’on puisse dire c’est que nous n’avons pas été déçus. En terme de carrosse nous avons hérité d’un 4x4 Toyota qui passait absolument partout, dans lequel nous nous entassions à 6 à l’arrière, les bagages étant enveloppés dans une bâche et stockés sur le toit, et notre pilote était un jeune bolivien taciturne de 22 ans, accompagné de son ingrate moitié, qui détestait par-dessus tout être dépassé sur les pistes de terre et de cailloux sur lesquelles il conduisait donc à une vitesse folle avec une dextérité stupéfiante pour un gamin de son âge. Et Roberto, c’était son doux prénom, nous a donc amené à une vitesse grand V, peu après notre rencontre, au premier de la longue série de spots irréels que nous allions découvrir en seulement quelques dizaines d’heures, un lac glacé qui fut pour nous un parfait terrain de jeu propice à de grandes glissades qui nous ont replongé en enfance l’espace de quelques minutes. Puis le reste de la matinée fut consacré à la visite et la contemplation d’un magnifique lagon vert turquoise, qui semble n’avoir aucune raison de se trouver dans ce paysage montagnard, et d’une série de rochers perdus dans un désert de sables, connus pour avoir inspirés Dali pour la réalisation de sa fameuse toile « Les Montres Molles ».

Mais le moment fort de cette journée fut sans conteste le bain que nous avons pris juste après ce rapide passage dans ce décor de western. Comme la semaine précédente nous avons eu l’opportunité de nous jeter dans de l’eau à plus de 30°, mais contrairement à la semaine précédente nous avons cette fois-ci décidé avec Adri, idée largement suivie par le reste de la bande et par un bon nombre de touristes masculins présents sur les lieux, de nous y jeter totalement et parfaitement nus ! Et oui, les maillots de bain étaient difficiles d’accès dans nos sacs entreposés sur le toit de la jeep, donc nous avions la flemme de faire l’effort d’aller les chercher, et comme cela permettait en plus de faire plaisir à la gente féminine tout en choquant un peu le reste de la population présente sur les lieux nous n’allions certainement pas nous priver d’un plaisir pareil ! C’est donc nus comme des vers que nous avons barboté allégrement pendant une bonne demi-heure à 4800m d’altitude, avant de clôturer ce spectacle interdit aux moins de 18 ans par un petit jogging naturiste dans la pampa pour nous sécher, car les serviettes n’étaient bien évidemment elles non plus pas de la partie.

Après cette petite escapade exhibitionniste nous avons réenfilés nos costumes de touristes décents et c’est dans un champ de cratères remplis de lave en fusion que nous avons poursuivi notre route. Il était bien évidemment impressionnant d’observer ce mélange d’eau et de fer en ébullition, c'est-à-dire chauffé naturellement à une température supérieure à 1000°, mais plus que la stupeur ou l’admiration le sentiment qui m’envahissait à ce moment là était plus la frayeur qu’autre chose. En effet je commençais à être violemment sujet à ce qu’on appelle communément le « mal de la montagne » et en plus de la violente migraine qui m’éclatait le crâne je commençais à avoir la tête qui tournait et à perdre l’équilibre, donc je craignais fortement de prendre un bain involontaire dans ce magma bouillant suite à une chute fortuite. Je ne me suis donc pas aventuré très longtemps sur ce terrain miné et j’ai rapidement et sagement repris ma place à bord du 4x4 qui nous a ensuite accompagné à l’hôtel dans lequel nous allions passer la nuit, cette fois-ci à « seulement » 4200 mètres d’altitude.

Nous y avons donc déposé nos affaires et déjeuné sur le pouce, avant de nous rendre sur les rives d’un second lagon qui se caractérisait cette fois-ci par le rouge qui le peignait et lui donnait des allures de bain de sang géant. Puis nous avons achevé cette première journée chargée en jouant dans une des salles frigorifiées de notre gîte où nous avons attendu patiemment que la nuit tombe pour observer une nuit étoilée d’une clarté folle, offrant un spectacle hors du commun et stupéfiant même pour un piètre astronaume comme moi. Mais cela c’était avant le drame bien sûr… Avant que nous nous enveloppions dans nos couettes, nos couvertures et nos sacs de couchage pour affronter une nuit à -17 dans une chambrée non chauffée dans laquelle la température de l’air ambiant était largement inférieure à 0. C’est rude mais ça fait de bons souvenirs et c’est bien pour ça que je suis là !

C’est donc dans un état de fraîcheur tout relatif que je me suis réveillé mardi matin à 6h30 pour attaquer la journée par quelques dizaines de kilomètres dans un désert au milieu duquel se trouve un second spot parsemé de rochers aux formes improbables, comme déposés là par la nature pour casser la monotonie des infinies étendues de sable qui constituent ce splendide paysage bolivien. Je pense qu’il sera inutile de préciser que j’ai consacré mon temps dans ce cadre de rêve à grimper sur les blocs de pierre et à faire des saltos sur ce terrain meuble qui se prêtait parfaitement à ce genres d’acrobaties. Que ceux qui en doutaient se rassurent, je suis loin d’avoir perdu mon hyperactivité au cours de ce voyage, je dirais même bien au contraire, et c’est donc avec un naturel déconcertant que je me prenais pour un singe malgré mon manque de sommeil et la fatigue qui me coupait légèrement les pattes ! Et je ne faisais finalement pas complètement tâche en me prenant pour un animal sauvage dans ce décor idyllique car seulement quelques minutes après être repartis de ce nouveau terrain de jeu nous nous sommes retrouvés successivement face-à-face avec des lamas, des vigognes, des lapins, qui se différencient de nos chers compagnons européens par la taille de leur queue qui est énooooooooorme (lucky boys !), et des renards des sables. Cela ne nous a tout de même pas occupés des heures et c’est avec une certaine joie que nous sommes arrivés, après plusieurs dizaines de kilomètres parcourus dans un paysage totalement dépouillé, sur un site qui est rendu unique par la présence mystérieuse de 4 immenses lagons à seulement quelques centaines de mètres de distance les uns des autres. Malheureusement le mal de l’altitude s’est fait à nouveau ressentir quelques minutes seulement avant notre arrivée sur place, et cette fois-ci les maux de tête ont été si violents que je me suis trouvé littéralement assommé, incapable de sortir de la voiture. Mais Dam, qui a du être infirmière dans une vie antérieure, s’est occupé de moi à grands coups de Doliprane et de vitamine C et grâce à lui j’ai pu être suffisamment remis sur pieds pour bénéficier des charmes incroyables du quatrième et dernier de ces lacs de montagne.

La fin de cette journée fut ensuite aussi originale et passionnante que la manière dont elle avait débuté car, après avoir traversé un premier salar à la vitesse de l’éclair grâce à notre chauffeur-pilote qui a pu profiter de cette immense étendue totalement plate et dégagée pour faire parler ses talents innés, nous avons débarqué dans un hôtel d’un type complètement unique : il s’agissait un hôtel… de sel ! Tout dans cet établissement était fabriqué à partir de cet élément naturel : les murs, les tables et les tabourets étaient confectionnés à partir de blocs encore à l’état brut. Mais il faut avouer que l’architecte responsable de ce chef d’œuvre n’a du consacrer qu’une faible partie de son temps à l’étude de la question de l’isolation thermique, et par conséquent il y faisait un froid de canard. En plus l’eau chaude chez nos amis montagnards boliviens reste un concept assez flou donc j’ai dû passer mon tour pour la douche, portant à 48h mon nombre d’heures sans lavage conséquent. Mais l’odeur restait supportable et la couche de saleté qui enveloppait mon corps maigri par mes innombrables péripéties depuis 6 mois me permettait de conserver la chaleur corporelle que je dégageais, donc tout allait finalement pour le mieux dans le meilleur des mondes !

C’est en revanche le lendemain matin que cela a été plus dur, lorsque nous avons du nous lever à 5h30, toujours par des températures difficilement supportables pour un être humain normalement constitué, afin d’aller admirer le lever de soleil sur le Salar d’Uyuni. Il s’agit donc, comme je le disais précédemment, du plus grand du monde avec ses 12.000 km² d’étendues d’une blancheur irréelle parfaitement ininterrompue. Cela n’est toutefois pas complètement vrai car au beau milieu de ce véritable océan de sel se trouve un îlot sur lequel a poussé, au cours des millénaires précédents, une forêt de cactus dont la taille peut parfois dépasser les 12 mètres. Cette visite était bien évidemment passionnante mais pour être honnête nous l’avons assez rapidement écourtée afin de pouvoir passer le plus vite possible à l’activité suivante qui nous amusait tous beaucoup plus : la prise de photos dans le Salar. En effet, après avoir parcouru quelques dizaines de kilomètres sur ce qui me paraissait être un nuage dont le caractère quasi-infini pouvait rendre légèrement fou en raison de l’impression de faire du sur-place malgré la vitesse folle à laquelle roulait Roberto, et cette fois-ci périlleusement installé sur le toit du 4x4, nous sommes arrivés miraculeusement entiers à un endroit d’où l’on ne voyait que du sel à perte de vue. L’absence totale d’obstacle et l’uniformité du terrain nous a donc permis de faire des clichés improbables sur lesquels les perspectives sont complètement faussées. En se plaçant à quelques dizaines de mètres derrière le sujet principal les personnages du fond paraissent en effet minuscules et il est ainsi possible de faire passer celui de devant pour un géant comparé à ceux situés en arrière-plan. Je vous laisse imaginer à la fois le temps que nous avons passé à jouer aux photographes-magiciens et le nombre d’idées, plus ou moins fines, qui nous ont traversé l’esprit au cours de cette bonne heure et demie de shooting !

Puis ces 3 jours de rêve ont touché à leur fin, après une ultime visite d’un musée du sel à l’intérêt limité, et c’est la tête pleine à craquer d’images sublimes que nous avons débarqué à Uyuni, dernière étape de ce road-trip qui restera l’un des moments les plus forts de mon voyage. Mais malheureusement le retour à la réalité a été brutal et le choc particulièrement rude lorsque nous avons franchi les portes de notre première vraie ville bolivienne : le glauque, le sordide et la saleté semblaient être les maîtres-mots de cette bourgade de 14.000 âmes, perdue au fin fond des montagnes, à 1000 lieux de toute autre trace de civilisation. Mais ce que j’ai ressenti en posant le pied dans ce port de l’angoisse n’était rien à côté de ce que j’ai éprouvé lorsque j’ai découvert les caractéristiques si spécifiques de ses habitants. On m’avait en effet prévenu que le peuple bolivien était à part en Amérique du Sud mais je ne m’attendais tout de même pas à tomber sur des personnages pareils. En gros, pour les décrire de manière aussi rapide et réaliste que possible voici la définition que je donnerais de l’habitant moyen que j’ai rencontré : tout petit être très laid à la dentition éparse parsemée ça et là de vestiges de dents jaunâtres, portant magnifiquement un costume traditionnel souvent aussi sale qu’odorant, et doté d’un physique ingrat qui est certainement en partie responsable de son amabilité digne de celle d’un vieillard acariâtre qui se serait levé du mauvais pied. Et quand je parle de laideur je pèse mes mots : ils sont tellement vilains qu’il paraît que dans ce pays tout ceux à qui il reste plus de 8 dents naturelles sont automatiquement promus au rang de mannequin professionnel ! Enfin, pour couronner le tout, le Bolivien a une fâcheuse tendance à vouloir systématiquement entuber le touriste en n’hésitant pas à lui mentir effrontément, donc en termes de sympathie j’ai connu nettement mieux au cours de ces 6 derniers mois !

Et, j’entends d’ici les bien-pensants s’offusquer de cette attaque virulente envers les petits moches des montagnes, mais qu’ils se rassurent, je parle en connaissance de cause car après avoir subi les foudres de différents commerçants lors de mon après-midi passé à Uyuni, j’ai ensuite connu l’une des expériences les plus dures depuis le début de mon tour du monde à cause, ou grâce, à un hijo de puta que je conserverai longtemps dans mon cœur, dans la partie réservée à ceux que je conchie le plus au monde.

En effet, ayant des projets différents de ceux des 5 baroudeurs avec qui je venais de passer quelques jours très agréables, et souhaitant également repartir de mon côté vers de nouvelles aventures, je les ai quittés vers 5h30 pour aller prendre un bus qui devait m’emmener à la fois vers Sucre, une ville située plus au nord, et vers de nouvelles aventures. Question nouvelles aventures j’ai largement remporté mon pari comme vous allez tout de suite pouvoir le constater, en revanche question arrivée à destination ça a été plus compliqué que prévu.

Tout a donc commencé lorsque j’ai pris place à bord d’un bus déglingué, dans lequel des vieilles en costume traditionnel à qui il ne restait plus qu’une dent faisaient le voyage debout jusqu’à leur petit village situé à une petite heure de là en raison du manque de place, et sur le toit duquel étaient balancés sans ménagement les bagages des pauvres passagers. Mais c’est surtout lors d’une pause, lorsque je me suis retrouvé en train de pisser dans un fossé entouré par des femmes d’un âge mûr qui se soulageaient elles aussi, accroupies avec leurs nombreux jupons relevés, que j’ai compris que mes trajets routiers n’allaient plus rien avoir à voir avec ceux du Brésil ou de l’Argentine! Je ne fus donc pas surpris lors de mon arrivée à Potosi, une cité minière dans laquelle je devais effectuer mon changement pour Sucre, d’être victime d’une organisation merdique qui m’a laissé sur le trottoir, à 1h du mat’ et par des températures inférieures à 0, sans solution de repli pour m’abriter. Heureusement j’ai réussi à trouver un bus qui se rendait à ma destination finale, mais moins de 5mn après pris place à son bord je m’en suis fait éjecter pour être placé à bord d’un taxi qui devait, lui, m’amener à bon port. Mais cela était sans compter sur le fait que le chauffeur, un enfoiré de première, voulait maximiser ses profits et à donc refusé de partir tant que sa voiture n’était pas pleine de clients qui ne sont jamais arrivés. J’ai donc attendu de 1h30 à 4h du matin dans une voiture sans chauffage, ce bâtard refusant de mettre le contact pour économiser de l’essence, garée à côté d’un chien écrasé, et ce par une température qui a quasiment atteint les -20°. En plus j’ai eu le droit à un festival de types ivre-morts, l’un me dévoilant avec fierté son micro-sexe avant d’aller uriner à 1 mètre de moi, et un autre perdant son pantalon puis mettant de grosses mandales à son compagnon de beuverie qui tentait de lui rendre un peu de dignité en essayant de le rhabiller. Et c’est donc finalement vers 4h, à moitié mort de froid et ne sentant plus mes pieds, que j’ai proposé à mon nouveau copain bolivien, que j’avais sérieusement envie d’étrangler, de lui payer son manque à gagner pour pouvoir enfin partir et rejoindre Sucre. Par miracle il avait trouvé entre temps un client donc le prix de la course fut légèrement diminué, mais les deux compères ont ensuite eu, pour clôturer ce festival, l’excessivement mauvaise idée de fumer des cigarillos pendant les 2h30 de trajet, et donc de rouler pendant l’intégralité du voyage avec leurs fenêtres ouvertes, refusant catégoriquement de les fermer malgré mes protestations répétées. Et c’est ainsi à 6h30 jeudi matin que je suis arrivé, transi et exténué, dans une ville qui allait heureusement m’offrir des panoramas qui allaient justifier la nuit de cauchemar que je venais de me farcir.

En effet Sucre est absolument magnifique, avec ses nombreuses églises, ses jardins fleuris et son architecture particulière, elle aussi d’inspiration hispanique comme on en trouve beaucoup dans cette région du monde. En plus j’ai eu la joie d’y retrouver Oliv’, celui chez qui j’avais débuté mon voyage en passant mes premières nuits à Auckland, et Alex, un de ses amis de l’ESCP avec qui il effectue un tour d’Amérique du Sud pendant un peu plus de 3 mois. Nous avons donc consacré une bonne partie de notre journée du jeudi à nous promener dans la ville, visitant des édifices religieux après avoir déjeuné sur un marché local et pris un espresso dans un café typique. Mais j’ai tout de même écourté assez rapidement la balade car, dès que j’ai pu récupérer mon lit en début d’après-midi à l’auberge dans laquelle j’avais déposé mes affaires le matin même, j’y ai foncé pour me jeter sous la douche. Il s’agissait en effet de la première que je pouvais prendre depuis 3 jours et, en dehors du bien fou que cela m’a fait, j’ai surtout éprouvé une joie réelle en quittant à la fois mon statut de clodo et l’odeur corporelle qui commençait à devenir difficilement supportable même pour moi !

Le reste de cette journée fut ensuite beaucoup plus calme en raison de l’état physique déplorable dans lequel je commençais à être. J’ai donc passé un bon moment sur Internet en fin d’après-midi, ce qui m’a permis de découvrir une autre caractéristique de ce charmant pays : lorsque les Boliviens ont eu le choix entre la beauté des paysages et la rapidité de leur matériel informatique ils n’ont pas hésité longtemps, l’esthétique a remporté le combat haut la main ! Après avoir donc lutté pendant plus d’une heure contre la machine, et avoir finalement admis l’infériorité de ma patience sur la technologie, je suis parti grimper jusqu’au sommet d’une colline où je me suis posé dans un café depuis lequel on bénéficiait d’une vue absolument splendide. Et la journée du lendemain fut guère plus active, son seul moment fort ayant été l’entrée en lice de l’équipe de France de foot dans la Coupe du Monde, regardée dans un bar à côté d’un couple d’homos qui, je ne sais pas si c’était en raison de leur amour apparemment naissant ou de l’enjeu de l’évènement, étaient tout excités, tout excités, tout excités ! Et c’est donc à peu près frais et dispo que j’ai embarqué vers 19h à bord du bus qui allait m’emmener à La Paz, où j’ai retrouvé Oliv’ et Alex qui était eux partis la veille de Sucre.

Heureusement le voyage s’est déroulé sans aucun problème, je suis arrivé sans encombre vers 7h30 du mat’ au Loki, un hôtel à l’atmosphère et à l’ambiance parfaites pour jouir pleinement des charmes de la vie nocturne de la capitale bolivienne, et le beau temps était au rendez-vous, ce qui nous a permis d’effectuer un tour rapide afin que je prenne un peu l’air après ma nuit passée sur un siège malgré tout relativement inconfortable. Puis le reste de l’après-midi a été partagé entre siestes et matchs de foot, mon état physique déclinant à vue d’œil après la nuit épique que j’avais passée trois jours auparavant. Cela ne m’a pas pour autant empêché de sortir samedi soir, La Paz étant vraiment réputée pour ses soirées incroyables, et c’est donc dans une boîte locale dans laquelle nous dansions sur les bars, sous les regards médusés des clients locaux, puis dans un petit bar secret dont des amis m’avaient parlé, que nous avons passé une partie de la nuit avant de rentrer sagement nous coucher à une heure malgré tout assez tardive. Et ce n’est que ce matin que je regrette quelque peu cet excès car je suis désormais dans un état catastrophique donc je vais achever là ce récit, qui était de toute façon fini, pour retourner au chaud dans mon lit et essayer de récupérer quelques forces. Je n’aurai donc qu’une dernière chose à vous dire… Bonne nuit !