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Australie

Sydney – Bondi : 8km
Décalage horaire : +10

Après avoir connu l’enfer de Berrima c’est dans un cadre paradisiaque que je poursuis désormais mon voyage. Ce que je vis en ce moment est absolument extraordinaire. Il m’arrive d’ailleurs encore parfois d’avoir peur de me réveiller dans mon lit à Paris, et de devoir partir au bureau en réalisant que tout ceci n’était qu’un rêve. Je tiens donc à vous prévenir qu’en lisant ce qui va suivre il y a de fortes chances pour que vous ayez une envie folle de m’arracher les cojoñes, de les faire frire dans une poêle et de me les faire bouffer pour me punir de la véritable vie de « fils de la plage » que je mène en ce moment, que ce soit au sens propre comme figuré !

Car c’est à Bondi Beach, plage mythique de Sydney, que j’ai posé ma serviette de bain en début de semaine. Après avoir passé quelques jours au Funk Hotel j’ai en effet décidé de venir ici pour me reposer, ce qui va me permettre de partir mardi prochain en Asie totalement frais et dispo. J’ai donc repris mon sac dimanche matin, pour la je ne sais combientième fois en seulement quelques jours, et je suis parti prendre le bus qui allait m’emmener tout droit au paradis. Et cette fois-ci je n’ai pas effectué ce trajet totalement seul car j’ai embarqué avec moi mon bienfaiteur autrichien, ou plutôt mon mac, tout n’est qu’une question de point de vue !

Moins de 45mn après avoir quitté le quartier de Kings Cross nous sommes arrivés au bord de l’eau, et seulement quelques minutes plus tard nous avons pu découvrir le « palace » dans lequel nous allions passer la semaine. Très rapidement j’ai pu découvrir les chambres spacieuses, les salles de bain remarquablement propres, le patio avec barbecue et table de ping-pong, les planches de surf gratuites ou encore le toit terrasse avec vue imprenable sur la mer. Mais le véritable atout de cet hôtel de backpackers réside surtout dans sa localisation quasi-parfaite : il est implanté à moins de 5mn à pied de la plage principale. Et comme je suis principalement venu ici pour faire du surf je pense que j’aurais difficilement pu trouver un meilleur hébergement que celui-ci !

C’est donc en fin de matinée que nous sommes arrivés et je ne pouvais pas attendre plus longtemps avant d’aller me jeter à l’eau. Mais comme ma chambre n’était pas prête j’ai été obligé de déposer mes affaires dans un casier, et nous avons ensuite profité de ce léger contretemps pour aller faire un tour dans la ville. En fait cela a surtout consisté à se promener le long de la plage et aller boire une bière en admirant le défilé incessant d’Australiennes en maillot de bain qui partaient peaufiner leur bronzage sur la playa ! Mais cela m’intéressait bizarrement beaucoup moins que de remonter sur une planche de surf pour la première fois depuis 5 ans. J’ai donc décidé d’écourter la séance de contemplation pour aller récupérer ma clé et, surtout, enfiler mon maillot de bain.

Heureusement tout avait été nettoyé à mon retour, ce qui m’a permis de me préparer pour aller enfin affronter les vagues australiennes qui me font rêver depuis si longtemps. Je me suis ensuite empressé d’aller déposer mon passeport à la réception, condition sine qua none pour emprunter une planche, et je suis parti à la plage, torse nu et en tongs, avec mon surf sous le bras. Etant donné qu’il fait 30° en moyenne et que nous sommes dans une ville de surfeurs il est d’ailleurs à noter que j’ai vécu toute la première partie de la semaine dans cette tenue fort confortable. Même lorsqu’il s’agissait d’aller faire des courses j’étais la plupart du temps à moitié à poil, tout comme les Jackys de la Grande Motte allant acheter leur baguette et leur journal dans leur magnifique ensemble moule-bite/claquettes ! Mais comme le simple port du maillot de bain semble être le costume officiel de Bondi je ne cherchais en fait qu’à m’adapter à la culture locale, et je dois avouer que cela me convenait très bien.

Moins de 4h après avoir quitté Sydney et son ambiance totalement citadine c’est donc avec bonheur que je plongeais dans une eau presque chaude et presque pas infestée de requins. Malheureusement les vagues étaient absentes ce jour là, ce qui me convenait finalement très bien car les conditions étaient parfaites pour reprendre le surf plusieurs années après m’être officiellement retiré du circuit. Et comme j’avais en grande partie remisé mes planches au placard il y a 5 ans à cause d’un accident au cours duquel j’ai failli me noyer, je suis maintenant totalement phobique de l’eau. Cette absence à la fois de courant et de rouleaux était donc idéale pour dominer ma peur et m’a permis de reprendre ce sport que j’adorais pratiquer à Biarritz lorsque j’étais plus jeune. Et grâce à quelques petites vagues qui balayaient malgré tout la côté j’ai réalisé que je n’avais pas oublié les fondamentaux car j’arrive encore à me lever sur ma planche à chacune de mes tentatives. En revanche je resterai plus discret quant à mon style qui est, lui, beaucoup plus révélateur de ma retraite anticipée prise il y a quelques années ! Cela ne m’a toutefois pas empêché de passer plus de 2 heures dans l’eau et de goûter à nouveau aux joies de la baignade dans une mer légèrement agitée.

Après cette séquence nostalgie qui m’a rappelé tant de bons souvenirs je suis retourné à l’hôtel où j’ai constaté avec plaisir que l’ambiance le soir y était aussi conviviale que chaleureuse. J’ai ainsi pu y rencontrer une dizaine de personnes dès le premier soir, parmi lesquelles un nombre important de français. C’est amusant de voir le pouvoir d’attraction qu’une ville comme Bondi, paradis du surf et de l’oisiveté, a sur nos concitoyens. Après 35h par semaine passées dans l’eau ils ont en plus une fâcheuse tendance à tous se mettre en RTT (Resto Tapas en Terrasse)… Les bonnes habitudes ne se perdent donc pas, même à l’autre bout du monde ! Cela m’a surtout permis de discuter avec des personnes d’horizons très différents, mais également de prendre mes distances avec l’Autrichien qui avait été pourtant si généreux avec moi. C’est en fait au moment où il m’a parlé de sa passion pour les escort girls et où il m’a proposé de cotiser pour qu’on s’offre à 2 les services de l’une d’entre elles que j’ai commencé à vouloir me débarrasser de lui aussi discrètement et rapidement que possible !

Le lendemain c’est donc avec un autre français que je suis reparti faire du surf. Mais avant de défiler comme un branlos, torse nu avec ma planche sous le bras dans les rues de Bondi, je suis parti seul faire une longue promenade le long de la côte. Il s’agit en fait de la fameuse Coastal Walk qui m’a amené jusqu’à la plage de Coogee, en me faisant passer par des plages aux noms aussi exotiques que Tamarama, Bronte ou Gordons Bay. Ces 16km de marche parcourus au milieu d’un paysage magnifique m’ont permis de réaliser, peut être même encore plus que d’habitude, à quel point ce que je vis en ce moment est formidable. Et cela m’a fait prendre conscience de la puissance du « Carpe Diem » : aujourd’hui je suis le plus heureux des hommes et pour rien au monde je n’échangerais ma vie contre celle de quelqu’un d’autre, mais personne ne peut savoir ce qui m’arrivera plus tard. Donc autant profiter aussi pleinement que possible de la chance qui m’est offerte de pouvoir contempler la mer dans un décor de rêve, sans me faire des nœuds dans le cerveau et sans essayer de régler par avance des problèmes qui n’existent même pas encore. Mais cela ne signifie pas non plus que je vive de manière totalement insouciante, je prends juste de plus en plus conscience que le bonheur réel est dans le présent et qu’il faut savoir l’apprécier quand il est à notre portée, car il peut disparaître aussi vite qu’il est arrivé.

C’est donc ce que j’ai fait lorsque je suis retourné dans l’eau lundi après-midi. Par chance les vagues étaient au rendez-vous et la session de surf a cette fois-ci duré plus de 3h. Je n’étais bien évidemment pas très rassuré, et ma phobie se faisait très présente dès que je n’avais plus pied, mais dans l’ensemble j’ai passé un excellent moment. En fait cela m’avait manqué de ne pas me prendre de bonnes claques en tombant à pleine vitesse de mon surf ou de me ramasser des montagnes d’eau de 2m en pleine face avant de me retrouver traîné au fond de l’eau par le courant ! Mais j’ai malgré tout réussi à prendre quelques belles vagues, et ceci a largement suffi à mon bonheur !

Afin de me remettre de toutes ces émotions et de profiter également des atouts touristiques de la région de Sydney j’ai décidé de passer la journée du lendemain dans les Blue Mountains, une région sauvage située à une centaine de kilomètres de la ville et qui est pourtant totalement préservée. Et pour profiter au mieux de cette expédition j’ai décidé de passer par un tour operateur qui allait me permettre de l’optimiser au maximum. Cette idée s’est avérée être particulièrement payante car en l’espace de quelques heures j’ai eu la chance de découvrir un site aborigène, de me retrouver dans le plus vieux canyon du monde, de marcher dans une forêt tropicale, d’admirer des chutes hautes de plus de 200m, d’observer des kangourous dans un parc naturel ou encore d’effectuer une rapide croisière au milieu de yachts et de maison de rêve, avec la ville de Sydney en arrière-plan. Et tout cela en bénéficiant évidemment des commentaires d’un guide totalement passionné qui a rendu la visite très intéressante. J’ai juste quelques soupçons quant au caractère sauvage des marsupiaux que nous avons admiré en pleine nature, car ils avaient l’air doucement shootés et je soupçonne le tour opérateur d’organiser chaque jour un lâcher de kangourous domestiques pour faire plaisir aux touristes… 54 hectares de parc naturel et, comme par hasard, 6 d’entre eux en train de jouer sagement à 10m du bus comme si de rien n’était, il ne faut pas non plus trop nous prendre pour des cons ! Mais, malgré ce léger doute et en dépit des températures extrêmes que l’on a subies pendant l’après-midi, cette journée a été aussi agréable qu’intéressante.

Bien que la météo ait commencé à se dégrader sévèrement ce fut donc tout de même avec bonheur que j’ai retrouvé la plage de Bondi dès mercredi matin. Cela ne m’a pas empêché de passer un bon moment dans l’eau et d’améliorer ma technique, mais cette fois-ci en bodyboard. Et heureusement que j’en ai bien profité ce jour là car le lendemain il faisait si froid que j’ai été obligé de ressortir un pull pour la première fois depuis longtemps, ce qui n’était pas du tout prévu au programme. Toute tentative de baignade n’était donc bien évidemment pas envisageable et j’en ai profité pour me consacrer à des activités plus habituelles pour un parisien de souche : la préparation de l’afterwork du jeudi soir !

Cette idée m’a d’ailleurs été suggérée par Pitt, le globe-trotter que j’avais rencontré au réveillon et qui, de retour à Sydney, m'a proposé de le rejoindre. Je l’ai donc retrouvé à Georges Street, dans un bar où il était avec 2 française, Marine qui habite à Sydney depuis qu’elle a fini HEC, et Sophie qui est venue passer un mois et demi de vacances en Australie avant de partir goûter aux joies de la fusac à Londres. Et la soirée a été une double-réussite pour moi, car en plus du très bon moment passé avec ces 3 frenchies j’ai été très gentiment invité par Marine à venir passer mes derniers jours à Sydney chez elle, dans l’appart’ qu’elle partage avec son copain australien à Rose Bay.

J’ai donc une nouvelle fois repris mon sac vendredi matin et j’ai quitté l’hôtel de backpackers pour me rendre dans un loft incroyable, situé au bord de l’eau dans l’un des quartiers les plus prisés de la ville. La vue est splendide car le vis-à-vis le plus proche doit être à environ 2km, de l’autre côté de la baie… Et tout cela ne serait pas parfait s’il n’y avait pas en plus un barbecue installé juste à côté d’une petite piscine dont nous avons largement profité. J’ai donc réussi l’exploit de trouver un logement encore plus paradisiaque que le paradis ! Entre ce plan aussi inattendu que parfait et mes journées passées à me balader dans la city, à Manly ou à Watson Bay en compagnie des filles j’ai vraiment bénéficié de conditions idéales pour finir ce séjour australien, parfois mouvementé mais dans l’ensemble très enrichissant. Après avoir accumulé en une semaine suffisamment de contenu pour faire les choux gras du site viedemerde.com pendant plusieurs mois j’envisage désormais sérieusement de m’attaquer à la création d’un site intitulé viederêve.com et dont je serais le fournisseur officiel d’anecdotes mythiques !

Donc sur le plan moral et psychologique je suis en ce moment véritablement au top de ma forme. Bien que je ne sois parti que depuis un mois et demi je commence déjà à trouver de nombreuses réponses aux questions que je me pose, et à voir beaucoup plus clair dans la manière dont j’ai envie de construire ma vie à mon retour de voyage. La route est encore longue et les questions nombreuses mais je sens que j’avance très rapidement, et que le chemin parcouru depuis mon départ de Paris début décembre est déjà très long. Je ne peux donc que conseiller à tous ceux qui ont besoin de prendre un peu de recul avant de s’engager dans une voie, qu’elle soit professionnelle, personnelle ou sentimentale de partir voyager pendant quelques mois. Prendre ses distances à la fois géographiquement et intellectuellement avec son quotidien est pour moi le meilleur moyen de se poser les questions vraiment importantes qui permettront de faire les bons choix par la suite.

Et sur le plan physique je vais quasiment aussi bien que sur le plan psychologique. En dehors d’une nouvelle petite perte de poids due à mon intense activité sportive ainsi qu’à mon alimentation légèrement limitée pour des raisons budgétaires, tout va bien. Et de toute façon je ne vais pas tarder à arriver en Asie où le coût de la vie est incomparablement moins cher qu’en Australie, donc après avoir avalé 2 ou 3 poulets à l’aéroport de Bangkok je devrais pouvoir récupérer mon poids normal ! Mais le principal changement concerne ma barbe si soigneusement entretenue depuis le début du voyage. Après avoir atteint un stade de développement capillo-facial suffisant pour me permettre de me laver le visage au shampoing, ce qui est très pratique au quotidien, j’ai finalement décidé de me débarrasser de cet attribut légèrement encombrant, et ce pour 2 raisons.
La première c’est que j’ai réalisé que j’étais devenu franchement moche. Je suis en effet passé par des phases et des styles très glamour, tels que la barbe de 3 jours, le look baroudeur ou celui de vagabond chic international, puis cela à commencé à sérieusement se dégrader. C’est lorsque je me suis mis à ressembler à un terroriste poseur de bombes, après avoir adopté le style de clochard crasseux, que j’ai décidé de me raser. J’en étais arrivé à un stade où je n’osais plus me regarder dans un miroir car j’avais à chaque fois l’impression que tout aller sauter autour de moi ! Il était donc largement temps que j’arrête le massacre, surtout en partant à Singapour dans quelques jours. Comme ce ne sont apparemment pas les douaniers les plus drôles du monde je me suis consulté avec moi-même et je me suis dit que j’allais attendre d’être dans pays un peu plus funky pour faire la blague du terroriste à l’aéroport !

La deuxième raison est que c’est en fait insupportable à porter. Et la sensation est incroyablement désagréable quand on se touche le visage, ce qui arrive beaucoup plus souvent qu’on ne le croit. En gros c’est à peu près aussi sympa que de caresser les jambes d’une femme qui ne s’est pas épilée depuis un mois… Certains peuples sont parait-il fans de ses pratiques mais ce n’est définitivement pas mon cas ! C’est pourquoi j’ai mis fin à cette aberration esthétique et j’ai décidé de retrouver une apparence d’être à peu près civilisé. Je n’envisage pas pour autant de toucher à ma tignasse avant un bon moment, ce qui signifie qu’à partir de maintenant je pense adopter le look barbe de 3 jours / cheveux longs, ce qui devrait m’aller normalement beaucoup mieux que le style bûcheron afghan extrémiste !

C’est donc reposé, avec un moral au beau fixe et sous des traits plus présentables que je vais attaquer la deuxième partie de mon voyage, à savoir l’Asie du Sud-Est et l’Inde. Et je dois reconnaître que malgré le mois et demi passionnant que j’ai passé en Océanie je suis ravi de désormais passer à autre chose, de découvrir d’autres cultures, d’autres peuples, d’autres paysages et, surtout, d’autres ambiances. J’attends avec impatience de me prendre la grosse claque infligée par un dépaysement total, ce qui n’a pas été exactement le cas en Nouvelle-Zélande et en Australie, mais que je devrais connaître maintenant très prochainement.

En attendant je profite pleinement de mes derniers jours à Rose Bay, les doigts de pied en éventail devant la baie de Sydney, avec une petite bière posée à côté de mon ordinateur et une piscine dont les appels se font de plus en plus pressants pour que je vienne m’y baigner, donc je me vois malheureusement dans l’obligation de vous abandonner… Dure la vie de vagabond international !