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Brésil


 
Rio de Janeiro – Sao Paulo A/R : 706 km
Décalage horaire : - 5
 

Sujet du prochain bac de philo : « La perfection est-elle atteignable par l’homme ou ne reste-t-elle qu’un objectif, moteur de la motivation humaine ? ».
Réponse du grand philosophe Louis-Florent Dyèvre : le bonheur parfait existe et porte pour nom « une semaine au Brésil entre Rio et Sao Paulo dans le cadre d’un tour du monde de 9 mois » !
Et oui, entre les rencontres avec des gens adorables, les baignades dans une eau à 28°, les promenades dans des villes pour lesquels j’ai eu de véritables coups de foudre, l’absence de stress, les apéros en maillot de bain dans des bars situés à 2 minutes à pied de la playa et les soirées à l’ambiance exceptionnelle je peux affirmer avec une certaine assurance que je touche aujourd’hui du doigt le concept de la perfection !

C’est donc dimanche dernier à Rio que j’ai attaqué avec Alfred cette nouvelle semaine riche en découvertes et en plaisirs en tout genre. Toujours aussi sympa et accueillant il a choisi ce jour là de m’emmener me balader dans Santa Tereza, un quartier typique de la ville qui se caractérise à la fois par son charme et par son calme. Constitué de petites rues pavées et pentues, il est à certains égards comparables à Montmartre, et c’est donc dans ce havre de paix que nous avons marché un bon moment avant de nous arrêter dans un musée depuis lequel on bénéficiait d’une vue splendide sur l’ensemble de la baie, le Christ et le pain de sucre. Puis nous nous sommes arrêtés pour déjeuner dans un cadre incroyable. Nous recherchions en effet un restaurant qui nous avait été conseillé par un ami d’Alfred mais sur le chemin, attiré par le son de la samba, nous sommes entrés dans un centre culturel qui organisait dans ses jardins un déjeuner dominical « à la bonne franquette », assez frugal et très bon marché, mais le tout dans une atmosphère géniale de lendemain de mariage avec tentes, tables installées à l’extérieur, musiciens locaux et ambiance aussi conviviale que détendue. C’est donc dans ce décor improbable que nous nous sommes posés pendant deux bonnes heures, profitant pleinement du mode de vie à la brésilienne dans lequel le stress ne semble pas trouver sa place.

Après cette découverte, d’ailleurs plus riche sur le plan culturel que culinaire, nous avons décidé de repasser nous reposer quelques heures à l’appart’ avant de repartir pour assister à un cours de samba qui est apparemment dispensé dans un quartier voisin tous les dimanche soir. Mais finalement, exténués par le weekend surchargé que nous venions de vivre, nous nous sommes endormis comme des masses, manquant l’opportunité d’admirer des déesses aux corps bronzés se trémousser dans des costumes à paillettes sous nos regards ébahis ! Mais bon, ce n’était pas si grave que ça car mes pauvres yeux avaient déjà suffisamment travaillé la veille sur la plage de Copacabana et commençaient tout juste à se remettre des efforts intenses qui leur avaient été demandé, donc un peu de repos ne leur a pas fait de mal à eux non plus !

Cette nuit complète de sommeil a d’ailleurs été assez utile car elle m’a permis d’attaquer dans les meilleures conditions physiques possibles le voyage du lendemain qui m’a emmené en bus de Rio à Sao Paulo. J’avais en effet décidé de me rendre dans cette ville, et ce dès le début de cette semaine, car grâce à Pierre, mon oncle, j’avais une opportunité d’y travailler. En fait sa société French Tuesdays organise des soirées aux Etats-Unis, en France et au Brésil et, par chance, l’une d’entre elles avait lieu dans la cité paulista ce mardi. Comme j’ai en plus travaillé plusieurs mois pour eux il y a maintenant deux ans, et que cette expérience s’était excessivement bien passée, il m’a offert la chance de pouvoir renflouer mes finances au milieu de mon périple en donnant un coup de main lors de l’organisation de cet événement mensuel. Il a en plus très gentiment demandé à Fred, un publicitaire à la tête d’une agence d’une cinquantaine de personnes et responsable local de l’organisation des events French Tuesdays, de m’héberger chez lui pendant la durée de mon séjour. Et tout aussi gentiment celui-ci a accepté de m’accueillir au sein de sa famille, dans un cadre qui est très certainement le plus exceptionnel de tous ceux dans lesquels j’ai eu l’occasion de poser mon sac depuis maintenant plus de 4 mois et demi.

Car c’est bien dans une magnifique maison d’architecte de plus de 250 m² avec jardin, piscine, grandes baie vitrées, système de sécurité vidéo installé un peu partout, cuisinière et homme d’entretien, salle de jeu avec billard, juke-box et bar digne d’un 5 étoiles, que je suis arrivé après 6 heures de trajets effectuées à bord d’un bus dont le confort était incomparable avec celui des taudis roulants auxquels j’ai été habitué en Asie du Sud-Est ! Mais ce qui m’a le plus agréablement surpris lorsque j’ai débarqué avec mon style de clochard chic dans cet environnement luxueux, c’est l’accueil qui m’a été réservé. Alors qu’ils ne me connaissaient pas et que je débarquais un peu comme un cheveu sur la soupe, Fred, sa femme Sylvie, et leurs enfants, Martin et Alexia, ont été d’une gentillesse exceptionnelle, faisant leur maximum pour que je me sente bien et que je profite au maximum de mes quelques jours à Sao Paulo. Pour cela ils m’ont entre autres offert une grande chambre avec lit double et salle de bain privée, m’expliquant que je devais profiter autant que possible de ces 3 jours pour me reposer avant de repartir sur les routes. Ils m’ont donc renvoyé l’image de la famille parfaite que je recherchais depuis longtemps car, en plus de tout ça ils ont une fâcheuse tendance à tous être plus beaux et successful les uns que les autres, ce qui me donnait légèrement l’impression d’être le canard boiteux qui venait de débarquer au milieu de la famille de cygnes ! Mais c’est très bien pour moi, ça me fixe des objectifs à atteindre à la fois sur le plan personnel et professionnel dans les années à venir, et j’ai du boulot ! En plus le lendemain matin, alors que je pensais qu’elles avaient été largement atteintes, Fred m’a démontré que les limites de la sympathie pouvaient encore être repoussées, et même au-delà de tout ce que je pouvais imaginer.

Alors qu’il a accessoirement une boîte de 50 personnes à faire tourner et apparemment un boulot monstre il a en effet décidé de ne pas aller travailler pendant la matinée afin de pouvoir m’emmener pendant 3 heures faire un tour de Sao Paulo à moto, sur sa BMW 1200cc flambant neuve qui est encore en rodage. Il m’a donc fait visiter la quasi-totalité de la ville, me donnant de précieuses informations et de nombreuses anecdotes sur les quartiers que nous traversions. Mais, comble du bonheur pour moi tout droit sorti d’un master spécialisé en immobilier et désireux de développer mon propre business, c’est sa connaissance du marché local et des opportunités de développement offertes par la restructuration du centre-ville qui m’a ouvert les yeux sur les possibilités multiples sur le plan professionnel qu’offre le Brésil. Je peux donc l’annoncer aujourd’hui, étant donnés les ressources dont regorgent ce pays et le coup de foudre que j’ai eu dès mon arrivée ici il y a de fortes chances pour que vous soyez obligés dans les années à venir de prendre un billet pour Sao Paulo si vous voulez venir me voir ! Et c’est donc avec des étoiles et des dollars plein les yeux que j’ai fini ce tour au Sheraton, l’hôtel dans lequel la soirée French Tuesdays était organisée le jour même. J’ai donc pu regoûter avec joie à l’atmosphère si spéciale qui règne dans ces salles lors de la phase d’organisation, avant qu’elles ne soient envahies de trentenaires déchaînés, à la recherche à la fois de contacts business utiles à leur carrière et de contacts glamours utiles au bon déroulement de leur fin de soirée !

Après un passage rapide à la maison pour prendre une douche et enfiler nos costards, nous sommes donc repartis pour gérer les derniers détails avant le lancement des festivités. De mon côté je suis surtout allé prendre vers 19 heures ma place à la porte pour retrouver avec plaisir une fonction que je n’avais pas occupé depuis longtemps, celle de physionomiste. Et ouais mon pote, c’est moi qui décide qui c’est qui rentre et qui c’est qui rentre pas ! Les règles, surtout en terme de dress-code d’ailleurs, étaient en plus particulièrement strictes (pas de jeans, pas de tennis ou de baskets, pas de t-shirts, vestes obligatoires, inscription obligatoire au préalable sur la liste, etc…) et j’ai donc passé près de 3 heures à vérifier que chacune des personnes remplissaient bien toutes les conditions requises, refoulant invariablement tous ceux qui ne respectaient pas la règle du jeu. Et je faisais ça très bien, con comme un videur, appliquant à la lettre les instructions qui m’avaient été données, sans me laisser influencer par les plaidoiries des pauvres éconduits ! De toute façon ils gémissaient en portugais et je ne comprenais rien ! Mais cette mission ne m’a malgré tout pas occupé jusqu’au bout de la nuit car, vers 22 heures, Fred est venu me chercher pour que je puisse profiter de la soirée et que je me fasse une idée de l’ambiance qui règne dans ces fiestas brésiliennes. J’ai en plus eu la chance d’y retrouver Nathalie, une amie de Sam avec qui je me suis très bien entendu et qui, adorable, m’a invité à passer le weekend prochain chez elle afin de me faire à son tour découvrir la ville, ce que je referai avec bonheur. Et c’est vers 1h30, après avoir passé un excellent moment au cours duquel j’ai rencontré un certain nombre de gens vraiment intéressants, que j’ai fini par retrouver mon grand lit double, dans ma propre suite privative !

Le mercredi matin a ainsi été consacré à une bonne et agréable grasse mat’, la première depuis longtemps à cause de mon emploi du temps tout de même bien chargé et du jet lag de 9h30 entre l’Inde et le Brésil qui m’empêchait au début de me réveiller après 5h30 du matin. C’est donc mon réveil qui m’a extirpé de mon sommeil un peu avant 11 heures, me laissant tout juste le temps de me préparer avant de rejoindre Gilles, l’associé de Pierre chez French Tuesdays, pour un déjeuner-débrief sur la soirée de la veille. En effet il était venu de Los Angeles, où il habite depuis maintenant plusieurs années, pour assister à l’event de la veille et souhaitait avoir mon point de vue sur la soirée afin de bénéficier des critiques objectives d’une personne extérieure. Cela nous a permis de passer un bon moment ensemble et de basculer, après les discussions business, sur des sujets plus personnels tout aussi passionnants ! J’ai ensuite profité du fait d’être en plein cœur de Sao pour me balader dans les Jardins, un des quartiers chics de la ville. J’ai entre autres fait en long, en large et en travers la Rua Oscar Freire, l’équivalent local de l’avenue Montaigne, mais qui présente l’avantage d’être beaucoup moins impersonnelle, plus propice à la flânerie, un peu comme l’est Rodeo Drive à Beverly Hills. Et j’ai achevé cette balade sur la Paulista, une grande avenue bordée d’immeubles à la new yorkaise, qui m’a replongé dans une ambiance que j’adore. La fin de la journée a ensuite été très agréable car elle a été marquée par un dîner d’une douzaine de personnes, essentiellement des Français, organisé par mes hôtes sur la terrasse qui surplombait la piscine, le tout arrosé de vin et de caipirhinas faites maison que j’ai donc eu la chance de pouvoir apprendre à confectionner. Mais, tous assez fatigués par la soirée de la veille, nous souhaitions nous coucher assez tôt et vers 11 heures tout le monde avait plus ou moins rejoint ses quartiers respectifs.

C’est donc jeudi matin, après les avoir chaleureusement remerciés, que j’ai repris mes affaires et que je suis reparti à la station de bus pour retourner à Rio. J’avais en effet envie de profiter un peu plus de cette ville exceptionnelle dans laquelle j’avais le sentiment d’avoir encore beaucoup à faire et à découvrir. En plus Alfred m’avait très gentiment proposé de revenir quand je voulais et je n’ai donc pas mis bien longtemps avant de profiter de cette offre particulièrement sympa ! Après une nouvelle journée de transport je suis ainsi revenu à mon point de départ et c’est à mon arrivée à la gare routière que je me suis fait ma première petite frayeur du séjour. Je suis effectivement monté dans un taxi qui avait un comportement un peu bizarre et qui m’a rapidement  posé en anglais et sur un ton étrange cette question qui ne m’a pas franchement mis à l’aise : « Est-ce que tu aimes les favelas ? » Euh, comment t’expliquer mon ami… la réponse est plutôt non et là il fait nuit noire donc tu serais gentil de ne pas m’emmener faire de sight-seeing dans ces quartiers on ne peut plus chaleureux ! J’ai donc eu bien peur d’être pris dans un traquenard qui allait se finir pour moi en caleçon et sans carte bleue, mais il s’est ensuite avéré que le chauffeur était adorable et qu’il avait tout simplement envie de lancer la conversation pour montrer qu’il était capable de se débrouiller en anglais ! Je suis donc finalement arrivé sain et sauf à Copacabana et c’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai pu retrouver mes quartiers cariocas. 

Je me sens d’ailleurs maintenant tellement à la maison à Rio que j’ai profité de la matinée du vendredi pour vivre pleinement ma vie de petite femme au foyer brésilienne et, après avoir nettoyé quelques affaires et avoir fait quelques courses, je me suis rendu chez le coiffeur pour un petit rafraichissement capillaire qui devenait indispensable. C’est en effet la première fois depuis le début de mon voyage que je passe entre les mains expertes d’un capilliculteur et cette séance a à son tour été source de stress et de frayeurs. Il est vrai que lorsque l’on ne parle pas la même langue que l’artiste qui se situe derrière soi avec une paire de ciseaux les risques de se retrouver avec un résultat désastreux sont non négligeables ! Mais à force de gestes et d’onomatopées en tout genre j’ai fini par me faire comprendre et je suis ressorti une demi-heure plus tard avec une bonne tête de Brésilien, prêt à me rendre l’après-midi même sur la plage en tant que désormais nouveau local. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait, retrouvant au bord de l’eau Aleks, une américaine en échange à Rio rencontrée le weekend précédent. Nous avons ainsi passé un bon moment à discuter, assis sur le sable, avant de partir prendre dans un bar situé à quelques mètres de la mer la caïpi traditionnelle de fin de journée ! Et celle-ci ne fut d’ailleurs que la première d’une longue série (la caïpi, pas l’américaine !) car après avoir laissé ma charmante baby-sitter qui m’avait gentiment gardé pendant l’après-midi, j’ai retrouvé Alfred pour une nouvelle soirée à Lapa, le quartier dans lequel nous étions déjà allé le vendredi précédent. Mais cette fois-ci le beau temps était au rendez-vous et les Cariocas avaient décidé de sortir de leurs tanières, ce qui m’a permis de découvrir la véritable ambiance brésilienne populaire. Nous avons donc passé un bon moment dans la rue, dans une ambiance de samba et de musiques toutes plus rythmées les unes que les autres, avant de migrer vers une boîte incroyable, créée dans un hôtel particulier qui appartenait auparavant à un richissime antiquaire qui y a laissé un certain nombre d’œuvres d’art. Et oui, encore une dure soirée à mettre à mon actif !

Le lendemain ne fut d’ailleurs pas beaucoup plus difficile à vivre car notre activité principale de la journée avec Alfred a consisté à faire une tournée des magasins de surf afin qu’il puisse collecter les renseignements nécessaires avant de s’acheter sa propre planche. Mais comme intellectuellement cela nous a demandé un gros effort nous avons ensuite décidé de partir nous reposer dans l’eau chaude de la plage d’Ipanema. Et comme cet effort physique nous a épuisés nous avons ensuite choisi de partir au Sofitel pour profiter de la piscine et du spa. Mais ce dernier étant fermé nous avons changé nos plans et nous avons squatté en toute illégalité le jacuzzi et le sauna d’un hôtel situé dans la rue dans laquelle il habite. Nous étions donc là comme deux petites enflures à profiter gratuitement des services de cet établissement, au 14ème étage, assis au milieu des bulles, devant une immense baie vitrée qui donnait sur la favela bâtie sur la colline d’en face. Comme la nuit était tombée depuis un petit moment tout était éclairé et la vue était splendide mais l’on avait malgré tout du mal à ne pas se sentir un minimum mal à l’aise. En effet, admirer la vue sur une favela depuis son jacuzzi a un petit côté voyeuriste qui nous gênait légèrement ! Nous ne sommes donc pas restés très longtemps, également en raison du fait que nous n’avions absolument pas le droit d’être là, et nous sommes rentrés à l’appart’ pour une soirée beaucoup plus calme que celle de la veille, passée devant la télé, ce qui fait finalement beaucoup de bien à la fois au corps et au cerveau une fois de temps en temps !

C’est donc encore une semaine fabuleuse qui vient de s’écouler, marquée par des rencontres avec des gens extraordinaires qui ont largement contribué à mon bonheur et à mon bien-être. Et c’est peut être aussi en partie grâce à eux que je vais dans quelques mois franchir le pas en venant m’installer dans ce pays qui semble aujourd’hui offrir tant d’opportunités exceptionnelles. Je dois donc admettre que j’en suis arrivé au point où j’ai envisagé l’espace de quelques heures de mettre un terme à mon voyage pour poser mes valises ici, prendre des cours de portugais et chercher un job, mais je pense que ce serait finalement une erreur. J’ai besoin de finir ce tour du monde car je sens qu’il va encore m’apporter énormément sur le plan personnel et les mois qui vont venir vont me permettre de réfléchir à ce que je peux vraiment envisager de venir faire ici, même si j’ai déjà une idée très précise de ce qui peut me permettre d’allier sur un plan business les besoins actuels du marché et les opportunités de développement… En plus je ne voudrais pas vous faire payer les conséquences de mes coups de cœur, même professionnels, donc ne vous en faîtes pas, vous continuerez à recevoir chaque semaine ce petit débrief’ de mon incroyable voyage, et ce jusqu’à fin août !