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Brésil - Uruguay - Argentine


Sao Paulo – Porto Alegre : 853km
Porto Alegre - Montevideo: 1499km
Montevideo - Colonia: 159km
Colonia – Buenos Aires: 40km
Décalage horaire : -5


Après une semaine quasi-totale de repos il était largement de remettre la machine « tour du monde » en marche et c’est ce que je me suis appliqué à faire le plus consciencieusement possible au cours de ces derniers jours. Cela fait toutefois du bien de lever un peu le pied une fois de temps en temps, et mon corps ne m’avait de toute façon cette fois-ci pas franchement laissé beaucoup de choix en décidant de lui-même de se mettre en grève, mais comme j’ai à la fois besoin et envie d’avancer j’ai décidé après cette période de repos forcé de reprendre le taureau par les cornes et de reprendre mon sac à dos pour repartir sur les routes à la conquête de nouvelles cultures. Et le résultat de ce plan ambitieux fut à la hauteur de mes espérances car c’est pas moins de 3 pays que j’ai eu la chance de découvrir en l’espace de quelques jours. En effet, après avoir quitté le Brésil je suis passé rapidement en Uruguay d’où j’ai ensuite rejoint Buenos Aires, la capitale argentine. Encore un certain de kilomètres et pas mal d’heures de bus à rajouter à mon compteur cette semaine !

C’est donc à Sao Paulo que j’ai attaqué cette nouvelle semaine, en profitant de ma dernière journée sur place pour découvrir calmement un nouveau quartier de la ville. Après un rapide déjeuner avec Ben à Pinheiros nous avons ainsi rejoint Nathalie et son colloc’ étrange, qui avait la faculté de passer sans raison et en moins de 2 mn d’une personne drôle et gentille à un pitbull agressif et insupportable, pour passer l’après-midi à Vila Madalena. Il s’agit du quartier artisto-branchouillo-bobo dans lequel on trouve un certain nombre de terrasses de cafés fashion surbondées lors de ces weekends ensoleillés. Nous nous sommes donc fondus dans la masse pour nous désaltérer un peu après nos quelques minutes de marche en plein cagnard, mais l’intérêt réel de cette promenade a résidé dans la découverte que nous avons faite par la suite. En effet nous nous sommes enfoncés dans des ruelles étroites aux murs couverts de graffitis, d’ailleurs incroyablement nombreux à Sao Paulo car les pubs étant désormais interdites absolument partout dans la ville cette forme d’art urbain à remplacé rapidement les affiches placardées précédemment, et ce dédale nous a finalement mené à une fête de quartier. Nous sommes arrivés complètement par hasard devant une tente sous laquelle un orchestre d’une quinzaine de musiciens faisait danser une foule importante au son de la samba, et cela dans une ambiance bonne enfant qui donnait vraiment envie de se mêler à la fête ! Mais je devais repartir rapidement pour aller prendre mon bus donc nous ne nous sommes pas éternisés et nous avons rejoint à pied l’appartement dans lequel j’avais passé le weekend.

En fin d’après-midi j’ai ainsi repris mes bagages et je me suis mis en route pour la gare routière où j’allais prendre le bus qui allait marquer le début d’une bonne série de voyages. Ce premier trajet ne fut d’ailleurs pas de tout repos, et même pour ainsi dire bien stressant, car c’est sous la pluie et par un orage hallucinant que mon chauffeur-pilote s’est mis en route à une vitesse largement supérieure à ce que la logique aurait voulu dans de telles conditions météorologiques. Mais ce que je redoutais en fait le plus c’était un braquage éventuel car j’avais entendu de nombreuses histoires de ce style qui s’étaient passées de nuit sur les routes brésiliennes. C’est donc avec un bon mal de ventre, qui était en plus combiné avec la maladie dont je sortais à peine, que j’ai attaqué ces 18 heures de bus jusqu’à Porto Alegre. Mais heureusement tout s’est bien passé et, après avoir regardé le film proposé par la compagnie, j’ai même réussi à m’endormir pour faire une nuit complète, ce qui m’a considérablement raccourci ce long voyage. Et c’est lundi vers 17h que je suis arrivé à destination, toujours sous la pluie et malgré tout légèrement cassé.

La première de mes actions fut naturellement de me rendre à l’auberge de jeunesse que j’avais trouvée la veille sur internet et j’ai eu la chance de me retrouver dans un hôtel très propre, qui venait d’ouvrir à peine deux semaines auparavant. J’y ai en plus rencontré un brésilien d’une vingtaine d’années, pilote de ligne à la recherche d’un premier job, et nous avons discuté un bon moment avant de nous séparer pour le dîner, chacun vaquant à ses propres occupations. Je me suis donc retrouvé dans un petit restaurant, en terrasse, avec un serveur improbable aux cheveux grisonnants qui prenaient apparemment des cours de français depuis plus de 4 ans mais qui avait dans notre langue un niveau à peu près équivalent au mien en portugais ! Il avait en plus dû lire quelque chose sur le cirque du soleil et voulait absolument en parler car sa première question fut de savoir si j’y étais trapéziste… Mais bien sûr ?! Et c’est donc après de longues minutes à l’écouter me parler dans un français hésitant de ce sujet si passionnant que je suis retourné à l’hôtel pour me reposer un peu grâce à une bonne nuit de sommeil.

Cela m’a fait le plus grand bien et le lendemain j’ai ainsi pu partir en pleine forme à la découverte de cette ville que je n’avais pas spécialement prévu de visiter au début de mon périple au Brésil. Il s’est avéré qu’un arrêt dans le sud du pays me permettait de bien couper ma route jusqu’en Uruguay et je suis maintenant ravi que cela ait été le cas. En effet je ne m’attendais pas à ce que Porto Alegre présente un intérêt touristique fort mais c’était sans compter sur son centre-ville qui est vraiment très mignon. On y trouve de nombreux bâtiments colorés de style hispano-coloniaux implantés dans un cadre verdoyant, composé de nombreux palmiers et d’autres arbres en tout genre. En plus le sentiment de sécurité y est beaucoup plus fort qu’à Rio ou à Sao Paulo donc j’ai été enchanté par cette petite journée finalement assez imprévue. Je ne conseille toutefois pas pour autant à ceux qui compteraient y aller d’y passer beaucoup plus de 2 jours car le tour en est tout de même effectué rapidement. Et cela tombait très bien car mon bus pour Montevido repartait le soir même à 22h.

Après un rapide dîner dans le restau de la veille où j’ai retrouvé mon serveur incroyable j’ai à nouveau repris mon sac et mon rôle de vagabond pour rejoindre la « rodoviaria ». Et je prenais ce rôle tellement à cœur que je me suis même fait engueuler par le service de sécurité local lorsque l’un de ses agents m’a retrouvé allongé par terre sur mon sac en écoutant mon ipod en attendant le départ et qu’il a failli me chasser du terminal comme un vulgaire clochard à grands coups de pied dans le cul ! Mais ma bonne tête de gringos l’a poussé à me laisser une seconde chance et j’ai pu embarquer quelques minutes plus tard à bord du bus qui allait me faire découvrir le 10ème pays de mon tour du monde, l’Uruguay.

Ce voyage de 12 heures fut lui aussi extrêmement calme, même si je continuais à redouter quelque peu un guet-apens éventuel, et j’ai entre autres eu l’occasion de connaître le passage de frontière le plus serein de mon existence. En effet je me suis endormi au Brésil et lorsque j’ai rouvert les yeux tout était écrit en espagnol et des drapeaux uruguayens flottaient aux fenêtres des maisons ! En fait j’avais laissé mon passeport aux personnes responsables du bus et ils se sont chargés de toutes les formalités pour moi pendant que je devais ronfler comme un sonneur ! Toujours est-il que cela à une nouvelle fois raccourci considérablement cette nuit dans les transports et que je suis arrivé frais et dispo à Montevideo, ville mythique pour le peuple basque pour lequel la capitale uruguayenne a été pendant longtemps un véritable eldorado.

Je me suis donc naturellement mis en route dès mon arrivée pour une auberge de jeunesse et, après y avoir posé mon sac, je suis parti rapidement faire un tour sur la « rambla », cette promenade au charme limité le long de la mer. Mais je ne suis pas parti très longtemps car en début d’après-midi je devais être de retour à l’hôtel pour accueillir Pitt, le français lui aussi en tour du monde que j’avais rencontré à Sydney. Après 3 mois en Amérique du Sud il venait d’arriver à Buenos Aires, qui n’est qu’à 3 heures de Montevideo, et il a choisi de m’y rejoindre pour que l’on passe ensemble 2 jours en Uruguay avant de retourner ensemble en Argentine. C’est donc vers 13h que j’ai vu débarquer un véritable globe-trotter aux cheveux longs et à la barbe de 4 mois, prêt à partir à la conquête de cette ville qui se visite elle aussi en à peine une demi-journée ! Le quartier touristique, très agréable et très joli au demeurant, se concentre en fait plus ou moins sur une rue et ne s’étend que sur quelques centaines de mètres. On y trouve tous les monuments au style encore une fois assez colonial et une organisation urbaine proche de l’organisation espagnole, avec des axes bien droits qui convergent vers des places centrales sur lesquels se regroupent des centaines de personnes. Mais ce que j’ai préféré c’est l’atmosphère qui y règne, en partie en raison de l’architecture d’un grand nombre de bâtiments qui devaient être au top de la mode dans les années 70, et qui donne justement le sentiment que cette ville s’est arrêtée dans le temps à cette époque et que tout y est plus ou moins désuet. L’ensemble difficilement descriptible a un caractère légèrement nostalgique qui est très étrange.

Mais cela n’était rien à côté de ce que nous avons découvert le lendemain à Colonia, une station balnéaire très réputée située à 2 heures de route de la capitale. En effet le voyage dans le temps y est encore plus impressionnant car c’est cette fois-ci jusqu’aux années 50 que l’on remonte, avec toutes les vieilles voitures américaines que l’on y croise et son petit centre historique qui a su conserver son caractère unique et justement colonial, comme l’indique le nom de la ville. En plus les rues étaient absolument désertes en raison du fait que l’hiver approche dans l’hémisphère sud et que la saison est donc totalement finie. On croisait donc plus de chiens que d’êtres humains dans les petites rues pavées qui longeaient le bord de mer ! Mais cela nous a permis de profiter calmement du charme de ce centre-ville aussi fleuri que coloré, puis de dîner en toute tranquillité en terrasse après avoir admiré le coucher de soleil depuis le sommet d’un phare. En gros la journée romantique à souhait que j’ai adoré passé avec Pitt mais que j’aurais malgré tout préféré partager avec quelqu’un de légèrement moins barbu !

Malgré la beauté du lieu les activités restaient limitées à Colonia donc nous sommes partis vendredi matin, après en fait seulement 2 jours passés en Uruguay, à Buenos Aires où l’ambiance générale allait un peu plus convenir à nos attentes de jeunes voyageurs hyperactifs. Nous avons donc embarqués en fin de matinée à bord d’un bateau qui, en tout juste une heure, nous a emmenés en Argentine, pays dans lequel je vais désormais passer plusieurs semaines. Là aussi les formalités administratives ne furent pas trop contraignantes et très rapidement nous nous sommes retrouvés en plein cœur de cette ville aux aspects à la fois si américains et si européens.

La première de nos activités fut de nous rendre à la gare routière pour que je puisse acheter le billet de bus qui me permettra de me rendre à Ushuaia la semaine prochaine, puis nous sommes partis en métro dans le Centro afin de nous rendre à l’hôtel dans lequel Pitt devait récupérer son sac qu’il y avait laissé pour ne pas s’encombrer inutilement en Uruguay. Je l’ai donc attendu en étant assis sagement à la sortie de la station pendant qu’il faisait l’aller-retour jusqu’à la guesthouse et cela m’a permis d’avoir un premier aperçu de la qualité d’accueil du peuple argentin. Un couple de mon âge est en effet venu me parler spontanément pour savoir d’où je venais, et après quelques minutes l’ami Federico me donnait son numéro de téléphone et son adresse mail pour que je le contacte en cas de problème, ou tout simplement pour faire la fête pendant mon séjour à Buenos Aires !

Après cette entrée en matière fort sympathique nous avons repris notre route pour nous livrer à une activité fort originale… la recherche d’un hôtel où passer le weekend ! Et c’est à Palermo, certainement le quartier le plus calme et le plus mignon de Buenos Aires, avec ses rues étroites bordées d’arbres et ses nombreuses petites maisons individuelles, que nous avons élu domicile. Cela nous a permis de déjeuner ensuite calmement sur une place où l’ambiance conviviale faisait penser à celle qui peut régner sur les places principales de petits villages de province, avant de partir à la découverte des rues avoisinantes. Mais cette balade ne fut pas très longues car vers 6h nous devions retrouver à l’hôtel Paul, Erwann et Momo, 3 français incroyables que Pitt avait rencontrés quelques semaines auparavant au Chili. Ces 3 minos parisiens aussi sympas que marrants sont eux en ce moment en voyage en Amérique du Sud et finissent leur tournée par 10 jours à Buenos Aires avant de reprendre l’avion pour Paris. Autant dire que leur programme de soirées est plus que surchargé dans les jours à venir ! En plus ils ont eu l’excellente idée de rencontrer les personnes adéquates pour connaître les bons plans locaux donc nous n’avons pas lâché ces bienfaiteurs nocturnes et le résultat fut même largement supérieur à nos attentes festives.

Car nous avons en effet retrouvé vers 11h 3 argentines qui, après que nous soyons passés dans quelques bars, nous ont gentiment amené à une soirée privée qui était organisée au Golf Club de Buenos Aires. Nous nous sommes donc retrouvés mêlés dès le premier soir à la jeunesse dorée locale, à faire la fête dans une ambiance géniale qui justifiait à elle seule le mythe des folles soirées sud-américaines. Mais la fin fut moins agréable car, lorsque nous sommes sortis vers 5h du mat’, il nous a fallu plus d’une heure pour trouver un taxi et c’est au milieu de professionnelles de la nuit qui bossaient seins nus que nous avons été contraint de poireauter le temps qu’un taxi daigne enfin s’arrêter pour nous ramener chez nous ! 

Le lendemain il faut admettre que la journée ne fut pas d’une productivité folle en raison de notre état de fatigue qui était plus que conséquent. Outre un rapide aller-retour au Mc Do ce n’est donc que vers 18h que nous avons quitté notre hôtel pour nous rendre sur un petit marché qui se tenait non loin de chez nous. Puis nous avons discuté un bon moment, assis en terrasse, avant de rejoindre les 3 affreux, plus un de leurs amis, Hubert, qui venait d’arriver, pour une nouvelle soirée qu’ils organisaient dans l’appart’ qu’ils louent pour la fin de leur voyage et qu’ils venaient de récupérer. Celle-ci fut l’occasion pour moi de découvrir une nouvelle fois à quel point le monde est petit, car rapidement j’ai réalisé que 2 des personnes présentes, des français expatriés ici, étaient de très bons amis de Pierre, un de mes meilleurs amis qui a lui-même vécu à Buenos Aires pendant près d’un an et demi. Réseau quand tu nous tiens… ! Et c’est donc encore jusqu’à une heure avancée que nous avons découvert les boîtes locales, avec leur lot de musique sud-américaine et d’Argentins aux coupes de cheveux improbables. Car, oui, il faut savoir qu’ici le mulet est à la mode et que la queue de rat n’est pas considérée comme étant un motif suffisant d’isolement social ! On trouve donc des phénomènes capillaires étranges qui rajoutent encore un peu de charme au plaisir de la découverte de la culture argentine !

Ce weekend fut donc consacré essentiellement à la fiesta et à le rencontre avec un bon nombre de personnes mais cela me convenait parfaitement car je pars demain dans le sud du pays, au bout du bout du monde, et je pense que l’isolement fera parti de mon quotidien pendant quelques jours. En plus je reviens à Buenos Aires juste après et j’y passerai une semaine complète donc j’aurai à ce moment là largement le temps de profiter des atouts culturels de cette ville. En attendant je me prépare à affronter le froid patagonien et à me farcir une quarantaine d’heures consécutives de bus donc je vais maintenant vous laisser pour me mette psychologiquement et vestimentairement parlant dans les meilleures conditions possibles !