Menu:

Argentine


Buenos Aires – Ushuaia : 3040 km

Ushuaia – El Calafate : 564 km
Décalage horaire : -5
 

Extrême. Si je devais décrire en un mot la semaine qui vient de s’écouler c’est sans hésiter le terme que je choisirais. En effet, comme on le dit si bien chez nos amis cyclistes et politiciens, je n’ai pas triché au cours de ces derniers jours ! Que ce soit sur un plan physique, géographique, sportif, social ou encore météorologique j’ai le sentiment d’avoir repoussé des limites que je ne pensais pas avoir la chance d’atteindre dans ma vie. Ce voyage est véritablement l’occasion rêvée de multiplier les expériences nouvelles et surtout inédites, et je me surprends agréablement à ne pas sombrer après 5 mois d’errance internationale dans une lassitude qui me pousserait à rechercher à nouveau un mode de vie semblable à celui que j’avais à Paris avant le départ. C’est tout de même ce qui c’était un peu passé la semaine dernière à Buenos Aires en faisant la fête tout le weekend et c’est la raison pour laquelle j’ai repris le taureau argentin par les cornes en réempruntant avec un immense bonheur le chemin de l’aventure !

C’est donc dans la capitale albiceleste qu’a débuté cette semaine riche en événements et c’est par une activité qui, au premier abord, ne semble avoir rien de très dépaysant que j’ai lancé les festivités. Il s’agissait d’un match de foot, le classico entre les équipes d’Independiente et de Boca Juniors, que nous sommes allés voir avec Pitt et les 4 affreux. Cela semble, je le confesse, être d’un banal affligeant mais je vous assure que cette expérience était d’une intensité extrême et qu’elle me laissera pendant longtemps d’excellents souvenirs. En effet, après avoir atteint les abords du stade grâce à un minibus qui était venus nous chercher dans le centre-ville nous sommes entrés de plein pied dans un monde parallèle où les plus beaux résidus de la merde humaine régnaient en maître sur un univers où la violence, l’alcoolisme et l’insécurité prédominaient. Avec nos bonnes têtes de gringos parisiens nous semblions être des cibles parfaites pour les pickpockets qui devaient se retrouver par paquets de 10 dans ce quartier légèrement craignos de Buenos Aires et c’est donc avec une certaine appréhension que nous avancions au milieu de la foule compacte constituée de supporters déchaînés de l’équipe d’Independiente qui recevait ce jour là. Mais notre stress a encore monté d’un cran lorsque nous avons pris conscience de la tension qui existait au sein même de la police chargée de la sécurisation des lieux. Lorsque j’ai vu un flic à moitié casser le bras d’un mec bourré un peu plus excité que la moyenne, et un autre littéralement éclater avec la crosse de son fusil à pompe l’arcade d’un énervé qui refusait de sortir de l’enceinte du stade j’ai compris que j’avais intérêt à filer droit et à rejoindre mon siège en évitant de me retrouver coincé dans l’une des embrouilles qui fleurissaient aux abords du terrain. C’est donc ce que nous avons fait et au bout d’une bonne demi-heure d’angoisse nous avons fini par atteindre nos places et nous avons enfin pu commencer à profiter sereinement de l’ambiance magique qui règne dans les stades argentins. Il était absolument hallucinant de voir ces 40.000 personnes chanter à tue-tête pendant la quasi-totalité du match et s’enflammer à chacune des actions de leur équipe comme si le reste de leur vie allait dépendre de l’issue de cet affrontement, certes déterminant pour le classement final du championnat qui touche désormais à sa fin. Malheureusement l’équipe locale a perdu et nous n’avons pas pu assister aux scènes de liesse qui accompagnent généralement les victoires sportives, mais cela n’était pas forcément plus mal pour nous car cela nous a évité de nous retrouver impliqués dans des débordements à la sortie du stade. Cela ne nous a tout de même pas empêché de devoir attendre près de trois-quarts d’heure après le coup de sifflet final avant de pouvoir rejoindre notre bus, les conditions de sécurité étant trop limites pendant la première demi-heure suivant la fin de la rencontre pour pouvoir retourner dans le centre.

Pour nous remettre ensuite de ces émotions, et surtout nous restaurer dans des conditions dignes de celles de chefs d’état en déplacement dans ce pays d’Amérique du Sud, nous avons opté pour un steak à la Cabrera, un restaurant qui a été classé récemment premier sur 690 restos testés et comparés par les consommateurs. C’est donc bien évidemment dans un cadre chaleureux que nous avons dégusté une viande qui est de loin la meilleure de toutes celles qu’il m’a été donné de déguster jusqu’à aujourd’hui. En plus la quantité se mariait harmonieusement à la qualité puisque c’est un pavé de 400 grammes que j’ai eu l’honneur de découper quasiment à la petite cuillère avant de le faire fondre dans ma bouche avec de la moutarde à l’ancienne et d’autres sauces toutes meilleures les unes que les autres. Mais je faisais malgré tout office de petit joueur à notre tablée puisque Pitt a lui opté pour un steak de 800 grammes qu’il est parvenu à finir sans sourciller malgré quelques légères difficultés sur la fin de cet exploit quasi-sportif ! Et c’est ainsi repus que je suis parti me coucher après une journée riche en évènements et en découvertes.

La journée du lundi fut elle un peu plus calme car après quelques heures consacrées à des formalités en tout genre sur internet je suis parti me promener avec mes joyeux compagnons de voyage dans Buenos Aires, principalement dans le Centro et le quartier de la Plaza de Mayo où l’on trouve des bâtiments particulièrement imposant à la beauté impressionnante. Mais cela ne m’a pas occupé très longtemps car je devais être à la gare routière vers 18 heures pour embarquer à bord du bus qui devait m’emmener dans le sud du pays, et je devais au préalable repasser à l’auberge de jeunesse pour récupérer mes bagages que j’avais laissés à la consigne. C’est donc à 19h pétantes que j’ai quitté la capitale pour un trajet de 36 heures jusqu’à Rio Gallegos, une ville de Patagonie dans laquelle j’allais devoir effectuer un changement avant de poursuivre ma route vers des contrées un peu plus touristiques.

Je me suis donc installé le plus confortablement possible pour affronter ce voyage d’une longueur hallucinante, mais lorsqu’une famille constituée de deux parents à l’air sympathiquement hippie et leurs deux enfants de respectivement 6 mois et 2 ans se sont installés sur la rangée de sièges située juste devant la mienne j’ai rapidement compris que tout n’allait pas être de tout repos. Et je n’avais pas tort ! A partir de 5 heures du matin ces deux charmants bambins ont eu l’excellente idée de se mettre à gazouiller et à pleurer, ce qui a mis fin prématurément au sommeil dans lequel j’avais fini par sombrer peu après minuit. Mais le pire était loin d’être atteint car il m’a fallu attendre un barrage de police et la montée des douaniers à bord du bus pour assister au clou du spectacle. En effet, lorsque nos amis en uniforme ont lâché leur chien pour tenter de coincer les détenteurs de substances illicites le suspense ne fut que d’une intensité limitée avant que l’inspecteur canin ne s’arrête devant le père de familles aux dreadlocks et aux boucles d’oreilles révélatrices de ses passions pour la fumette. Il s’est donc fait débarquer illico et d’autres douaniers sont venus fouiller l’intégralité de leurs affaires, allant du sac à main de sa femme aux affaires du bébé en passant par les jouets de leur petite fille. Cela aurait pu m’amuser si un officier un peu zélé, et s’embêtant apparemment pendant que ses collègues s’amusaient, ne s’était pas dit qu’il serait bienvenu de me faire subir le même sort qu’à mes voisins. J’ai donc eu le droit à une fouille complète de mon sac et à un contrôle d’identité dans les règles, ce qui n’est pas ce qu’il y a de plus agréable après une nuit écourtée par les piaillements d’un bébé junkie ! Et ce n’est que trois-quarts d’heure après le début de ce cirque que nous avons enfin pu repartir pour une nouvelle nuit de route avant d’atteindre enfin Rio Gallegos à 7h mercredi matin.

La fin de ce voyage épique fut toutefois marquée par une rencontre sympathique, celle avec Bérangère, une kiné originaire de Rodez qui vit et exerce aujourd’hui à Toulouse (le tout étant bien évidemment à prononcer âvé l’acceng !). Elle aussi voyageait seule et notre destination finale étant la même nous avons décidé de continuer cette partie de mon périple ensemble. Nous avions en effet prévu chacun de notre côté de nous rendre à El Calafate, une ville de Patagonie réputée pour ses glaciers qui sont apparemment aussi magnifiques qu’impressionnants. Mais lorsque nous sommes arrivés au petit matin à la gare routière où nous effectuions notre escale, les boutiques vendant des billets pour cette destination étaient fermées alors qu’un kiosque proposant des billets pour Ushuaia était lui ouvert. Comme il n’y avait qu’une heure d’attente avant le prochain départ pour cette ville du bout du monde j’ai donc changé mes plans et c’est sur un coup de tête que j’ai choisi au dernier moment de bouleverser mon programme pour rejoindre cette ville aussi mythique que fantasmée par les voyageurs du monde entier. Bérangère, elle aussi flexible dans son planning, a choisi de me suivre et quelques minutes plus tard nous nous retrouvions à nouveau dans un bus, mais cette fois-ci pour « seulement » 13 heures !

Et là une nouvelle aventure a commencé car en plus de la route classique nous avons connu le passage de frontières, car pour rejoindre la Terre de Feu par la voie terrestre il est indispensable de passer par le Chili avant de re-rentrer en Argentine, et la traversée du détroit de Magellan qui s’effectue grâce à un bac sur lequel le bus embarque. J’ai donc eu le droit à une nouvelle fouille de mes bagages et à un tamponnage parfaitement inutile de mon passeport déjà bien rempli. Mais tout cela s’effectuait dans la bonne humeur car les douaniers exerçant leur talent à ces postes de frontières sont, je pense, les fonctionnaires les plus cools du monde : de la musique disco est diffusée à fond, la télé est branchée sur une chaîne de sport, les mecs passent leur temps à rigoler et leur grand jeu est de tenter de parler avec vous dans votre langue natale, ce qui donne lieu à des cours de langue improvisés qui permettent de bien détendre l’atmosphère ! J’étais même tellement à l’aise que je me suis surpris à dire au revoir à la douanière qui venait de valider mon entrée dans le pays en lui faisant à la fois un clin d’œil et un petit geste rapide de la main ! Mais la plaisanterie commençait à avoir suffisamment duré et c’est avec un plaisir non dissimulé que je suis enfin arrivé à Ushuaia un peu avant 22 heures, soit tout de même 51 heures après mon départ de Buenos Aires… Nous nous sommes donc immédiatement rendus à une auberge que j’avais trouvé sur internet avant mon départ et, après un rapide dîner dans un petit restau sans prétention, je suis allé me coucher, m’effondrant comme una grossa mierda sur le lit sur lequel je fantasmais depuis désormais un nombre d’heures assez conséquent !

Ce n’est ainsi que jeudi matin que j’ai pleinement réalisé que je me trouvais au bout du bout du monde et que j’étais en train de réaliser un rêve que j’avais depuis toujours. Après en avoir fait le tour et en avoir touché l’extrémité il ne me restera en effet plus qu’à en gravir le toit, soit l’Himalaya, pour avoir accompli tous mes rêves d’enfant concernant ce monde qui me fascine tant. Et pour pousser cette exploration d’encore quelques kilomètres, ou plutôt de quelques miles, c’est à bord d’un petit bateau que j’ai embarqué pour me rendre au phare qui est certainement le plus mythique de la planète. Après être passé devant des rochers sur lesquels nous avons eu la chance d’observer des cormorans et des phoques sauvages nous avons donc fait le tour de la minuscule île sur laquelle se trouve El Faro del Fin del Mundo, une petite construction rouge et blanche qui a du sauver la vie de milliers de marins dans cet environnement hostile où les récifs et la houle sont à peu près aussi inhospitaliers que le froid qui glace le sang des pauvres voyageurs. Lorsque l’on sait qu’il y a encore deux semaines je me baignais à Copacabana on imagine aisément à quel point j’ai eu du mal à m’habituer aux températures négatives de cette partie de l’Argentine ! Mais grâce à mes 6 épaisseurs en haut, à mon bonnet et à mes collants de ski muy sexy que je portais sous mon jean j’ai réussi à affronter ces conditions extrêmes. C’est en fait surtout lorsque notre guide nous a expliqué que les premiers habitants d’Ushuaia, qui se sont installés ici il y a environ 7000 ans, vivaient totalement nus et partaient chasser le phoque à la nage que j’ai pris conscience de la chance que nous avons de bénéficier aujourd’hui du talent des professionnels de l’industrie du textile et que cela m’a légèrement réchauffé le corps et l’esprit ! C’est donc une promenade totalement irréelle de 3h30 que j’ai eu l’honneur de pouvoir effectuer au milieu des terres arides du bout du monde et des montagnes splendides qui tombent à pic dans une mer glaciale. Mais la découverte de paysages sublimes n’est pas la seule chance que j’ai eu ce jour là puisque sur le bateau se trouvait un bon nombre de Français et j’ai sympathisé avec la majorité d’entre eux. C’est ainsi avec Sylvain et Quitterie, un couple parisien d’une trentaine d’années eux aussi en tour du monde pendant plusieurs mois, et Amandine, une pompière originaire du Mans en vacances pendant 3 semaines, que je suis parti déjeuner après cette expédition digne de celles effectuées il y a quelques années par feu le commandant Cousteau !

L’après-midi fut elle ensuite consacrée à une balade dans la ville, qui ne présente qu’un intérêt touristique et esthétique limité en raison de son architecture totalement désorganisée qui donne un sentiment de bordel ambiant assez peu agréable à observer. Mais encore une fois son charme réside dans le paysage de montagnes qui encercle cette bourgade de 58.000 âmes beaucoup plus industrialisée et développée que ce que j’imaginais. On y trouve en effet de très nombreux magasins, cafés, supermarchés, hôtels, restaurants ou encore casinos. C’est donc sur le front de mer que nous avons jeté notre dévolu et nous l’avons longé jusqu’à la marina qui, située au bout de l’anse, fait face à la ville. La vue y est juste magique. Puis c’est dans un restaurant typique que nous avons fini cette journée tous ensemble avec en plus Nicolas, un père de famille de 5 enfants qui est venu seul effectuer le passage du Cap Horn avec un équipage local et apparemment dans des conditions dantesques avec creux de 5-6 mètres et coups de vent à près de 100 nœuds, et Kamel, un météorologue basé en Guyane venu rejoindre Amandine, la pompière, pour partager ses vacances avec elle. Ce petit dîner fort chaleureux fut l’occasion de profiter à nouveau des charmes de la gastronomie argentine, et surtout de sa viande, avant de retourner à l’hôtel pour un repos bien mérité.

Cette nuit de sommeil fut d’ailleurs très bénéfique car la journée du vendredi fut elle extrême, mais cette fois-ci dans un sens strictement sportif. En effet nous avons décidé avec Bérangère, Sylvain et Quitterie de nous attaquer à l’ascension du glacier d’Ushuaia qui n’est pas spécialement haut, seulement quelques centaines de mètres, mais dont les chemins vers le sommet sont très escarpés et particulièrement abruptes. Nous avons donc pris un taxi qui nous a amenés jusqu’à ce qui est pendant l’hiver le bas de la station de ski locale, et c’est après avec nos petites jambes musclées que nous avons poursuivi notre route. Malheureusement je n’étais pas franchement équipé pour une telle aventure et c’est avec mes chaussures de marche plus adaptées à des treks dans le désert qu’à des grimpettes dans la neige que j’ai attaqué cette randonnée de 5 heures ! Tout allait bien au départ mais c’est lorsque nous nous sommes retrouvés sur des portions où nous avions de la neige quasiment jusqu’au genou ou sur des parois à plus de 50 degrés que j’ai commencé à sentir la limite de mon équipement. J’ai tout de même continué mon chemin et tout s’est finalement très bien passé malgré plusieurs petites chutes sans gravité sur de la caillasse à cause de mes semelles lisses, et quelques petites frayeurs lorsque j’observais de gros blocs rocheux situés à quelques dizaines de mètres en contrebas de zones particulièrement glissantes et pentues. Mais c’est bon, je suis ressorti entier de cette aventure et je peux aujourd’hui annoncer avec fierté que j’ai escaladé le glacier d’Ushuaia et que j’ai pu bénéficier de l’une des plus belles vues du monde sur l’une des villes les plus incroyables qu’il m’ait été donné de visiter jusqu’à présent ! En plus je profitais dans les descentes des longues coulées de neiges pour prendre mon élan et glisser sur plusieurs dizaines de mètres sur mes pauvres chaussures de marche qui n’avaient rien demandé, et ainsi m’offrir une session de ski du pauvre, à savoir une véritable session de ski sans ski !

Après tant d’émotions glaciales nous avons opté pour un petit café con Cognac de vrai montagnard dans un petit café cosy de cette station de ski improbable et, une fois réchauffés, nous sommes retournés dans le centre où nous avons cette fois-ci eu le droit à une dégustation gratuite de bières locales dans un bar qui avait un partenariat avec l’agence avec laquelle nous avions fait notre tour en bateau la veille. Puis la fin de ce séjour en Terre de Feu fut marqué par une rencontre avec encore d’autres Français, cette fois-ci un groupe de 4 mecs d’une vingtaine d’années, tous à l’ESC Lille, qui profitaient de leur année de césure pour faire un tour d’Amérique du Sud pendant 4 mois. Ils m’ont tout de suite paru très sympathiques et j’ai donc bien discuté avec eux, mais c’est surtout lorsqu’ils m’ont dit qu’ils avaient convaincu 4 de leurs amiEs, elles aussi en tour du monde, de les rejoindre ce soir là à l’hôtel que là je les ai trouvés vraiment super sympas ! Et effectivement j’ai eu la chance inouïe de voir débarquer vers 22 heures 4 minettes lilloises toutes plus mignonnes les unes que les autres, et en plus aussi gentilles que marrantes. Mon bus pour quitter le bout du monde étant à 5h le lendemain matin j’ai ainsi rapidement opté pour une nuit blanche et pour une bonne fiesta avec eux avant de partir, plutôt que d’aller me coucher pour une nuit qui n’aurait de toute façon pas servie à grand-chose en raison de sa durée limitée ! Et ce choix fut judicieux car j’ai passé une de mes meilleures soirées depuis le début de mon voyage, dans un cadre en plus improbable car il s’agissait d’un salon d’hôtel avec vue imprenable sur la baie d’Ushuaia ! Et c’est vers 4h30 que j’ai abandonné à regret tout le monde et que j’ai repris mon sac pour m’enfoncer dans le froid et le nuit jusqu’à la station où j’ai embarqué à bord d’un bus dans lequel je me suis endormi en moins de 5 mn. J’ai d’ailleurs passé cette journée de transport à dormir, passages de frontières avec encore une fois fouilles en bonne et due forme de rigueur mis à part, et je suis arrivé à Rio Gallegos où nous avons rencontré, avec Bérangère, qui m’accompagne encore pendant 2 ou 3 jours, un Italien, un Suisse et une Néerlandaise avec lesquels nous avons ensuite voyagé jusqu’à El Calafate, ville dans laquelle je devais initialement me rendre avant de rejoindre Ushuaia. Et c’est au milieu de la nuit, vers 1h du matin, que nous sommes enfin arrivés à destination après 20 heures de bus, et que nous avons pu élire domicile dans une auberge chaleureuse avec vue imprenable sur les montagnes avoisinantes.

Autant dire que cette semaine extrême me laissera à jamais des souvenirs incroyables, autant par les rencontres que j’ai effectuées que par les panoramas que j’ai découvert ou que par la manière dont j’ai voyagé, et que mon état d’esprit à l’heure actuelle peut se résumer très facilement… Je suis tout simplement EXTREMEMENT heureux !